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Seine Saint-Denis

5,18 millions de femmes victimes de violence

Qu’elles soient autistes, sourdes, beaucoup de femmes en situation de handicap subissent des violences. Le 23 novembre, à Bobigny, elles étaient invitées aux Rencontres internationales de l’Observatoire des violences faites aux femmes de Seine-Saint-Denis. L’occasion de faire connaître les dispositifs pour les protéger.

En France, une personne sur cinq a un handicap. Plus de la moitié sont des femmes. Plusieurs études estiment que 80% d’entre elles sont victimes de violence ou de maltraitance, soit l’équivalent de la totalité de la population de la région Alpes Provence Côte d’Azur. Violences physiques, psychologiques, sexuelles, alimentaires, médicales et médicamenteuses, contraintes, menaces pouvant atteindre leur intégrité physique, perpétrées à dessein ou non, visibles ou pas.

Le Conseil départemental veut aider les femmes en situation de handicap à dénoncer ces violences. Il s’engage à former à ces questions les personnels qui travaillent auprès d’elles, à la MDPH et de la PAPH. L’objectif : mieux repérer et accueillir ces femmes victimes de violences. Il souhaite aussi ouvrir une permanence au sein de ses locaux pour les accompagner.
A l’occasion de cette journée, l’Observatoire des violences faites aux femmes de Seine-Saint-Denis a présenté son Violentomètre en version braille pour permettre de repérer la stratégie de l’agresseur. Un document retravaillé dans un français, simple à lire pour tout le monde.

« Nous sommes plus victimes que n’importe quelle femme »
La présidente de l’Association francophone des femmes autistes Marie Rabatel veut aussi dénoncer l’ampleur des violences sexuelles faites aux femmes autistes : « 88% sont victimes de violences sexuelles. Dont 47% avant l’âge de 14 ans et 31% avant l’âge de 9 ans. La moitié de ces violences sexuelles sont des viols ». Des chiffres sidérants : « Nous sommes plus victimes que n’importe quelle femme. Car nous sommes en difficulté pour comprendre les sous-entendus, pour comprendre la drague. On se met en danger sans s’en apercevoir. » A cette situation se rajoute la difficulté « pour les femmes handicapées d’être acceptée dans un hébergement d’urgence, dans une cellule d’accueil psychologique ». Les agresseurs se trouvent aussi dans les institutions où on trouve de nombreuses victimes d’agressions sexuelles et où règne l’omerta : « Les agresseurs sont des bénévoles, des encadrants, des veilleurs de nuit, des résidents. » dénonce Marie.
Aidant ou agresseur ?
Et que sait-on de l’aidant qui accompagne une femme handicapée qui vient porter plainte ? Pour Shirley Tong On, présidente de l’association Femmes sourdes, citoyennes et solidaires « L’aidant familial, ce n’est pas un interprète. On ne sait pas qui est l’aidant. Un interprète c’est un master 2, un bac + 5. Le travail d’interprète nécessite 300 à 500 heures de formation avec une pratique quotidienne ». C’est pour cette raison que son association a mis en place depuis mars 2020, des permanences en LSF (langue des signes) à la Maison des femmes de Paris, le vendredi après-midi (rdv.apjs@gmail.com ou par sms 06 43 94 73 48).

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Alexiane Martinez, chargée de mission à l’association Femmes pour le dire, femmes pour agir ajoute : « Une femme valide peut sortir de chez elle, avoir un temps de répit. Lorsque la personne est en fauteuil, son conjoint est aussi son aidant. Les violences se déroulent alors à la fois dans la sphère publique et privée. Cela a des conséquences sur l’état de santé de la personne concernée, psychique, psychologique. Dans la vie sociale, l’agresseur peut créer un isolement et mettre un frein aux interactions sociales, la dépendance est accrue, et les parcours scolaires et professionnels sont impactés. On peut être tous et toutes acteurs et actrices de changements comme nous pouvons toutes et tous être auteurs ou autrices de violences ».
Ces Rencontres de l’observatoire se prolongent cette année dans 24 villes de Seine-Saint-Denis.

En cas d’urgence : le 114
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Quand on est sourde, une plateforme téléphonique existe pour les appels d’urgence : le 114. Il remplace le 112, le 115, le 118 et met la victime en relation avec la police, les pompiers, le Samu. Les personnes sourdes peuvent ainsi échanger en LSF et par SMS en cas d’urgence, seulement.
Pendant les confinements, ce centre d’appels a recueilli aussi les appels d’urgence d’une majorité de femmes entendantes, vivant une situation où il leur était impossible de parler, (ex : enfermée dans la salle de bain, avec un conjoint violent et ivre, à proximité).

Questionnez systématiquement sur les violences
« Je reçois les parents porteurs de handicap. Je me souviens d’une famille avec un enfant de moins de six mois qui présentait des retards de croissance, d’une maman très dépressive suivie depuis l’enfance par la MDPH pour un retard cognitif, et d’un papa qui assurait au quotidien. A l’écouter, ce monsieur faisait tout dans la maison et la maman rien. Lui était très apprécié par toute l’équipe. Après lui avoir posé la question des violences, la maman m’a dit qu’elle ne voulait plus subir ça. Elle a contacté une assistante sociale. Elle a porté plainte au commissariat et est partie vivre à l’hôtel avec l’enfant. Et là, on a vu un grand changement pour elle et pour l’enfant. »
Isabelle Devanne, psychomotricienne, travaillant en crèche, en PMI

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