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Retour sur les bancs du collège, à Noisy-le-Sec

La joie de découvrir de nouveaux camarades, le stress face à un nouvel environnement... Pour revivre tout cela, nous nous sommes mis dans les pas de Louka et Luc, deux collégiens qui faisaient leur rentrée en 6e, lundi 4 septembre, au collège Jacques-Prévert de Noisy-le-Sec. REPORTAGE.

Luc est content, il est dans la même classe que Rooney, Yanis et Baptiste. Les trois copains se connaissent depuis leur scolarité commune à Carnot, une école primaire de Noisy-le-Sec.

Le temps de faire l’appel, de se mettre en rang devant le regard bonhomme de Jacques Prévert qui enveloppe la cour, et leur professeure principale, Mme Raynaud, emmène tout ce petit monde vers sa salle. En entrant dans la classe, Luc s’assoit naturellement à côté de Rooney. « Même si je n’étais pas plus stressé que ça, ça m’a quand même rassuré de voir que je connaissais déjà des gens dans la classe », avouera après coup le néo-collégien.

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En quelques phrases, leur enseignante de français plante le décor. « Bienvenue au collège Jacques-Prévert. Au début, beaucoup de choses vont vous sembler nouvelles, mais vous vous habituerez vite. On va passer cette première demi-journée à vous familiariser avec des choses que vous ne connaissiez peut-être pas. »

Comme le fameux carnet de correspondance, qui à Prévert possède une belle couverture bleu turquoise. « Ici, c’est votre carte d’identité, vous devez toujours l’avoir sur vous », insiste Mme Raynaud. Il nous servira de lien avec vos parents et aussi en cas de retards de votre part, ce que personne ne souhaite ». « On inscrit aussi les heures de colle dedans », glisse un petit espiègle, visiblement déjà renseigné par un grand frère ou une grande sœur.

« Ensuite, il y a le logiciel ProNote. On y signale les absences. Les vôtres, comme celles des professeurs. », détaille Mme Raynaud. Depuis janvier 2017, les 125 collèges publics de Seine-Saint-Denis bénéficient en effet d’un Espace Numérique de Travail, une plateforme en ligne qui sert à la fois d’outil de correspondance et de banque de ressources pédagogiques. Luc écoute, concentré. Vient ensuite le moment tant attendu : la distribution des emplois du temps. Le garçon jette un œil particulièrement attentif aux cases français, maths, histoire-géo et sport, ses matières préférées. « Je veux devenir cycliste professionnel ou moniteur de ski », explique le jeune garçon qui parmi ses loisirs compte la natation, le golf mais aussi la trompette. « Mais bon, je suis pas encore sûr de ce que je veux faire plus tard, ça change assez souvent », dit-il en soufflant sur sa mèche noire.

10h, la mi-journée est déjà là. Temps pour nous d’aller voir comment se passe la rentrée pour Louka, en 6e I. La jeune fille se trouve quant à elle sur le deuxième site du collège, plus récent, appelé Gambetta (le collège est en effet scindé en deux entités, Dombasle et Gambetta, distantes d’une centaine de mètres).

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« Vous êtes qui, des paparazzi ? », demande un jeune garçon alors que nous nous présentons. Dans cette classe, c’est Mme Hamon la chef d’orchestre. Ça tombe bien, elle est professeure de musique. Ce qui enchante Louka, qui dans son temps libre pratique le solfège, le violoncelle et la danse contemporaine. Après avoir reçu les carnets de correspondance, ça discute vie de classe et règlement intérieur.

« Si un jour, vous avez un problème avec un camarade, que faites-vous ? » demande Mme Hamon. « On vous en informe », tente un élève. « Oui, mais vous pouvez aussi alerter le professeur du cours où s’est produit le problème et aussi des élèves médiateurs. » complète la professeure principale. Et d’expliquer : « Ce sont des élèves qui ont été formés à la gestion de conflits et qui interviendront en compagnie d’adultes pour essayer de régler votre différend ».

« Maîtresse, est-ce qu’on pourra ramener des bonbons pour les anniversaires ? », veut savoir une autre élève. Sourires de la prof principale. « Alors, on ne dit plus maîtresse ici, mais madame. Et désolée de te décevoir, mais au collège, on arrête de fêter les anniversaires. On n’est pas contre les fêtes, attention, c’est pas le bagne ici, mais les fêtes d’anniversaire collectives, c’est du passé ».

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Ces jalons posés, un petit tour du propriétaire s’impose. Mme Hamon montre à ses 24 élèves l’agencement de Prévert-Gambetta. La petite troupe passe devant les salles de français au premier étage, les salles d’art plastique, technologie et musique au deuxième. Elle jette un œil curieux à l’oeuvre de Laurent Saksik, une figure géométrique intitulée « 1+1=1 » financée par le 1% artistique du Département. Et s’arrête devant le CDI au rez-de-chaussée.
« Il y a même la possibilité d’écouter de la musique grâce à des casques mis spécialement à disposition », souligne Mme Hamon, qui se permet de prêcher pour sa paroisse. « Tous les mardis, sur la pause de midi, j’organise un atelier chorale. L’année dernière, nous avions monté un spectacle sur le développement durable. Et cette année, le thème retenu est l’égalité filles-garçons. Vous êtes tous les bienvenus ». Louka prend note. « J’écoute un peu pour voir tout ce qui existe, et je choisirai quand je connaîtrai toutes les possibilités », lâche la jeune fille aux longs cheveux frisés. Pour Louka, Luc et les quelque 72 870 collégiens qui font cette année leur rentrée en Seine-Saint-Denis, on peut en tout cas dire : « En avant la musique ! »

Photos : Eric Garault

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