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Santé & Prévention

Octobre se pare de rose pour la prévention du cancer du sein

En octobre, partout dans le département, on s’est mobilisé pour sensibiliser et informer sur le cancer du sein et la nécessité de se faire dépister. Hélène Pellissier, référente santé-prévention au Comité départemental des cancers (CDC 93) nous détaille cette opération. INTERVIEW.

Une Zumba à Villepinte, un train de la prévention à Rosny, une marche entre Pantin, Les Lilas et Le Pré-Saint-Gervais et, partout, à chaque fois, le rose qui envahit l’espace, pare les vêtements et le bâti à l’occasion d’Octobre rose.

Rencontre avec Hélène Pellissier, référente santé-prévention au Comité départemental des cancers (CDC 93).

En quoi consiste exactement l’opération Octobre rose ?
« Octobre rose » est un événement national qui a lieu chaque année au mois d’octobre afin de sensibiliser et informer sur le dépistage du cancer du sein et montrer notre solidarité avec les femmes qui en ont un ou en ont eu un. De nombreuses actions sont menées dans tout le département, mobilisant beaucoup d’énergie et de temps de la part des villes, des associations, des centres sociaux, des hôpitaux et cliniques, de la Caisse primaire d’assurance maladie, des centres de radiologie aussi, etc.

Quelles actions ont eu lieu cette année ?
Beaucoup ! Une dizaine de villes ont par exemple organisé des marches de solidarités, souvent en lien avec des expositions de customisations de soutien-gorges, de décorations de mobilier urbain, d’habillage en rose des lieux de santé ou des hôtels de ville. C’est une façon très ludique de se mobiliser, et aussi de promouvoir l’effort physique. Une Zumba a réuni également 300 participants à Villepinte. À Rosny-sous-Bois, les structures de la ville ont décoré des wagons en carton qui ont constitué un train de la prévention. À la clinique de l’Estrée, l’œuvre « Au cœur du sein » de l’artiste Émilie Prouchet-Dalla Costa a servi de support d’information et de sensibilisation. À Épinay-sur-Seine, l’association Une luciole dans la nuit a accueilli Madame Macron pour un long échange. Nous avons eu également des cafés-santé, des stands d’information, de la sensibilisation sur les marchés, des cinés-débats, des conférences. Ce sont à chaque fois de très jolis moments.

Cette sensibilisation est-elle indispensable ? La nécessité d’un dépistage régulier n’est-elle pas encore intégrée par les femmes ?
Le cancer du sein est le premier cancer féminin avec plus de 50 000 femmes touchées par an. Tout le monde connaît quelqu’un qui a été concernée... Aujourd’hui, il se soigne plutôt bien, mais on en meurt malheureusement encore. 12 000 décès par an se produisent. C’est donc une maladie qui fait peur. Face à cela, certaines femmes sont très mobilisées et font leur mammographie tous les deux ans, mais ce n’est pas le cas de toutes. Le taux de participation au programme national n’est d’ailleurs pas très élevé : seulement 40 %.

En quoi consiste ce programme national ?
Le programme national de dépistage s’adresse à toutes les femmes âgées de 50 à 74 ans – c’est la période de la vie où le risque est le plus important - qui n’ont pas d’antécédents et sont asymptomatiques. Toutes reçoivent un courrier à leur domicile les invitant à se rendre dans un centre de radiologie de leur choix. Une première lecture immédiate des clichés est faite par le radiologue, puis une seconde par le CDC. Soit tout va bien, et elles reprennent rendez-vous deux ans plus tard. Soit, il y a une anomalie, qui n’est pas forcément un cancer, mais qui doit être surveillée, ou nécessiter des analyses complémentaires ou être prise en charge. L’idée est de trouver les tumeurs les plus petites possibles, pour que le traitement soit le moins lourd. Par ailleurs, si on prend soin de sa santé tôt, elle sera moins dégradée et on peut ainsi davantage espérer une rémission.


« De nombreuses femmes s’occupent beaucoup plus de leur famille que d’elles-mêmes et sont très éloignées du système de soins »

Pourquoi tant de femmes ne se font-elles pas dépistées ?
Les raisons sont multiples. Certaines femmes ne veulent pas savoir, ou remettent à demain et le temps passe. D’autres peuvent avoir une mauvaise connaissance du dispositif ou des difficultés linguistiques pour comprendre le courrier. Il faut avoir conscience aussi que de nombreuses femmes s’occupent beaucoup plus de leur famille que d’elles-mêmes et que certaines sont très éloignées du système de soins. Parfois, elles n’ont eu d’autre suivi que celui de leur grossesse, ou bien ont arrêté d’aller voir leur gynécologue passées un certain âge ou quand elles n’ont plus eu de conjoint. Le manque de médecins renforce cela. Les difficultés sociales aussi, car la prévention n’est alors pas la première de vos préoccupations. Enfin, il faut insister sur le fait que le programme s’adresse à des femmes asymptomatiques. On demande donc à des personnes qui vont bien d’aller rechercher une maladie. Ce n’est pas évident... C’est pourquoi cette sensibilisation est indispensable.
Au CDC, nous sommes infiniment persuadés que le travail de proximité, le contact direct avec les femmes est le plus efficace, pour les sensibiliser, leur permettre de s’approprier l’information et aussi pour qu’elles puissent la relayer auprès de leurs proches.

Pour en savoir plus sur le dépistage du cancer du sein : http://www.cdc93.fr/depistages/cancer-du-sein/comprendre-le-depistage-des-cancers.html

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