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Seine Saint-Denis

Limitons les perturbateurs endocriniens !

Ce 29 septembre, à la Bourse du Travail à Bobigny, le Département a signé la charte « Villes et territoires sans perturbateurs endocriniens ». A cette occasion le professeur André Cicolella, chimiste, toxicologue et spécialiste de la question a dressé un bilan des connaissances actuelles et fait le point sur les actions collectives et individuelles possibles.

Phtalates, bisphénols, parabènes, mais aussi éthers de glycol, retardateurs de flammes bromés et composés perfluorés… les PE pour perturbateurs endocriniens sont partout. Dans le Teflon de nos poëles, le Gore-Tex de nos imperméables, nos crèmes de jour, nos soins dentaires, nos sols en PVC… on en retrouve dans le poisson et la viande que nous mangeons, le lait que nous buvons et même le lait maternel. L’étude Esteban menée l’an dernier pour la première fois en France montre que l’ensemble de la population est touché, et particulièrement les enfants. La responsabilité de ces micro-toxiques est engagée dans de nombreuses maladies chroniques : thyroïde, cancers, baisse de la fertilité, obésité, hyperactivité, troubles du comportement dès 2 ans, asthme infantile, puberté précoce…

Pour lutter contre ce fléau, le Département a choisi de signer le 29 septembre 2020, la charte « Villes et Territoires sans Perturbateurs Endocriniens ».
Après avoir interdit dans ses parcs les produits phytosanitaires, prohibé l’usage des détergents micro-toxiques dans ses collèges et généraliser le lait bio dans ses crèches, le Département souhaite désormais sensibiliser les familles qui fréquentent les PMI aux dangers des perturbateurs endocriniens.

« Il nous faut agir plus vite et dès maintenant »

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Stéphane Troussel, président du Département de la Seine-Saint-Denis :
« Nous pensons que c’est parce que nous sommes un département urbain, touché par une forte précarité que ce combat contre les perturbateurs endocriniens nous concerne en premier lieu. C’est dans les quartiers populaires que les habitants sont les plus touchés par les différentes formes de pollution présentes dans l’alimentation, dans l’eau, dans l’air. Dans les pays du Nord comme dans les pays du Sud ce sont toujours les plus modestes, les plus vulnérables qui sont confrontés aux nuisances, aux pollutions, à la malbouffe. (…)
Parce que le Département est l’un des plus exposés aux inégalités environnementales, nous ne pouvons attendre que la réglementation nationale évolue, il nous faut agir plus vite et dès maintenant. C’est le sens de la signature de cette charte. »

« L’asthme, l’obésité, les troubles du comportement, sont liés à la présence des perturbateurs endocriniens »

André Cicolella, chimiste, toxicologue, spécialiste des perturbateurs endocriniens et président du Réseau Environnement Santé (RES) :

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« Les perturbateurs endocriniens sont un problème majeur avec une contamination totale, totale des femmes enceintes. Là se joue l’avenir de la santé de l’enfant, la santé du futur adulte et même la santé des descendants.
Une grande partie de pathologies augmentent comme l’asthme, l’obésité, les troubles du comportement, elles sont liées à la présence des perturbateurs endocriniens.
A partir du moment où on a compris cet enjeu on peut agir. Chaque citoyen doit comprendre qu’il peut agir sur son propre environnement. Il faut un travail de sensibilisation sur l’environnement domestique. C’est un cercle vertueux qu’il faut mettre en place aujourd’hui. C’est tout l’enjeu de cette charte. »

« Où se cachent les perturbateurs endocriniens ? Partout. »

Pascale Ioos a travaillé pendant 30 ans dans l’industrie pétrochimique, pour l’entreprise Dupont de Nemours et est membre du Réseau Environnement Santé (RES) :

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« On retrouve des perturbateurs endocriniens dans tous les produits du quotidien. Ils sont dans l’air que nous respirons : la cigarette, les produits ménagers, les insecticides... L’air de nos maisons, de nos véhicules. C’est pourquoi il faut aérer nos logements 15 minutes par jour le matin, comme le faisaient nos grands-mères.
On en retrouve dans les vernis, les fonds de teint, les mascaras… les parfums, mais dans seulement 25 % des shampoings ce qui est une bonne nouvelle, il faut bien le choisir. Il faut aussi bien lire les étiquettes, fabriquer ses produits, mettre des gants quand on fait le ménage, quand on bricole.
On retrouve des perturbateurs endocriniens dans notre alimentation, dans les boites de conserve, les canettes, les boîtes de pizza, les gélules des compléments alimentaires, les aliments ultra transformés et ceux qui sont allégés. C’est pourquoi il faut préférer les labels Rouge, bio comme Demeter, Nature et Progrès qui sont des labels sérieux. »

En chiffres
En 1945 on produisait un million de tonnes de produits chimiques, en 2005 : 400 millions de tonnes et en 2016 : 500 millions de tonnes. Et quand on dit produit, cela signifie déversé dans la nature. Le programme REACH a comptabilisé 106 213 substances chimiques sur le marché.
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