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Génération 2024

Les sportifs de la Génération 2024 en Seine-Saint-Denis

Ils sont tout jeunes mais déjà talentueux. Dans 7 ans, ils pourraient bien se retrouver au Stade de France, à Marville ou à Bercy, à courir, combattre ou lancer. Gros plan sur les graines d’athlètes de la GÉNÉRATION 2024 en Seine-Saint-Denis.

- Koumba Larroque, lutte féminine, Bagnolet Lutte 93

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"Je suis super heureuse. Ca compense la déception de mon premier combat de la journée". C’est du Koumba Larroque tout craché : même après sa médaille de bronze fin août aux derniers Mondiaux de Paris – la seule breloque française de la compétition – la jeune femme affichait encore un zeste d’insatisfaction. « C’est une guerrière, elle déteste perdre », expliquait Thierry Bourdin, son entraîneur national, faisant référence à son seul combat perdu de l’épreuve, celui de son entrée en matière chez les -69kg, face à la championne olympique Sara Dosho.
Des qualités athlétiques hors normes, un mental en acier trempé : telle est Koumba Larroque. A seulement 19 ans, la jeune femme, qui a tout gagné dans ses catégories d’âge, est déjà médaillée de bronze continentale et mondiale chez les seniors. Un parcours de combattante qu’elle a initié à Saint-Geneviève-des-Bois (Essonne), son premier club, avant de le poursuivre à partir de mai 2017 au Bagnolet Lutte 93, où elle a rejoint ses copains, Mariana Kolic, Rayan Vaz et son entraîneur en équipe de France, Nodar Bokhasvili.
" On se réjouit d’accueillir Koumba chez nous, se félicitait ainsi Didier Duceux, le président des Diables Rouges de Bagnolet. Sa venue s’inscrit dans une volonté de faire émerger la lutte féminine au club, qui porte déjà un peu ses fruits puisqu’un tiers de nos quelque 200 licenciés sont désormais des lutteuses."
L’horizon de la pépite française de la lutte, qu’on lui prédit glorieux, s’appelle désormais Tokyo 2020. Mais Koumba, qui prépare par ailleurs un diplôme de kiné à l’école de Saint-Maurice, près de l’INSEP de Vincennes où elle s’entraîne, ne peut s’empêcher de penser aussi aux Jeux de 2024. "Disputer les Jeux à la maison, ce serait un rêve, et c’est bien que la Seine-Saint-Denis fasse aussi partie du projet", dit celle qui avait largement profité des encouragements des Diables Rouges de Bagnolet lors du Mondial à Paris-Bercy. Mais d’ici les Jeux 2024, on devrait encore relire son nom, et plus d’une fois...


- Prithika Pavade, tennis de table, Saint-Denis Union Sports TT 93

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Ne vous fiez ni à sa petite taille, ni à son air timide. Âgée d’à peine 13 ans, la pongiste Prithika Pavade adore battre des adversaires plus grandes et plus âgées qu’elle, les séniors y compris ! Lorsqu’elle était benjamine, elle a remporté les titres nationaux benjamins et minimes. Une fois minime, elle rafle les titres cadets en individuel et en double. Au niveau européen, elle termine en quart de finale cadettes, et vice championne en double. Lorsqu’elle s’essaye au niveau sénior en championnat de France, elle atteint les quarts de finale en sortant la n°5 française !
Elle mesure moins du mètre cinquante, et elle est pourtant le plus grand espoir du tennis de table français. Timide, un petit sourire en coin, Prithika s’habitue petit à petit à répondre aux questions des journalistes. Elle a commencé le tennis de table à six ans au Bourget avant de bien vite rejoindre le Saint-Denis US tennis de table 93. Depuis, tout le SDUS veille sur elle même si elle est interne au pôle espoirs d’Ile-de-France de Châtenay-Malabry. On lui fait gravir les échelons, un peu plus vite qu’aux autres, mais sans lui mettre trop de pression, juste pour lui permettre d’atteindre son rêve : « Être championne olympique en 2024, à Paris ! » Mais elle n’oublie pas pour autant l’école, où elle met autant d’application à réussir ses devoirs que ses top-spins. Elle déclare fièrement avoir un beau 18 de moyenne générale et adore les mathématiques ! Bien sûr, avec les compétitions, elle concède que "les anniversaires des amies, ce n’est pas pour moi... Mais à chaque fois que je reviens de compétition, elles demandent comment ça s’est passé. C’est important, ça fait du bien. ». Prithika sait bien qu’elle doit faire des sacrifices si elle veut atteindre son rêve, mais pour ne pas perdre pied elle veut « continuer de jouer en veillant toujours à prendre du plaisir. Avant tout, c’est un jeu ! »


- Audrey et Juliette Ciofani, lancer de marteau, CA Montreuil 93

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« Quand je la vois, j’ai l’impression de me revoir au même âge » C’est Audrey, 21 ans, qui parle de sa sœur Juliette, de 5 ans sa cadette. Et c’est vrai que la ressemblance est bluffante : même silhouette, même club - le CA Montreuil 93- même amour pour leur discipline. Un amour qui leur a été transmis par leur père, Walter, cinq fois champion de France au marteau, et leur mère, Jeanne Ngo Minyemeck, championne d’Afrique au disque pour le Cameroun en 1987.
Et c’est vrai que le marteau, c’est une affaire de famille chez les Ciofani. Couvées du regard par un paternel qui est aussi leur entraîneur, les deux soeurettes vont désormais s’entraîner ensemble à l’INSEP, où Juliette a rejoint Audrey à la rentrée de septembre. L’occasion pour elles de continuer à se tirer la bourre, de se prodiguer des conseils, bref de prolonger leur complicité.
Audrey, c’est un titre de championne d’Europe juniors en 2015 et un record à 69m25. Mais Juliette, c’est pas mal non plus : championne de France cadettes et 4e des Mondiaux de sa catégorie d’âge cette année. Espiègles, ces deux-là adorent se mettre au défi : « Je la taquine sur mon record de France cadettes à 68m22. Elle a encore un mois pour le battre, après quoi elle passera juniors, glisse Audrey, rigolarde. Et Juliette de relever le gant : « Mais je suis dé-ter-mi-née ! J’ai un record à 67m54, je vais le faire ! »
Dernièrement, les deux sœurs ont eu des trajectoires un peu moins similaires dans la mesure où Audrey, blessée à un genou, a senti la nécessité de couper un peu. Mais, après un break de 6 mois dans un junior college à Coolidge, en Arizona, c’est reparti comme en 40.
Pour ces deux toquées du marteau, Paris 2024 est un rêve à double titre : elles pourraient alors non seulement disputer des Jeux à la maison, mais aussi s’aligner sur le même concours de lancer. A part les frères Guénot en lutte, les exemples de fratries ayant participé aux mêmes Jeux ne sont pas légion… « Pour l’instant, lancer dans le même concours, ça nous est arrivé une seule fois, se souvient Juliette : c’était en mai dernier, pour les Interclubs » Audrey l’avait emporté, Juliette prenant la 7e place avec un marteau encore trop lourd pour elle, 4 kg au lieu de 3. « Forcément, les Jeux à deux, ça nous traverse parfois l’esprit, reconnaît Audrey. Bon, c’est encore loin, mais ce serait tellement fort... » Sûr que dans les tribunes, papa Walter et maman Jeanne goûteraient le moment.


- Anna Airault, perche, Dynamic Aulnay Club

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A 16 ans, Anna Ayrault perpétue la tradition de la perche du Dynamic Aulnay Club. Cet été, elle est revenue des championnats du monde cadets de Nairobi avec la médaille de bronze. Elle se souvient de cette journée particulière dans le Nyayo national stadium de Nairobi.
« Je savais que je n’avais pas le choix. Si je voulais une médaille, il fallait que je franchisse 4m10, 10 cm au-delà de mon record personnel. Et c’est passé ! Je bats mon record et le bronze était assuré. » Son concours s’arrête là, mais c’est déjà une belle réussite que d’obtenir une médaille pour ses premiers grands championnats. Anna avait commencé la gymnastique avant de suivre son frère sur les pistes d’athlétisme. La gym est un bon atout pour la perche. Ne pas avoir froid aux yeux aide aussi ! Lorsqu’on lui dit qu’il faut être un peu casse-cou pour devenir perchiste, elle répond : «  Ah, non je ne trouve pas… Tout le monde peut le faire ! … Enfin, non, peut-être pas tout le monde... »
A Aulnay, Anna a pu profiter de l’expérience de son entraîneure Amandine Homo. Trois fois championne de France à la fin des années 90, elle est désormais aussi en charge de la perche chez les jeunes de l’équipe de France. « C’était bien qu’elle m’accompagne au Kenya. Elle me connaît bien et elle a pu me conseiller du bord de la piste. » Lorsqu’on lui parle des Jeux Olympiques à Paris en 2024, devenus une certitude, Anna répond : « Dans un stade de 60 000 personnes, l’ambiance était déjà dingue quand les Kényans couraient ! Alors j’imagine même pas au Stade de France ! Quant à m’imaginer participer aux Jeux à Paris, c’est encore trop tôt... » Il est vrai qu’à 16 ans, sept années, ça paraît loin. Mais qui sait...


- Charles-Antoine Kouakou (Sport Toi Bien 93, 200m et 400m sport adapté)

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Dans le hall de l’Institut Médico-Educatif (IME) Ladoucette à Drancy, Charles-Antoine Kouakou nous attend patiemment, maillot aux couleurs du club de foot londonien de Chelsea sur les épaules, pour nous raconter un peu de son histoire. Celle d’un jeune homme de 19 ans au plus haut niveau international dans l’univers du Sport Adapté, où évoluent les personnes en situation de handicap mental ou psychique.
Évidemment, son handicap mental – aux franges de l’autisme- n’en fait pas un grand bavard mais il sait aller droit au but comme sur la piste. Pour revenir sur ses médailles d’or et d’argent décrochées sur les 200 (22’’25) et 400 mètres (49’’35) du Mondial d’athlétisme de Sport Adapté disputé à Bangkok (Thaïlande) en mai, il dit donc dans un mélange de timidité et de fierté : « Je m’attendais à gagner, j’étais en grande forme… ». Comme cet hiver à Prague où il a aussi remporté les titres européens en salle sur 60 et 200 mètres, toujours dans les rangs du Sport Adapté. Plus récemment, il a aussi décroché le bronze sur le tour de piste aux Mondiaux d’athlétisme handi juniors en Suisse.
Une activité sportive qui rejaillit aussi sur le quotidien du jeune homme. « Le sport joue un grand rôle en lui apportant plus d’autonomie, de rigueur, souligne son éducateur référent à Ladoucette, Alain Romary. Les compétitions le motivent. Il se rend même tout seul à l’entraînement à Dugny » Dans un futur proche, Charles Antoine devrait d’ailleurs quitter l’IME pour rejoindre un Établissement et service d’aide par le travail (ESAT) en Seine-Saint-Denis, un établissement médico-social de travail protégé, réservé aux personnes en situation de handicap.
Et dans un futur plus lointain, ce jeune homme fan de foot et né un 14 juillet 1998, rêve de Stade de France. Il n’y a encore jamais couru, mais il l’a découvert le 10 mai dernier lors de la Journée Évasion réservée aux enfants des hôpitaux, cliniques et IME. Et il en est reparti avec la ferme intention d’y revenir : « J’ai envie de courir sur cette piste. Elle donne envie… »


- Fatia Benmessahel, championne d’Europe junior de boxe, Noble art de Rosny-sous-Bois

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Le sport peut parfois agir comme un révélateur. Il permet à certains de s’exprimer, de trouver leur place. Fatia avait pratiqué d’autres sports comme le football avant de suivre son frère dans la salle du Noble art de Rosny-sous-Bois. Cette fonceuse avait trouvé son sport ! Au bout de quelques mois, elle s’essaye à la boxe éducative, avec touches contrôlées, sans puissance. « Ça n’a pas bien marché, je me faisais disqualifier, je tapais trop fort… Alors Tony Martin, mon entraîneur m’a inscrite en amateur. » Là, la puissance est autorisée, et cela convient beaucoup mieux au caractère de fonceuse de Fatia. « Mais je manquais d’adversaires au club, et il n’y a pas beaucoup de filles dans ma catégorie moins de 60 kg. Alors Tony m’a fait faire le tour des clubs pour trouver de l’opposition. Souvent je boxais des garçons. Ça ne m’a jamais posé de problème. Sauf une fois, l’un d’eux ne voulait pas monter sur le ring avec moi sous prétexte que je suis une fille. N’importe quoi ! » Fatia progresse vite, surtout, elle n’aime pas l’échec, toujours à essayer de faire plus à l’entraînement. Sa technique est encore perfectible, mais elle avance toujours sur ses adversaires, les presse sans répit grâce une très bonne condition physique et gagne souvent avant la limite. Elle devient championne de France junior et est vite repérée par l’équipe de France. Cette année, à 18 ans, elle a conservé son titre national et est également devenue championne d’Europe ! Un vrai pas en avant. La prochaine étape, ce seront les Mondiaux au mois de novembre.
Pour les préparer, Fatia a participé avec l’équipe de France junior à un stage international en Irlande. « Il y avait des boxeuses du Canada, d’Irlande, d’Angleterre, de Taïwan, d’Inde, de Norvège, avec beaucoup de seniors. Le stage était intense et l’opposition de qualité avec beaucoup de seniors titrées à l’international. j’ai pu mesurer le chemin qui me reste à faire ! Elles frappent plus juste, plus fort... » Mais Fatia ne lâche jamais, et elle a reçu le prix de la boxeuse ayant le plus progressé durant la semaine. C’est une bosseuse. Et elle n’oublie pas ses études. Son bac en poche, elle a intégré l’ESIEE, une école d’ingénieurs à Noisy-le-Grand. « Je l’ai choisie car ils m’ont proposé des aménagements d’horaires intéressants. Ils ont été très à l’écoute. »
Lorsqu’on lui parle des Jeux olympiques, Fatia pense avant tout à ceux de Tokyo. « Je serai jeune, 21 ans, et alors ? » Bien sûr ce sera compliqué si Estelle Mossely, championne olympique elle aussi en moins de 60 kg revient sur le ring… « Là il ne resterait plus qu’à changer de catégorie... » Quant à Paris en 2024, « Bien sûr que je veux en être ! Des Jeux à domicile, certains grands sportifs n’ont jamais cette chance ! Et pour une fan de sport comme moi, voir autant de sports ce serait super ! J’irais voir le judo, la natation, l’athlé, l’aviron… J’irais tout voir ! »

Photos : Stevan Lebras, Luc Percival, Franck Rondot

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