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La grande Sophie

Depuis un an et demi et jusqu’en décembre, La Grande Sophie arpente la France pour la tournée de son dernier album, Nos histoires. Une partie de son métier que la Montreuilloise adore, et qui a pris encore une autre résonance depuis l’attaque du Bataclan. Rencontre...

« Redonner des petits bonheurs »

La scène est quelque chose que vous appréciez particulièrement ?
J’adore ça. La scène, vivre cet instant, c’est très important pour moi. Dans les concerts, tout le monde se mélange et on ne sait jamais trop ce qu’il va se passer. Il y a toute sorte de public. Certains ont envie de danser tout de suite, d’autres se réveillent seulement après un certain temps. Je vais les chercher, j’aime ça, entendre leur voix. Et puis ça repart. On ne sait pas pourquoi, ce qu’il se passe. Il faut trouver une sorte d’osmose. Certaines fois, c’est plus dur mais je le respecte. Surtout en ce moment...

Vous faites référence aux attentats ?
Oui. J’étais en concert dans le Nord ce jour-là [le 13 novembre, ndlr]. Quand je suis sortie de scène, j’ai vu toute mon équipe décomposée. Je connaissais des gens qui travaillaient au Bataclan. C’est vraiment dur. Dix jours après, je jouais au Trianon à Paris. Je n’étais pas très bien et ne savais pas comment faire. Je me demandais comment redonner de la force aux gens, mais je n’avais pas forcément le moral non plus. J’ai parlé des attentats. Je ne pouvais pas faire autrement et je ne veux pas m’habituer. En fait, cela a été une soirée incroyable. On ressentait ce besoin d’être là. C’était très très fort. Cela m’a fait du bien de sentir cette envie de vivre encore, de danser, de sourire. Quelque part, mon rôle est aussi de redonner des petits bonheurs.

Vous allez également revenir sur scène pour votre spectacle L’une et l’autre avec l’écrivaine Delphine de Vigan ?
Oui, nous préparons notre retour à partir de mars 2017 avec trois jours à la Philharmonie de Paris. Nous travaillons et il va y avoir des nouveautés. C’est bien de partager la scène. Cela me l’a fait voir différemment. Je joue, je chante, mais je dois aussi apprivoiser les silences. C’est compliqué pour moi de se poser sur une scène sans rien faire !

Un nouvel album est en préparation ?
Souvent, il me faut le premier déclic et il n’est pas encore arrivé, mais je suis en pleine recherche et j’ai très envie d’écrire. J’ai tout rebranché il y a plusieurs mois et je collectionne plein de petites choses, chez moi, à Montreuil. Cela fait onze ans que j’y habite. J’y suis venue pour l’espace. À Paris, tout était envahi par les instruments ! Mais c’est une ville sympathique avec de la mixité. C’est l’univers que j’ai toujours connu et je m’y sens vraiment bien. J’habite un duplex, avec une chambre à l’étage où je mets tout mon bazar. C’est mon « perchoir ». Pour travailler, je sors tout et m’y enferme. Je suis capable de ne pas sortir de trois jours, parce que j’y suis bien et que j’ai besoin de ça pour aller au bout de moi-même. Je suis assez solitaire, sauvage. Sauf quand je suis sur scène...

Cinq dates
- 1969 : Naissance à Thionville
- 1997 : Premier album
- 2005 : Victoire de la révélation scène
- 2013 : Victoire du meilleur album
- 2015 : Sortie de Nos histoires
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