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Festival de Saint-Denis, concerts privés dans les écoles publiques

Jeudi 25 mars, il était possible d’assister à un concert. Oui, oui ! Mais pour cela il fallait être un des élèves de CM1 de l’école Danièle-Mitterrand de Pierrefitte. Grâce au Festival de Saint-Denis, l’Ensemble Capella Mediterranea s’est produit 15 fois dans 10 écoles et a ravi 800 enfants avec des airs et chansons de l’Italie à l’Espagne, un voyage entre les XVIIe et XIXe siècles.

Dans la salle de musique de l’école, face à une vingtaine d’élèves sagement assis et masqués, une violoniste, un violoncelliste, une mezzo-soprano (même si ça ne se reconnaît pas au premier coup d’œil…) et un musicien qui tient un étrange instrument, sorte de grosse guitare à long cou qui intriguera beaucoup les jeunes mélomanes… Des enfants chanceux, car l’Ensemble Cappella Mediterranea est une référence de la musique baroque du bassin méditerranéen. Sous la direction de son chef fondateur Leonardo Garcia Alarcón, il se produit sur les plus grandes scènes internationales (Opéra de Paris, Grand Théâtre de Genève, Opéra d’Amsterdam…), dont le Festival de Saint-Denis, qui l’invite depuis 2013. Chuuut… Le concert commence ! Plus un mot du côté du jeune auditoire qui a bien appris les codes de l’écoute de la musique classique et découvert auparavant ses principaux instruments lors d’une séance animée par une musicienne, comme lors de chaque action musicale menée par le Festival.
Le voyage commence par l’Italie, avec le Cosi mi disprezzate, Begli occhi de Frescobaldi (XVIIe s), suit un très enlevé Se l’aura spira du même auteur, O Rosetta Che Rosetta de Monteverdi, Che si può fare de la compositrice Barbara Strozzi. Puis on arrive dans l’Espagne de Santiago de Murcia, Manuel de Falla pour terminer avec un Anda Jaleo signé Federico Garcia Lorca. Vous ne parlez ni italien, ni espagnol et n’avez rien compris aux titres ? Les enfants non plus, pourtant à l’issue du concert lors d’échanges avec les musicen·ne·s, l’un d’eux remarqua : « On comprend pas ce qu’elle chante la dame, mais on comprend quand même »./ Les réactions et les questions s’enchaînent :
« - On ressent de la tristesse.
-  On dirait qu’elle était en colère à un moment.
-  La dame elle a une grosse voix !
-  Ce talent, vous l’avez depuis toute petite ?
-  Comment on fait pour chanter comme ça ?
-  C’est quoi, ce gros ukulélé ? »

Réponse du musicien Quito Gato « C’est un théorbe, un genre de luth, très apprécié pour accompagner les chants.  » Les échanges se poursuivent, ponctués de gros « Oooohh !! » lorsque les enfants apprennent l’âge de l’instrument de la violoniste Laura Corolla, 310 ans. « Hé oui, les violons vivent plus longtemps que leurs violonistes ! »
Les enfants repartent, sourire aux lèvres, essayant encore de poser une ultime question, jetant un dernier regard par-dessus l’épaule… Pari gagné pour Quito Gato : «  Nous avons imaginé ce programme sans penser particulièrement à l’âge de l’auditoire. La musique est universelle, elle touche toutes les âmes, les petites comme les grandes ! »

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Leonardo Garcia Alarcón et l’Ensemble Cappella Mediterranea feront leur retour au Festival de Saint-Denis le 29 juin prochain pour un concert exceptionnel dans la Basilique de Saint-Denis, autour de Monteverdi et Piazzola.
Cliquez ici pour découvrir toute la programmation du Festival de Saint-Denis et du Festival Métis.

Photos : Jean-Louis Bellurget

Nathalie Rappaport, directrice du Festival de Saint-Denis

Une solidarité remarquable

« Cette programmation 2021 était prévue depuis le printemps de l’année dernière. Bien sûr, nous avons dû revoir et mettre en place un protocole sanitaire strict, aussi bien pour les musiciens que pour les spectateurs, avec moins de places. Nous avons donc monté un budget avec un montant de recettes inférieur. Nos partenaires privés (environ 50 entreprises en temps normal) continuent de nous soutenir et nous espérons obtenir les trois quart du montant avant covid. Je tiens à saluer l’engagement des collectivités locales, Département, Plaine Commune, qui alors que des besoins importants surgissent chaque jour davantage suite à la Covid, n’ont pas laissé tomber la culture. Cela témoigne d’une solidarité territoriale au sein de la Seine-Saint-Denis dont nous avons la preuve quotidiennement : cela s’exprime par le soutien des collectivités, mais aussi par l’accueil des directeurs d’écoles lors d’actions musicales, l’engagement de nos bénévoles… Cette solidarité est remarquable ! »

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