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« Fermer un jour pour exister toujours » – Retour sur une journée sans Département réussie

Mercredi 7 février, la « Journée sans Département », organisée en réaction à une possible suppression des Départements de petite couronne liée à la réforme territoriale du Grand Paris, a réuni 600 personnes à Bobigny. L’occasion pour de nombreux agents et habitants, malgré le froid et la neige, de dire leur attachement à la Seine-Saint-Denis. Reportage et VIDÉO

« Le Grand Paris, pourquoi pas, mais pas de cette manière ! Dans cette réforme, si le gouvernement s’était rapproché des personnes de terrain, on aurait abouti à quelque chose d’un peu plus sensé. Mais jamais on a été consultés. Pour moi, le Département est un outil opérant, qui doit être préservé. » Dans sa veste jaune fluo siglée « Seine-Saint-Denis » qui se détache bien sur l’esplanade enneigée de la préfecture, Sylvie Décate ne passe pas inaperçue. Cette cheffe de service du réseau d’assainissement à la Direction de l’Eau et de l’Assainissement (DEA) qui compte 14 ans de maison a fait le déplacement avec son équipe d’égoutiers pour dire son opposition à la réforme territoriale du Grand Paris qui se profile.

Selon plusieurs sources concordantes, le gouvernement souhaiterait en effet profiter de la mise en place de la métropole du Grand Paris pour faire disparaître les trois départements de petite couronne : la Seine-Saint-Denis donc, mais aussi les Hauts-de-Seine et le Val-de-Marne. Les remplaceraient dans leurs nombreuses missions 11 établissements publics territoriaux déjà existants (les anciennes communautés d’agglomération). Face à une réforme menée sans consultation et synonyme de casse de services publics, la Seine-Saint-Denis n’était pas seule : ce mercredi, les 6 autres départements d’Ile-de-France avaient eux aussi appelé à la mobilisation.

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A la tribune, Stéphane Troussel, le président du Département de la Seine-Saint-Denis, avait déjà donné le ton : « Rayer d’un trait de plume le Département aura des effets négatifs en cascade : cela signifierait pour la Seine-Saint-Denis une remise en cause des politiques publiques que nous menons depuis des années. Autrement dit, cela voudrait dire plus d’inégalités sociales alors que tout notre effort vise justement à les réduire. »
Sylvie Vassallo, directrice du Salon du livre et de la presse jeunesse en Seine-Saint-Denis, lui emboîtait le pas : « Le Département est un outil essentiel pour lutter contre les inégalités culturelles, notamment en direction des enfants. Dans ce domaine, il a toujours fait preuve d’ambition et d’inventivité, comme en témoigne aussi son soutien à des associations comme la nôtre. Et cela même alors qu’il n’y est pas tenu par ses missions obligatoires. Vu les circonstances sociales, il faut absolument éviter de couper les ailes à cette ambition-là ». D’autres signataires de la pétition publiée récemment sur Change.org, réunissant 200 personnalités de Seine-Saint-Denis, avaient eux aussi répondu présent, comme le co-président de la FSGT93 Clément Rémond.

Dans l’auditoire aussi, on se disait résolument contre le projet de disparition des départements de petite couronne. « Je suis là pour dire stop, dans notre intérêt et celui des habitants » ponctuait ainsi Elise Mendy, cuisinière à la crèche du Moutier à Saint-Ouen, une des 55 crèches départementales gérées par le Département. Cette professionnelle de la petite enfance, 13 ans de métier, se disait évidemment inquiète pour elle et ses collègues, mais aussi pour les citoyens. « On ne fait que supprimer des postes. Parce qu’à travers cette réforme, l’Etat veut réduire le nombre de fonctionnaires, et d’ailleurs il ne s’en cache pas. Mais je pense aussi aux enfants et à leurs parents : qui reprendrait les crèches départementales si on disparaissait ? »

La défense des services publics de proximité et l’expérience acquise : ces valeurs cardinales revenaient dans les discours de beaucoup. Comme chez Guy Challier, agent affecté à la construction des collèges au sein de la Direction de l’Éducation et de la Jeunesse (DEJ) : « On a mis des années à acquérir une expérience fine des nécessités en matière de construction de collèges. Les liens entre la maîtrise d’ouvrage et l’Éducation nationale, tout ça volerait en éclat avec la réforme territoriale, ce serait un gâchis immense ». Un exemple plutôt bien choisi quand on sait que depuis 2012, le Département a construit une vingtaine de collèges neufs et rénové quelque 60 autres. Imagine-t-on un service aussi efficace et visant un développement équitable du territoire avec 4 structures indépendantes qui se substitueraient au Département ?

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Eric Nalepa, agent technique à la Direction de la nature, des parcs et de la biodiversité (DNPB) – qui entretient notamment les 8 parcs départementaux - avançait lui un argument supplémentaire : l’attachement à l’identité de sa Seine-Saint-Denis. « Notre département, on doit le garder. Moi je suis né à Livry-Gargan et la Seine-Saint-Denis, j’en suis fier. C’est un nom qui veut dire quelque chose, qui reflète une certaine solidarité ». Avant lui aussi de condamner une réforme inacceptable, laissant les agents totalement dans le flou quant à leur avenir : « Notre direction, comme d’autres, serait éclatée. Pour aller où ? Dans quelles conditions ? Ça fait des décennies qu’on se démène pour les usagers et là, cette réforme tombe du ciel. Je dis non. »
Ce mercredi 7 février, entre les 600 personnes réunies dans la neige sur l’esplanade de Bobigny et le gouvernement, celui qui patinait n’était pas forcément celui qu’on pensait.

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