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René Kersanté aux racines de Saint-Denis

Dans la Cité des Rois, la famille de René Kersanté, 75 ans, cultive la terre depuis près de 100 ans. Et même s’il passera la main d’ici peu, le dernier des maraîchers du département, ne laissera pas ses quelque quatre hectares de terres agricoles en jachère.

Il est neuf heures, Saint-Denis s’est éveillé et René Kersanté casse la croûte dans son pavillon du 114 avenue Stalingrad, à quelques encablures de Stains, Pierrefitte ou la Courneuve. « J’ai déjà pris un petit-déjeuner à cinq heures ce matin, mais là j’ai besoin de remanger un peu après la tournée du matin », sourit-il. A cinq heures ce matin de juin pluvieux comme un autre, Saint-Denis s’éveillait et le dernier maraîcher de Seine-Saint-Denis entamait sa tournée de livraison du jour : « Trois supermarchés à Villeparisis, Gonesse et bien sûr le marché de Saint-Denis comme deux autres fois dans la semaine. »

Au programme la livraison de salades, spécialité de la Maison Kersanté depuis 1920, date où la grand-mère de René, Marie Pellan, arrivée de Bretagne, a fondé l’exploitation maraîchère dionysienne. A l’époque, la plaine de Saint-Denis est la plus grande zone de maraîchage d’Europe. Mais, tout va changer au fil du temps : si en 1859, 1804 maraîchers cultivent dans Paris intramuros, ils ne sont plus que 626 un siècle plus tard, tous relégués en périphérie de Paris. Et en 2016, René Kersanté, 75 ans, est le dernier Mohican de la Seine-Saint-Denis. Un rôle qui lui sied à merveille. « Il adore le contact, explique sa fille Gaëlle qui travaille à ses côtés, et être le dernier maraîcher de Saint-Denis lui a donné pas mal d’occasions de raconter son histoire. »
Qui finira bientôt néanmoins puisqu’il a décidé de passer la main d’ici à la fin de cette année 2016 ou au début de 2017. Le temps de partir en douceur et de prodiguer quelques conseils à son successeur qui émergera de l’appel à candidatures lancé par la mairie de Saint-Denis, propriétaire de l’exploitation depuis 1983. A la clé, la location des 3,7 hectares de terres, deux chambres froides, un hangar de 325 m² et une douillette maison d’habitation où est né René Kersanté.
« Le maire de Saint-Denis aurait bien voulu me garder, dit-il, mais mener une entreprise maraîchère devient de plus en plus difficile. On est déficitaires depuis quelques années, alors je vends des biens pour continuer, mais là je dis stop. En principe, c’est une association à vocation agricole qui devrait nous succéder. »

En attendant, les quelque 12 000 salades, livrées chaque semaine et vendues entre 50 et 60 centimes l’unité, ne suffisent plus à faire tourner la boutique. « Faut aussi être réaliste, poursuit Monsieur Kersanté, les gens mangent de moins en moins de salades et on nous les achète de moins en moins cher. Et puis, j’ai 75 ans… Bah, je commence à sentir le poids des années même si j’ai encore la patate. »

La patate oui, mais finis les radis, les épinards, le persil et autres légumes cultivés à Saint-Denis où René Kersanté, pendant longtemps aux côtés de son père, a employé jusqu’à quarante personnes. C’était au début des années 2000. Une autre époque. Mais, René, grand lecteur de Marx, de Kant ou de livres consacrés au cyclisme –sa passion- n’est pas du genre à verser dans la nostalgie « parce qu’être nostalgique, c’est comme fumer de l’opium, tu deviens neurasthénique. »

Alors, René Kersanté s’adapte à tout. Aux expropriations successives en achetant d’autres terres à Pierrefitte, Stains, dans le Val d’Oise et dans l’Oise, à un environnement qui change, s’urbanise à vitesse grand V en faisant le gros dos. « C’est vrai qu’avant, les trottoirs de ce côté de Saint-Denis étaient en herbe et qu’on pique-niquait dessus, mais on digère les changements en douceur. Tout change, c’est vrai… Mais, moi je reste un « titi » parisien ! »
Doublé d’un vrai terrien qui n’a qu’une satisfaction à l’heure de tourner la page de sa vie dionysienne : « Savoir que les terres qui sont ici vont rester et perdurer… Je me dis que je n’ai pas perdu mon temps… »

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