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Seine Saint-Denis

Vingt ans de lutte

Depuis 20 ans, l’Observatoire départemental des violences envers les femmes travaille pour mieux protéger les femmes et leurs enfants victimes de violences. Études, partenariats, expérimentation, protocole réseautage : tous les moyens sont bons pour accompagner et sauver des vies.

Comment mieux protéger les femmes victimes de violences ? Comment mieux protéger leurs enfants, victimes eux aussi ? Comment savoir si les dispositifs pour les protéger sont suffisamment efficaces ?
Pour sauver ces vies, l’Observatoire Départemental des Violences envers les Femmes (ODVF) a choisi de partir du terrain. Pour comprendre et agir, il s’est plongé dans les archives du tribunal de grande instance de Bobigny, a épluché des centaines de cas et mené 15 études. En 20 ans d’existence, l’ODVF a révélé l’ampleur des violences faites aux femmes, qu’il s’agisse des féminicides, des violencs conjugales, des mariages forcés, de la prostitution, des violences sexistes et sexuelles dans le sport et dans le monde du travail.
On sait désormais qu’une femme sur 10 en France a été victime d’au moins une forme de violence par son conjoint ou ex-conjoint au cours de sa vie. Dans le département, elles sont 60 000 femmes victimes, et ils·elles sont 140 000 enfants co-victimes de violences conjugales.

« Il doit aussi y avoir une présomption de crédibilité pour les victimes... »

Pour évaluer l’efficacité des politiques publiques, l’ODVF continue à travailler main dans la main avec le parquet de Bobigny, le tribunal judiciaire, l’hôpital Robert-Ballanger, la Maison des femmes de Saint-Denis, l’Éducation nationale, 30 villes de Seine-Saint-Denis et de très nombreuses associations de terrain, comme SOS femmes 93, SOS victimes 93, l’association du Nid, Une femme un toit mais aussi des bailleurs sociaux comme Seine-Saint-Denis Habitat, Plaine-Commune Habitat, Logirep, 3F, Seqens...
Ensemble, ils évaluent les dispositifs existants, en proposent de nouveaux et en expérimentent certains. Comme le Téléphone grave danger, expérimenté en 2009 et étendu en 2014 à toute la France. Ou le protocole féminicide, généralisé à toute la France cette année et expérimenté depuis 2015 dans le département pour mieux protéger les enfants qui assistent à la mort violente de leur parent.

Développons une véritable culture de la protection
Précurseur dans son domaine, l’ODVF de SeineSaint-Denis a fait des petits un peu partout sur le territoire national et même au-delà. Depuis 2021, il partage ses bonnes pratiques et diffuse une véritable culture de la protection jusqu’aux Comores ou en Palestine. Pour Ernestine Ronai, sa responsable, on doit croire les femmes victimes de violences et les protéger tout de suite : « Face à la présomption d’innocence des agresseurs, il doit aussi y avoir une présomption de crédibilité pour les victimes », explique celle qui cherche à alerter la population sur la grande dangerosité des hommes violents.
Pour que chacun·e puisse se situer dans ses relations de couple, l’ODVF* a créé et diffusé à plus d’1,5 million d’exemplaires le Violentomètre. Un outil grand public disponible en différentes langues et décliné en braille et en version « Facile à lire et à comprendre » (FALC).
Le Département, qui est présent dans les collèges avec Jeunes contre le sexisme, a affrété cette année un bus des droits des femmes et contre les violences lors des 18es Rencontres femmes du monde en Seine-Saint-Denis, à la mi- novembre 2022. Direction les marchés de Saint-Denis, Montreuil, Aulnay-sous-Bois, Saint-Ouen et Noisy-le-Sec. Vers d’autres vies à sauver.

*en partenariat avec la mairie de Paris et l’association En avant toutes.

Les outils, études sont accessibles sur : ssd.fr/odvf et : oivf.seinesaintdenis.fr.

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