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Aide sociale Bobigny

Un service social au secours des personnes sans-abri

Créée en 2008, la Circonscription spécialisée dans l’accueil des publics en errance (CSSAPE) située à Bobigny accueille et accompagne les personnes sans domicile fixe ou en situation de grande précarité. Zoom sur une circonscription à part, une bulle d’oxygène pour les « accidenté·e·s de la vie ».

Celles et ceux qui poussent la porte de cette structure spécialisée ressentent déjà un doux apaisement : ici, les murs crème et les portes couleur lilas appellent à la douceur et à une plus grande sérénité. Ouvert aux personnes particulièrement vulnérables orientées par les 22 autres circonscriptions de service social départemental ou d’autres partenaires, le CSSAPE réalise un accompagnement global pour permettre aux familles de « sortir de la galère » et limiter autant que possible les effets de l’errance sur la psychologie ou la scolarisation de leurs enfants.

Une équipe au service des plus fragiles

Doté de quatre assistantes sociales, d’une conseillère en insertion sociale et professionnelle (CISP), d’une assistante administrative et d’une responsable, la CSSAPE accueille en majorité des femmes ou des couples avec enfants en rupture d’hébergement et/ou ayant vécu un parcours migratoire particulièrement difficile. « Nous contactons le Samu social du 93 dans l’optique de trouver un hébergement d’urgence ainsi que des associations comme la Croix-Rouge ou le Secours populaire pour leur faire bénéficier d’un accueil de jour » explique la travailleuse sociale Samina Mohammad.
Les agent∙e∙s du service social départemental s’efforcent ensuite de stabiliser les personnes dans des résidences sociales temporaires au sein de dispositifs de type Solibail ou dans le parc HLM. Les assistantes sociales et la CISP de la structure accompagnent les familles pour bénéficier des aides financières, prestations ou allocations auxquelles elles ont droit comme le RSA, la Complémentaire Santé Solidaire (ex CMU), la tarification Solidarité Transport, les chèques services des Centres communaux d’action sociale ou des aides financières départementales...
Awa Traoré, conseillère en insertion sociale et professionnelle, soutient les usager·ère·s accueilli·e·s en centre d’hébergement d’urgence ou en hôtel social. « Je les aide à rédiger leur CV ou lettre de motivation. Nos usagers, généralement des couples avec des enfants, sont prêts à prendre n’importe quel emploi, souvent dans le ménage et le service à la personne ou le bâtiment pour les hommes » indique la professionnelle. « Ces parents ont une force et un courage extraordinaires, malgré un quotidien particulièrement difficile » .

Des innovations pour faciliter les démarches

La structure agit aussi pour réduire la fracture numérique dont peuvent être victimes les personnes en errance, en mettant à leur disposition un conseiller numérique également présent dans les autres circonscriptions de service social. « Nous proposons à nos usager·e·s, en complément de l’aide apportée, des ateliers Reconnect qui leur permettent de stocker leurs documents administratifs dans un coffre-fort numérique en évitant les pertes liées à leur mode de vie précaire » annonce Samina.
Un atelier de parole intitulé Pause Café est par ailleurs organisé tous les mois et permet souvent aux professionnel·e·s de sensibiliser les usagers de manière conviviale sur différentes thématiques : insertion, projets, parentalité, développement personnel… Mazeguela, qui a souvent assisté à ces rencontres, est arrivée en France en 2017 après une traversée dantesque de son pays : la Côte d’Ivoire, en passant par le Niger, la Libye la mer Méditerranée puis l’Italie.
Exploitée puis chassée par une amie de la famille, elle a dormi plusieurs nuits avec son jeune fils « dans le froid et dans la peur » sous un pont parisien. Orientée vers la CSSAPE, elle suit maintenant la scolarité de ses deux enfants en compagnie de son conjoint dans un hébergement social à Rosny-sous-Bois. « L’assistante sociale a été très à l’écoute, elle est venue voir comment on vit dans ce logement d’une pièce... » annonce la trentenaire. « J’espère obtenir un titre de séjour afin de débloquer ma situation. J’adorerais travailler comme aide-soignante ou sage-femme si la préfecture me donne une chance de vivre... ».

La jeune femme et ses enfants, accueillis par les accueils de jour des Restos du coeur et du Secours populaire, survit sans aide financière de l’Etat en limitant tous types de dépenses comme celles du transport. Elle se forme malgré tout avec assiduité auprès d’associations « pour travailler le plus vite possible et assurer un avenir à ses enfants ». On lui souhaite de voir un jour son quotidien s’éclairer...

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Crédit-photo : Nicolas Moulard et I-Stock

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