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Stéphane Rossetto, retour aux sources

A 33 ans, ce coureur gouailleur, gros rouleur et adepte des raids solitaires, revient au sein d’Auber 93, qui l’avait déjà aidé à passer pro en 2013. Cette fois, c’est pour y tenir le rôle d’un capitaine de route et s’y relancer. Cet amateur de courses dures et débridées attaque sa saison dès jeudi, sur le Tour de La Provence.

« Auber, c’est l’équipe qui m’a formé comme pro, donc aujourd’hui c’est un retour aux sources. » Stéphane Rossetto nous répond depuis Eze et son fameux col, où il peaufine sa préparation pour son grand retour au sein de son ancienne équipe, St-Michel Auber 93. Eze et à l’aise, le Seine-et-Marnais l’est définitivement depuis qu’il sait qu’il va continuer à évoluer au sein du peloton pro, et ainsi continuer à faire le métier qu’il aime : coureur cycliste.
« Avec Cofidis, on était arrivé à la fin de l’histoire. Mais moi je voulais continuer le vélo. Alors quand je me suis retrouvé sans équipe, j’ai appelé Jaja (Stéphane Javalet, le manager de St-Michel Auber) et on est tombé d’accord assez vite. »
Entre le coureur au style généreux et les P’tits Gars d’Auber, c’est une histoire de confiance, de respect mutuel. En 2014, Stéphane Rossetto quittait l’équipe qui l’avait lancé dans le grand bain pro avec l’ambition d’aller voir à l’échelon du dessus (chez Cofidis, deuxième division). 7 ans plus tard, il est de retour, avec pour objectif cette fois de transmettre son expérience. Entre temps, six participations à la Vuelta, un Giro et un Tour de France sont venus garnir sa musette. On se souvient encore avec émotion de ses cavaliers solitaires sur trois étapes du Tour 2019, repris à chaque fois à quelques bornes de l’arrivée. Mais « la Rosse » coupe court : « Le panache, ça va bien deux secondes, mais c’est un discours de perdant. J’aimerais qu’on retienne aussi que j’ai pu aller au bout parfois (comme en 2018 sur une étape du Tour de Yorkshire). Au final, j’aimerais qu’on garde de moi l’image d’un coureur atypique et qui avait la classe sur un vélo. »

Grinta

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On s’en sera rendu compte : de la grinta de ses jeunes années sous le maillot d’Auber, Stéphane Rossetto n’a rien perdu. A 33 ans, il semble avoir toujours autant faim de victoires, comme lors de son premier trophée pro en 2013, sur la dernière étape du Tour du Limousin. « Ce jour-là, tout ce que j’avais prévu s’était passé dans la réalité. Et ça, c’est super rare dans le vélo, se souvient-il avec nostalgie. Je m’étais dit d’attendre le final, sur le circuit local à Limoges. J’étais sorti avec quelques mecs à un tour de l’arrivée. Et quand le peloton s’était rapproché, alors que devant on commençait à se regarder, j’avais démarré dans le long faux plat montant de l’arrivée. C’était intense, ça s’est fait sur le fil, c’est un truc que j’aimerais revivre ». A l’époque, les P’tits Gars d’Auber s’appelaient Steven Tronet (futur champion de France en 2015), Théo Vimpère ou encore les frères Drujon... Dans la foulée, Rossetto engrangera encore deux autres victoires pro : le classement général des Boucles de la Mayenne et une kermesse en Belgique.
En en attendant d’autres ? « J’ai surtout coché des courses à partir de mai-juin. Des épreuves comme la Mercantour Classic, la Ventoux Classic, la Route d’Occitanie ou le Tour de l’Ain pourraient me convenir. Et puis bien sûr, les championnats de France (à Epinal), le chrono et la course en ligne, qui sont toujours un objectif... », explique celui qui compte aussi deux titres de vice champion de France du contre-la-montre. Sur le Tour de La Provence, sa première course pour son retour au bercail, il attend en revanche de voir. « Je suis encore en rodage. Je vais d’abord voir comment je me situe. Mais si je peux sortir une belle étape, je ne m’en priverai pas », assure Rossetto, à qui la densité exceptionnelle des courses françaises de ce début de saison, du fait de la raréfaction des épreuves, ne fait pas peur.

Dans l’échange

Comment son intégration dans son ancienne future équipe s’est-elle passée ? « Super, j’ai été très bien accueilli. Les vieux, les jeunes, on était dans un échange spontané , raconte celui qui avait déjà effectué le stage d’avant-saison dans le Var, en vue de son retour. J’ai pas mal échangé avec Yoann Paillot, avec qui je partage le goût pour les contre-la-montre. Et Jason Tesson (champion de France amateurs 2020) était par exemple très à l’écoute. Mais moi, je ne viens pas pour donner des leçons, je considère que ça marche dans les deux sens... »
Quel sentiment l’anime à la veille de renouer avec son premier club pro ? « Le sentiment d’être à ma place, d’avoir fait le bon choix. » Avec de telles sensations, on peut être sûr que lui reviendra aussi la fougue de ses jeunes années, celle de ses 13 ans, quand il avait pris une licence au CS Dammarie-les-Lys. « Des copains un peu plus âgés que moi, avec qui je faisais du vélo, avaient voulu s’inscrire en club. Je les ai suivis. Et là, j’ai tout de suite accroché : l’effort au grand air, la mécanique, c’était mon élément. Plus le fait que j’avais remporté mes 5 premières courses en minimes... Ça m’avait donné des ailes. »
Le retour au bercail de ce coureur généreux pourrait bien lui en refaire pousser, et alors, bonne chance pour suivre cette grosse cylindrée, niveau World Tour ou pas…

Christophe Lehousse
Photos : ©Thomas Maheux

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