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Raphaël Sévère, sur un doux air de clarinette

Ce clarinettiste de renom, connu à l’international depuis qu’il est enfant, habite à Montreuil, une ville qu’il a « aimée dès le premier regard ». Très souvent en déplacement à l’étranger, le jeune prodige, récompensé cette année du Diapason d’or, revient toujours avec plaisir en Seine-Saint-Denis.

« Un prodige », « un clarinettiste en or », « la relève assurée de la clarinette française ». Les compliments pleuvent pour Raphaël Sévère. A la simple évocation de son nom, le milieu de la musique classique a les yeux de Chimène. Et quand il remporte à seulement 12 ans le prestigieux concours de Tokyo et la bagatelle de quatre autres « compétitions internationales » la même année, le jeune homme, 24 bougies aujourd’hui, fait se pâmer les foules du monde entier, critiques et spectateurs confondus. Un succès aussi précoce que fulgurant à même de faire tourner bien des têtes… Mais pas la sienne visiblement. Installé à une table de La Folle Blanche, un bar de Montreuil où il a ses habitudes, le virtuose, en jean et en basket, est tout sourire, posé et d’une humilité renversante. « Si mes réponses à vos questions sont trop bateau, n’hésitez pas à m’arrêter, je ne suis pas un professionnel de la communication », prévient-il d’emblée.

Le rencontrer dans sa ville autour d’un café est une aubaine. Raphaël Sévère passe les trois quarts de son temps à l’étranger où, en quelques années, il a écumé les salles les plus réputées pour jouer en soliste ou en musique de chambre (petit nombre d’instruments) aux côtés, pêle-mêle, de l’Orchestre National d’Ile-de-France, de l’Orchestre National Philharmonique de Russie ou encore de l’Orchestre de Chambre de Budapest et du Hong Kong Wind Kamerata. Avant de s’envoler pour le Maroc pour y diriger (une première pour lui) l’Orchestre royal philharmonique dans le cadre du Printemps musical des alizés à Essaouira, il se repose quelques jours chez lui à Montreuil où il a élu domicile il y a quatre ans. « J’ai eu un véritable coup de cœur pour cette ville où l’on croise plein d’artistes, notamment dans le milieu de la musique classique, confie-t-il. Je m’y suis tout de suite senti chez moi. Chaque quartier possède son identité. Sans être belle, Montreuil attire beaucoup. »

Soliste à 11 ans… avec l’orchestre de l’Opéra de Pékin

Si Raphaël se dit aujourd’hui heureux et de plus en plus investi en Seine-Saint-Denis – il se produira pour la seconde année d’affilée au Festival de Saint-Denis l’été prochain -, c’est dans la région nantaise qu’il fait ses premiers pas. Le virus de la clarinette lui a été transmis par son père, professeur au Conservatoire de Nantes. Il a alors 8 ans. Et déjà de l’or dans la bouche et sur les doigts. « Mon père aurait voulu que je fasse autre chose, comme du violon ou du piano, mais dès que j’ai eu cet instrument entre les mains j’ai su que je ne le quitterais jamais », raconte-t-il. Sa progression est foudroyante. Parmi ses profs de musique, d’aucuns lui prédisent très tôt un avenir radieux dans un milieu pourtant très fermé, concurrentiel, où les chances de s’illustrer au plus haut niveau sont très maigres. Ils voient juste : à 11 ans, Raphaël donne son premier concert en soliste en Chine avec, excusez du peu, l’Orchestre de l’Opéra de Pékin. Au menu : le Concerto KV 622 de Mozart. « Pratiquer un instrument de musique s’apparente beaucoup au sport. Il faut parfois des mois, voire des années pour se préparer à un évènement. Et quand arrive le moment tant attendu où tu entres en scène face à un public qui dissèque tes gestes, il est interdit de se louper, sinon c’est toute ta carrière qui est remise en question », analyse le musicien.

En 2008, à 14 ans, Raphaël fait son entrée au Conservatoire national supérieur de musique et de danse (CNSMD) de Paris, où en une année il gravit huit échelons, une prouesse. Au même titre que son bac littéraire qu’il a passé en candidat libre et qu’il a décroché à 15 ans. La suite n’est que consécration : en 2009, il est nommé « Révélation soliste instrumental » aux Victoires de la musique ; en 2013, il est lauréat du 1er prix de la Young Concert Artists Competition de New-York. « J’ai jusqu’ici eu beaucoup de réussite, j’en profite, affirme en toute modestie, une fois de plus, ce passionné de jazz et de rock. Pour éviter d’imploser, car c’est vite arrivé quand on rencontre le succès et que notre vie est rythmée par des déplacements dans le monde entier, je m’extrais, dès que je le peux, de cet univers. » Comment ? En se promenant par exemple dans les rues de Montreuil qui réservent toujours « leur lot de mystère et dont on ne se lasse jamais. »

A Savoir/ Son dernier album, Quatuor pour la fin du temps avec le Trio Messiaen (Mirare), a été salué par la critique. Il a obtenu en février le Diapason d’or, l’une des plus prestigieuses distinctions de la musique classique en France.
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