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Qiwen Xiao, la science du jeu

Arrivée au Saint-Denis Union Sports tennis de table comme joueuse en 2011, Qiwen Xiao vit sa première saison comme coach de l’équipe première féminine. Avec un succès instantané : fin mars, l’équipe de Prithika Pavade and co disputera les demi-finales du championnat de France, en rêvant d’un tout premier titre. Portrait d’une grande discrète.

« Je suis venue au SDUS tennis de table en 2011 parce que le club voulait développer son équipe féminine. 10 ans plus tard, j’y suis encore et je m’en félicite ! » Le parcours de Qiwen Xiao en France se résume en grande partie à son évolution à Saint-Denis. Arrivée de Chine en 2008, cette pongiste de talent et bosseuse dans l’âme aura gravi patiemment les marches du mérite. Après une solide carrière de joueuse – triple championne de France universitaire, vice-championne d’Europe universitaire en 2018 - la voilà qui a pris cette année les rênes de l’équipe première comme coach. Avec un succès immédiat : fin mars, son équipe, mélange d’expérience et de fougue, arrivée première de la saison régulière, disputera les demi-finales du championnat de France face à l’Entente Saint-Pierraise (match aller le 29 mars, retour le 1er avril). Et qui sait, peut-être remportera-t-elle le premier titre en Elite de son histoire ?
« Le titre, pourquoi pas ? Mais si ça ne se fait pas cette année, j’ai bon espoir pour les années qui viennent ». Voilà la patte Qiwen Xiao : pas de déclarations fracassantes, mais un travail de tous les instants. Une formule que la jeune femme de 29 ans a aussi appliquée en dehors des salles de ping : inscrite à Paris-13 Villetaneuse, elle en est ressortie avec un Master 2 en finance qui lui a ouvert les portes d’une grande banque chinoise à Paris.

Sport national

« Mener de front ma carrière de joueuse et mes études n’a pas toujours été simple. Mais Paris-13 s’est toujours montré arrangeant : ils me libéraient toujours pour les compétitions », se souvient celle qui aura au total habité 6 ans à Saint-Denis. Désormais établie dans le XVIIe, elle garde encore un souvenir ému de la Basilique… et d’un kebab au 129, rue Gabriel Péri qu’elle fréquentait lors de ses années d’études. Pourtant, les premiers contacts avec la cité des Rois auront été hésitants. Vivant à l’époque à Rouen, la ville de son précédent club, Grand-Quevilly, elle ne souhaitait au départ venir que pour les matches à La Raquette. Mais comme pour tant d’autres néo-habitants, la Seine-Saint-Denis se sera chargée de déconstruire ses préjugés.
Finalement, tout sera allé assez vite pour Qiwen Xiao. « Mon arrivée en France s’est faite un peu par hasard. Un club en Auvergne cherchait une joueuse pour jouer en N2. J’ai vu l’annonce et ça a marché », raconte-t-elle aujourd’hui sans fioritures. Arrivée de son Hunan natal, la jeune Qiwen apporte à Montbeugny, dans l’Allier, son exigence et sa technique hors pair. « J’ai commencé le ping-pong à 6 ans. En Chine, c’est un sport national. Pour la génération de mes parents plus encore que pour la mienne, mais quand même… Ce qui m’a toujours plu dans le ping, c’est sa dimension mentale. C’est un peu comme les échecs. »
Son modèle en matière de petite balle blanche s’appelle Joo Sae-Hyuk, un Sud-Coréen, vice-champion du monde en 2003. « Un défenseur, comme moi », précise la jeune femme qui dans le dialogue aussi attend toujours de lire les intentions de l’autre.

Pour Nicolas

La Chine lui manque un peu évidemment. Elle qui avait pour habitude d’y aller chaque année doit prendre son mal en patience avec cette épidémie de Covid, qui a commencé par terrasser son pays avant de s’étendre au monde entier.
Sortant un peu de sa réserve, Qiwen Xiao consent à dire que si le titre pouvait finalement être pour cette année, ce ne serait pas plus mal. « On le dédierait évidemment à Nicolas » (Greiner, ancien coach de l’équipe première, décédé en octobre dernier, à 43 ans). Proche de ses joueuses – et notamment de la Bourgetine Prithika Pavade - Nicolas Greiner avait laissé progressivement ses fonctions de coach de l’équipe féminine du SDUS pour devenir en juin dernier entraîneur de l’équipe de France juniors à l’Insep. « Il nous manque à toutes. Il m’a toujours beaucoup supportée. Quand j’étais joueuse, il m’a aidée et c’est lui qui m’a mise en place comme coach. Ce n’était pas qu’un coach, c’était un ami », explique pudiquement la jeune femme. Finalement, titre ou pas, on sait déjà que Nicolas serait fier de la saison que Qiwen et les siennes ont accomplie.

Christophe Lehousse
Photos : ©Sylvain Hitau

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