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Prithika Pavade, embarquement immédiat pour Tokyo

Ce week-end, la petite surdouée du Saint-Denis US tennis de table est allée chercher son billet pour les Jeux de Tokyo de cet été, à tout juste 16 ans. Un authentique exploit, pour celle qui visait au départ plutôt les Jeux de Paris 2024 à la maison. La conjugaison d’un talent hors pair, d’une politique de club modèle et d’un partenariat avec le Département qui porte ses fruits.

« J’ai essayé de ne pas trop penser aux enjeux. Au début, j’étais presque étonnée de mes sensations, je me sentais super bien, donc j’ai tenté d’en profiter à fond en me disant que je pourrais connaître un moment de moins bien. Heureusement, ça ne s’est pas trop produit… » En interview, Prithika Pavade dégage la même impression que dans son jeu : de la fraîcheur.

La sociétaire du SDUS 93 tennis de table vient d’accomplir un petit exploit, ce week-end au Tournoi Qualificatif Olympique (TQO) au Portugal, en compostant à tout juste 16 ans son billet pour les Jeux de Tokyo, signant 7 victoires en autant de matches. Et pourtant, c’est presque comme si elle vous racontait un championnat de district. La zénitude incarnée… Hier encore héroïne de la délégation française, la jeune fille a repris sans broncher lundi son quotidien de lycéenne de 1ère en distanciel, comme si de rien n’était…

Celle qui est a grandi au Bourget et vit désormais avec sa famille au Blanc-Mesnil consent tout de même à se lâcher un peu : « C’est incroyable. C’était un rêve pour moi de faire les Jeux un jour et là, ça arrive plus tôt qu’espéré. En plus, je vais chercher cette qualif en gagnant des matches, pas grâce à mon classement, donc ça ne peut que me donner confiance pour la suite… »

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Elle qui n’est encore que 390e mondiale s’est en effet offert le scalp de la 51e puis de la 59e mondiale, dans un week-end portugais parfait pour la délégation tricolore (puisque l’autre Française Jianan Yuan, s’est elle aussi qualifiée). Et cela alors que la saison de la petite pépite dionysienne n’a pas été de tout repos : en mars, elle aura subi un petit coup d’arrêt après avoir contracté le Covid au sortir d’un premier tournoi de qualificatif prometteur à Doha. Mais la jeune fille, qui a commencé le tennis de table à l’âge de 7 ans, aura surtout été secouée en octobre dernier par le décès subit de Nicolas Greiner, à 43 ans.

Entraîneur au départ au Bourget, club des débuts de Prithika, ce formateur était lui-même passé ensuite à Saint-Denis, pour donner à sa protégée les meilleures chances de réussite. « Bien sûr que durant ce tournoi, j’ai aussi pensé à Nicolas. C’est l’entraîneur de mes débuts. En phase d’entraînement, certains de ses conseils m’accompagnent et m’accompagneront toujours : comment déjouer certains effets, comment remiser… Cette qualification, c’est aussi pour lui », souffle la jeune fille.

"7 ans qu’elle nous bluffe"

Certes, dire que la championne d’Europe U21 n’avait pas donné de signe avant-coureur à cette performance majeure serait mentir. « Ça fait 7 ans qu’elle est au club, et sept ans qu’elle nous bluffe », jubilait Jean-Claude Molet, président du Saint-Denis US tennis de table. « Championne de France cadettes quand elle était minime, juniors quand elle était cadette, en équipe première dès 14 ans… Prithika a toujours eu un temps d’avance. Mais là, elle s’est surpassée. Avec ce tournoi, elle a à mon sens passé une nouvelle étape dans sa progression, en termes de niveau de jeu et de confiance... », poursuivait le dirigeant, d’autant plus comblé que la qualification de Prithika tombe quasiment en même temps que deux autres bonnes nouvelles : le maintien des hommes en Pro A et surtout la qualification de l’équipe femmes pour la finale du championnat de France élite, pour la première fois de l’histoire du club (fin mai-début juin, une aventure à laquelle Prithika Pavade participera évidemment aussi).

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Des résultats qui ne sont évidemment pas dus au hasard mais qui proviennent d’une politique de club ambitieuse, basée notamment sur l’accompagnement de jeunes talents, comme Prithika donc, mais aussi Leili Mostafavi ou Camille Lutz, elles aussi membres de l’équipe première et de « Génération Jeux ». Il s’agit là d’un dispositif du Département, qui accorde depuis 2018 son soutien financier à 30 talents sportifs dans leur progression vers les Jeux de Paris 2024. « La qualification de Prithika, c’est un premier aboutissement de cette démarche Génération 2024 qu’on avait lancée et que le Département a élargie à tous les sports. Sans parler de la convention qu’on a avec le Département depuis 23 ans, sans doute l’une des plus anciennes parmi tous les clubs sportifs », précisait ainsi Jean-Claude Molet.

Et Tokyo dans tout ça ? « Je ne sais pas trop à quoi m’attendre, lâchait une Prithika Pavade qui avait encore du mal à se projeter. J’y vais un peu dans le même état d’esprit qu’au TQO, à savoir faire de mon mieux et engranger de l’expérience. Le fait que ça se déroule au Japon, pays de tennis de table, rend les choses encore plus motivantes, et ça compense aussi un peu le côté Jeux durant la pandémie. »

Jean-Claude Molet lui ne se risquait plus à aucun pronostic avec son phénomène : « En toute logique, Tokyo devrait être l’occasion pour elle de goûter une première fois aux Jeux, de voir comment tout ça fonctionne, ce qui lui donnera d’ailleurs un avantage pour la suite. Mais avec sa fraîcheur, son dynamisme et son niveau de jeu, allez savoir... » Nous, en tout cas, on aime bien ce genre de surprises…

Photos : ©ETTU

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