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Prisme : un nouvel équipement pour l’inclusion par le sport porté par le Département

Jeudi 7 février, le Département a présenté son projet du « Prisme », un équipement dédié à la pratique du sport par tous et en particulier par les personnes handicapées. L’installation devrait sortir de terre à l’été 2023, sur une partie du stade de la Motte et à proximité de l’hôpital Avicenne de Bobigny.

Appelez-le « Prisme » : Pôle de référence inclusif sportif métropolitain. Dédié à la pratique handisport et partagée, cet équipement innovant doit voir le jour à Bobigny à l’été 2023, soit un an avant les Jeux olympiques et paralympiques qui se dérouleront largement en Seine-Saint-Denis. A l’initiative du projet, le Département, qui sera le maître d’ouvrage, en a officialisé ce jeudi la construction devant un certain nombre d’acteurs institutionnels et sportifs.

Pour le moment, seules les grandes lignes de cet équipement, qui s’implanterait sur un terrain de 15000 m² sur le stade départemental de la Motte, sont esquissées : un gymnase et sans doute une piste d’athlétisme pensés pour tous les types de handicaps, mais aussi des espaces devant faire le lien avec le sport-santé ou la recherche et développement, du fait de la proximité de l’hôpital Avicenne et de l’université Paris 13.

« Cet équipement unique en Europe doit prendre une part de choix dans l’héritage olympique et paralympique des Jeux en Seine-Saint-Denis, a ainsi annoncé Stéphane Troussel, le président du Département. Avant même l’arrivée des Jeux - puisqu’il est prévu pour 2023 - il doit améliorer l’accès des personnes handicapées au sport, dynamiser tout le territoire sur les enjeux d’accessibilité et de sport-santé. Et pourquoi pas nous aider à dénicher de futurs champions paralympiques, même si ce pôle sera avant tout consacré à la pratique loisirs » (un autre centre – un Pôle espoirs handisport, axé sur le haut niveau, est lui prévu au Bourget, ndlr).

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Accueillie très favorablement par la majorité des acteurs sportifs ou du monde du handicap, la construction de cet équipement est pour l’instant évaluée à 36 millions d’euros. Un financement qui proviendrait majoritairement du Fonds de solidarité interdépartemental d’investissement, abondé par les 7 départements d’Ile-de-France, en attendant la participation d’autres partenaires éventuels. L’ARS (Agence régionale de Santé) ou encore l’université de Paris 13 Bobigny, représentées hier, se félicitaient en tout cas de l’émergence d’un tel projet.

Si l’idée directrice – se doter d’un équipement innovant et exemplaire en matière de pratique sportive pour le handicap physique et mental – est là, les contenus sont toutefois encore mouvants, et ce volontairement. Jusqu’à juin, le Département a en effet choisi de consulter un maximum d’acteurs de terrains – fédérations handisports, le Comité départemental olympique et sportif 93 mais aussi instituts médico-éducatifs ou du monde médical – pour construire un outil particulièrement adapté aux pratiques de ses futurs usagers.

« L’émergence de ce pôle s’appuiera sur le concept de « conception universelle », autrement dit sur une concertation générale de l’ensemble des partenaires et en particulier de ses usagers. L’idée est vraiment de créer un outil au plus près des besoins des porteurs de handicap et des personnes en perte d’autonomie », expliquait Magalie Thibault, vice-présidente du Département en charge de l’autonomie des personnes.

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Déjà, les idées ne manquaient pas chez la plupart des participants. Interrogé après coup, le joueur international de cécifoot Yvan Wouandji – qui plus est habitant de Rosny-sous-Bois – insistait quant à lui sur la nécessité de prévoir l’insertion d’une telle infrastructure dans un réseau de transports lui aussi accessible. « Un bel équipement c’est bien, mais ce n’est rien si l’accessibilité n’a pas aussi été pensée en termes de transport. Parmi les questions à se poser il y a : Quels seront les transports en commun qui nous permettront d’y accéder facilement ? Y aura-t-il des places de parking à proximité ? Après, je suis aussi prêt à donner mon expertise en tant que sportif malvoyant, mais la priorité c’est celle-là. » Une route, construite par la ville de Bobigny, également partenaire du projet, et la future gare Drancy-Bobigny du Grand-Paris Express, sur la ligne 15 Est, devraient à terme desservir le site.

Du côté des représentants du sport adapté – pratiqué par des personnes souffrant d’un handicap mental ou psychique – on saluait bien évidemment aussi la naissance du Prisme. « J’espère et je pense que ce pôle va créer une dynamique du point de vue de l’accès au sport. Au-delà de l’équipement en lui-même, ça peut faire boule de neige sur le territoire, résoudre des blocages, soulignait Fabien Paillard, président du comité départemental 93 du sport adapté. Et de rappeler les besoins, très forts, en matière d’accès au sport pour les personnes handicapées dans le département : « selon les chiffres de la Maison départementale du handicap, 13 % des personnes en Seine-Saint-Denis sont atteintes d’un handicap, parmi lesquelles 70 % d’un handicap mental. Et 300 enfants souffrant de handicap mental n’ont actuellement pas d’attribution dans des établissements spécialisés, par manque de place. Pour ces 300-là, le Prisme peut être une sacrée chance », insistait-il.

A la FSGT (Fédération Gymnique et Sportive du Travail), on insistait aussi sur ce rôle modèle du futur équipement. « Une telle infrastructure peut rayonner et donner des exemples d’inclusion positive à tout le département. On en a déjà quelques exemples à Stains, où le gymnase du collège Joliot-Curie propose des créneaux au handisport ou à Bobigny dans les installations du STAPS. L’idée, c’est que le Prisme contribue par la suite à une généralisation », espérait Clément Rémond. Tous ces acteurs ont désormais trois mois pour faire remonter leurs besoins et façonner leur Prisme.

Christophe Lehousse
Photos :@Daniel Rühl

Un Prisme aussi inclusif en termes d’emploi

Autre aspect important : l’aspect inclusif du Prisme ne se reflétera pas que dans sa dimension sportive mais aussi sur le plan de l’emploi puisqu’une partie du personnel embauché sera constitué de personnes porteuses de handicap. « La dimension inclusive du Prisme doit aussi concerner l’emploi. Parce qu’une partie bien trop importante des personnes handicapées est éloignée de l’emploi- sur les 2,7 millions de personnes handicapées en âge de travailler, seuls 35 % ont ainsi accès à un emploi en France - le Prisme fonctionnera aussi grâce à des travailleurs en situation de handicap », a souligné Stéphane Troussel au cours de sa présentation.

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