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Plongée dans les vignes départementales pour les élèves du nouveau lycée agro-écologique

Sous la houlette des professionnels du syndicat des vignerons d’Ile-de-France (Syvif), des lycéen·ne·s, ainsi que des agent·e·s du Département, ont participé le 16 septembre aux traditionnelles vendanges des vignes du parc du Sausset. Un environnement familier pour les élèves, lesquels étudient au Saltus Campus, un lycée agro-écologique qui vient d’ouvrir ses portes à Sevran.

« Faites bien attention de ne pas écraser le raisin et n’oubliez pas de faire le tri directement sur le pied de vigne. Il nous faut des grappes saines, compactes, sans grain ayant avorté ou pourri ». Emmanuel, vigneron et membre du syndicat des vignerons d’Ile-de-France (Syvif), donne les consignes aux participants.

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Chardonnay et pinot noir

En ce vendredi 16 septembre, comme chaque année en cette toute fin d’été, c’est l’heure des vendanges. Nous ne sommes pas au fin fond du Bordelais ou quelque part dans la vallée de la Loire, mais au parc départemental du Sausset, deuxième plus vaste espace vert de Seine-Saint-Denis, situé à cheval sur les communes d’Aulnay-sous-Bois et de Villepinte. Le domaine, qui a vu le jour en 2004, compte actuellement 2120 pieds de vigne, répartis sur un peu moins de 3 000 m2. Deux cépages de Bourgogne, le chardonnay et le pinot noir, s’y côtoient. Le premier donne un vin blanc fruité. Le second, un vin rouge aux notes légèrement fumées et boisées. « S’il n’a pas encore obtenu le label bio, le vin que nous fabriquons ici est garanti sans pesticides et bénéficie d’une IGP Ile-de-France (appellation certifiant la qualité et l’origine du produit, ndlr) », assure Emmanuel. Cette année, malgré la sécheresse, le vigneron espère récolter, pour le seul pinot noir, objet de la vendange du jour, 600 kilos de raisin.

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Face à lui, munis de leur panier, les volontaires sont une petite dizaine. Parmi eux, des agents de la Direction nature, paysage et biodiversité (DNPB) du Département, telle Marie-Andrée. « Je suis venue car j’adore me ressourcer dans ce parc et parce que le projet est original – tout le monde ne sait pas qu’on produit du vin en Seine-Saint-Denis - et brise la routine du quotidien », explique cette assistante de direction, qui prend part à cette initiative pour la deuxième année consécutive. Et l’Aulnaysienne d’ajouter dans un grand éclat de rire : « Je n’apprécie pas tellement le vin mais je suis contente que les efforts que je fournis aujourd’hui participent à donner plus tard du plaisir aux consommateurs. »
On y croise aussi des visages poupins, comme ceux des élèves du lycée Saltus Campus, un établissement privé sous contrat avec le ministère de l’Agriculture et dédié à l’enseignement de l’agro-écologie, qui a ouvert ses portes à la rentrée à Sevran. « Hormis le lycée horticole de Montreuil, qui propose un enseignement spécifique et assez éloigné du nôtre, nous sommes le seul établissement scolaire du département à proposer des formations aux métiers de l’agriculture, et en plus nous tenons compte des impératifs du moment que sont la protection de l’environnement et des cultures », indique entre deux pieds de vigne, Denis Vegnant, directeur du lycée Saltus Campus.
Dans cette nouvelle enceinte, qui a pris place dans une ancienne école maternelle du quartier des Trèfles, les enseignements vont du CAP « métiers de l’agriculture option grandes cultures » aux Bac pro « gestion des milieux naturels et de la faune (GMNF) » et « conduite et gestion de l’exploitation agricole (CGEA) ». « L’objectif est d’attirer des étudiants éloignés du monde rural, parce que vivant de fait en ville, pour les amener vers un secteur agricole qui fait face à une pénurie de main d’œuvre de plus en plus importante et qui, par conséquent, présente de nombreux débouchés professionnels », soutient le directeur.

Le précédent Fénelon, à Vaujours

Ce campus, dont le nom, Saltus, signifiait chez les Romains et les Gallo-Romains une terre non-cultivée ou sauvage, comble un vide en la matière, celui laissé par la filière « métiers du paysage et de l’environnement » du lycée Fénélon de Vaujours, qui a brusquement cessé toute activité il y a deux ans. « Ce lycée est une institution sur le département, rappelle Philippe Jorgji, ancien enseignant dudit établissement et coordinateur du collectif de la ferme du Sausset, en partie à l’origine de l’ouverture de Saltus Campus. Il avait été fondé par l’abbé Dubeau pour héberger et éduquer des orphelins. Il les formait au maraîchage, à l’arboriculture, l’apiculture. » En 2020, à la suite de cette fermeture pour des raisons opaques, 160 élèves se sont retrouvés sur le carreau, obligés d’aller plus loin, à Saint-Germain-en-Laye (Yvelines) ou Brie-Comte-Robert (Seine-et-Marne) pour ne citer que ces communes, ou à faire l’impasse sur certaines matières. A l’époque, dans une lettre écrite au ministre de l’Agriculture, le président du Département avait fait part de son incompréhension face à une telle décision. « Cela représente une perte importante pour la formation aux métiers de la nature dans un contexte où la Seine-Saint-Denis s’engage résolument en faveur de la préservation de la biodiversité et du développement de l’agriculture urbaine », avait déploré Stéphane Troussel.

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« Le lycée Saltus Campus est une véritable aubaine pour les habitants de Seine-Saint-Denis, se réjouit Sarah, 14 ans, inscrite en seconde CGEA et qui ambitionne de devenir plus tard éleveuse canine. J’ai découvert son existence sur Internet alors que je peinais à trouver une formation qui corresponde à mes besoins. Je trouve intéressant que l’une de nos premières sorties se fasse pendant les vendanges. Avec les autres élèves, on partage une activité en commun et on apprend à mieux se connaître. » Alexis, 19 ans, a connu un autre parcours. Avant de débarquer au campus, il a fréquenté les bancs du lycée Paul Le Rolland de Drancy où il obtenu un bac pro ELEEC (électrotechnique, énergie, équipements, communicants). « Autant dire, rien à voir, relève le jeune habitant de Sevran. Ce qui me plaît depuis toujours, c’est la nature et l’agriculture. J’ai grandi en ville, dans le béton, mais j’ai passé toutes mes vacances chez ma grand-mère dans un petit village de Bourgogne. C’est là-bas que je veux m’établir plus tard. » Lui aussi sait exactement ce qu’il veut faire : céréalier et éleveur bovin. « Le métier d’agriculteur ne suscite plus beaucoup de vocations car il est extrêmement difficile mais je suis conscient des risques et ça ne me fait pas peur, je suis quelqu’un de sérieux et travailleur. »

Grégoire Remund
Photos : ©Sylvain Hitau

Les vignes sont en fête au parc du Sausset

Le parc départemental du Sausset sera le théâtre de la fête de la vigne et des produits du terroir dimanche 2 octobre, de 11h à 18h. Au programme : démonstrations, rencontres de producteurs, vente de produits locaux, déjeuner champêtre, visite de la ferme du Sausset et animations diverses et variées. L’entrée est gratuite.

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