Catégories
Seine Saint-Denis
In Seine-Saint-Denis Musique Danse

Pierre Pezziardi, la fierté d’être un métèque !

Depuis 2014, la Grande Parade Métèque célèbre les bienfaits de l’immigration et répondra encore présent ce 1er juillet. On doit ce grand rassemblement festif à une bande de copains et de voisins de Seine-Saint-Denis animés par l’envie de changer le monde. Rencontre avec Pierre Pezziardi, vice-président de l’association et ambassadeur de la marque In Seine-Saint-Denis.

Quand on demande à Pierre Pezziardi ce qui le fait courir dans l’existence, il répond instantanément : « changer le monde, comme tout le monde… ». Mais contrairement à tout le monde, cet informaticien de formation essaie vraiment de le faire, dans sa vie professionnelle comme dans celle de citoyen.

Arrivé en 2000 en Seine-Saint-Denis, il s’y sent bien très rapidement. « Comme trois quarts des Parisiens, je suis un provincial. Je viens de Montpellier, ma femme de Grenoble, et on est venus travailler à Paris. Après, c’est l’histoire classique, nous avons eu des enfants et on a souhaité avoir un peu plus d’espace et nous déplacer vers les extrémités », explique Pierre. Les communes du 92 avec la «  levalloisperretisation ambiante, et les caméras » ne les attiraient pas du tout. « Nous avons eu une opportunité à Bagnolet puis aux Lilas. On se retrouvait mieux dans une mixité », poursuit-il.

JPEG - 46.3 ko

Avec des amis de Romainville et des Lilas, la famille Pezziardi s’est d’abord engagée dans RESF (Réseau éducation sans frontière). Cela signifiait de toujours gérer des urgences et ils ont eu envie de travailler plus en amont. « On s’est aperçu qu’il y avait des associations de lutte contre le racisme, les discriminations et l’antisémitisme, mais aucune qui disait que l’immigration était une chance pour la France. Cette idée a germé et peu à peu on a créé la Grande Parade Métèque. On a choisi exprès ce mot un peu rugueux que Charles Maurras utilisait pour désigner les étrangers et que Georges Moustaki s’est réapproprié dans une chanson », explique-t-il.

JPEG - 160.2 ko

Le collectif crée l’association Un sur quatre « parce qu’un Français sur quatre a un grand-père ou une grand-mère d’origine étrangère » pour mettre en place le projet qui reçoit rapidement le soutien des élus locaux du département. En 2014, la première Grande Parade Métèque voit le jour et depuis, à chaque édition, les participants sont de plus en plus nombreux. Tout au long de l’année, l’association organise des « cafés métèques », lieu de paroles et de rencontres, des ateliers où se créent les slogans, les chars, les banderoles qui font de la parade un défilé coloré et spectaculaire. Côté professionnel, Pierre défend aussi une certaine idée de la société. Il croit dans le fait que « le numérique peut fabriquer du vivre-ensemble ».

Depuis 2013, il travaille pour un service innovant du Premier ministre : le Secrétariat général pour la modernisation de l’action publique. C’est à lui qu’on doit notamment mes-aides.gouv.fr qui simplifie l’accès aux aides sociales. Avec Henri Verdier, Pierre Pezziardi vient de publier sur Fondapol une note sur les start-ups d’État afin de pérenniser pour les années à venir la conversion numérique de l’État. « Sous Giscard, la France avait accueilli 200 000 boat people et aujourd’hui on accueille 10 000 Syriens… On n’a jamais été aussi riche, aussi influent et cette situation provoque plus de repli et de peur que d’ouverture, c’est le paradoxe », se lamente Pierre.

Pour lutter contre ce repli et proclamer qu’on est « fiers de notre diversité », Pierre Pezziardi et toute l’équipe de la Grande Parade Métèque donnent rendez-vous ce samedi 1er juillet à tous les habitants de Seine-Saint-Denis pour un nouveau défilé haut en couleur. Pour scander encore une fois que l’immigration n’est pas un problème, mais une chance !

A lire aussi : http://lemag.seinesaintdenis.fr/Tous-nous-disons-nous-sommes-des-meteques

à lire aussi
Coronavirus Cinéma

« Soutenir toutes les salles de cinéma sans exception ! »

Le monde du cinéma est en émoi. De nombreuses salles en gestion publique risquent de se voir exclues des aides de l’Etat (50 millions d’euros) pour compenser les pertes d’exploitation en ces temps difficiles de Covid. En Seine-Saint-Denis, cela concernerait 19 salles, sur les 25 que compte le réseau Cinémas 93. Interview avec son directeur Vincent Merlin.

Livres

Décryptage de la violence

Dans son livre "Laisse pas traîner ton fils", l’écrivain dionysien Rachid Santaki part d’un fait divers sanglant et dresse le portrait d’une jeunesse en proie à la violence, dans la rue, la famille et les réseaux sociaux.

Stains Théâtre

Sonja Mazouz, Studio number one

Cette ancienne danseuse-comédienne est entrée dans la profession grâce au Studio Théâtre de Stains. Désormais coach de gym pilates après une carrière bien remplie, elle revient toutefois à ses premières amours et répète actuellement la nouvelle pièce du STS, « Rousseau et Jean-Jacques » qui sera jouée quand les théâtres pourront rouvrir. Portrait.

Saint-Denis In Seine-Saint-Denis Littérature jeunesse

Le "road-movie" confiné de trois Séquano-Dionysiennes

Avec « La nuit tombe, Maman rêve », Cécile Dumoutier, Luna Granada et Eve Gentilhomme signent un album jeunesse plein de rêve et de poésie, qui aborde avec légèreté des thèmes peu traités dans les livres pour enfants comme la monoparentalité. Cet ouvrage 100 % made in Seine-Saint-Denis, puisque l’éditrice et l’auteure sont dionysiennes, sera aussi présenté lors de l’édition virtuelle du Salon du Livre de Montreuil.