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Oribiky, la start’up de Seine-Saint-Denis qui se met en selle

Installée entre Stains et Villetaneuse, cette entreprise fondée par le quadragénaire Yann Poincloux propose un service de gestion de flotte de vélos clé en main pour les entreprises et les collectivités. Adopté et testé depuis le printemps par la ville de Stains, le concept cherche désormais à changer de braquet.

En quelques clics sur son smartphone, Jérôme, archiviste pour la ville de Stains, débloque son vélo bleu-blanc-rouge aligné dans la cour de l’Hôtel de ville stanois et se met prestement en selle. La tournée des différents services municipaux en quête de conseils pour la conservation et le classement de leurs archives fait de lui un cycliste régulier : « C’est pratique, et l’assistance électrique te fait arriver tout frais dans les différents services de la ville où j’interviens », sourit le jeune employé municipal. On m’avait vanté cet avantage au moment de mon embauche, je m’aperçois au fil de mes déplacements qu’il est bien réel... »

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Un utilisateur stanois d’Oribiky

Derrière la flotte d’une cinquantaine de vélos - pour un contrat de 3 ans de l’ordre de 165000 euros- mis à disposition des agents municipaux de Stains, il y a un autre Stanois d’adoption : Yann Poincloux, créateur de la marque Oribiky. Laquelle commercialise donc aujourd’hui auprès des collectivités et des entreprises une solution prête à l’emploi incluant la fourniture d’une flotte de vélos mais aussi sa maintenance et sa régulation.
« Ce qu’on fait à Stains depuis le printemps, c’est la démonstration que ça marche. N’importe quelle ville de France peut adopter notre solution , vante Yann Poincloux. Selon l’importance de la flotte, il suffit d’affecter un ou plusieurs agents municipaux à la maintenance qu’on formera à la mécanique vélo. Une semaine de formation et trois semaines d’accompagnement sur le terrain suffisent à les rendre autonomes. »

Les batteries gérées à distance

Le quadragénaire, serial entrepreneur qui a commencé après son bac à revendre du matériel informatique d’importation stocké dans le jardin francilien de ses parents, mise à fond sur la digitalisation pour gérer ses vélos : « Par exemple, dit-il en montrant le clavier de son smartphone, on sait en permanence quel est l’état des batteries. Lorsqu’elles arrivent à moins de 20 % d’autonomie, on immobilise les vélos. Et elles sont ensuite changées par nos services. »
Système de Neiman -un antivol- dans la roue avant, verrouillage électro-mécanique de la batterie ou puce GPS dans le vélo doivent, par ailleurs, sécuriser les montures. « Comme la batterie est intégrée au cadre et verrouillée avec un verrou Bluetooth, il est impossible de la retirer sans disposer de notre application mobile, détaille encore Yann Poincloux. Et puis, si le vélo est déplacé sans être déverrouillé, une alarme se déclenche en même temps que des alertes sont envoyées vers nos serveurs. L’autre avantage, c’est qu’en intégrant le système de sécurité sur le vélo, on évite le coût de la maintenance d’une station et les travaux de génie civil qui vont avec pour l’installer. »
Enfin, intégrés dans le giron des installations protégées de collectivités locales, les vélos de l’entreprise stanoise se prémunissent des risques de vandalisme.
Tout un ensemble de précautions réfléchies après avoir refermé en 2019 la page de neuf mois de vélos Oribiky déployés en libre-service à Paris. Une flotte trop restreinte et des vélos trop souvent saccagés ont en effet fini par mettre un terme à « une expérience malgré tout positive, parce qu’on a montré notre savoir-faire. Mais à un moment donné tu ne vis pas d’amour et d’eau fraîche, et les vélos en libre-service ne sont pas forcément générateurs de revenus », analyse avec du recul l’entrepreneur stanois.

Villetaneuse comme base-arrière

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Aujourd’hui, prêt à se remettre en selle depuis ses locaux de Villetaneuse où une petite équipe de trois personnes assemble et gère la flotte des machines importées d’Asie, à l’exception des moteurs fabriqués aux Pays-Bas, Oribiky ne veut plus brûler les étapes : « Il n’y a pas de mystère, si on veut être concurrentiel, tout passe encore aujourd’hui par l’Asie, expose franchement le chef d’entreprise. Mais, si on se développe, on pourra progressivement revenir vers des fournisseurs européens. »
Pour cela, la start-up cherchera d’abord à s’étendre autour de sa base de Stains, en Seine-Saint-Denis, « un territoire pas forcément considéré à sa juste valeur, mais avec pourtant un énorme potentiel, juge le fondateur d’Oribiky dont l’une des ambitions depuis ses débuts est « de donner un caractère social » à sa petite entreprise, par exemple en faisant appel régulièrement à l’École de la deuxième chance de Seine-Saint-Denis.
« Clairement, on continuera à faire de l’insertion lorsqu’on mettra une solution Oribiky en place. Et puis, lorsqu’on déploie nos vélos dans une ville, c’est au minimum un salarié qui peut être affecté à la maintenance et formé à un métier de demain. »
Une piste de plus pour engager Oribiky dans un cycle vertueux...

Photos : ©Oribiky

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