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Olivier Norek, flic et romancier

Pantinois depuis plus de 20 ans, l’ex-lieutenant de police Olivier Norek a troqué en 2013 son pistolet Sig Sauer pour l’écriture de polars. Cet hypersensible vient de signer le retour de son héros, le Capitaine Coste dans son septième opus « Dans les brumes de Capelans ». Il rend hommage à notre département, théâtre d’une partie de ses romans.

« J’ai un souci, mon moteur, ça a toujours été les autres. Pendant mon enfance, je n’arrivais pas vraiment à m’apprécier mais j’ai compris à l’adolescence que je ne serai jamais aussi heureux qu’en trouvant un métier tourné vers l’autre » annonce l’ancien capitaine, qui a travaillé pendant 18 ans au sein de la Sous-Direction de la Police Judiciaire de Seine-Saint-Denis, basée à Bobigny.
Celui qui affirme avoir « une vision quasi romantique de la justice » a puisé dans son quotidien d’enquêteur de terrain pour raconter des histoires nerveuses et ultra-réalistes d’un commissariat de banlieue, récompensées par de nombreux prix littéraires et bientôt adaptées au cinéma. « 90% de ce que j’écris est vrai » confie l’ex-policier, qui reconnaît avoir connu des « trucs de dingue dépassant largement l’imagination » dans ses enquêtes au service financier, puis au groupe de nuit en charge des braquages, des homicides et des agressions. « Je garde seulement 5 ou 10% de romance pour le glaçage, afin de mieux faire passer la pilule ».

La naissance d’un écrivain

Originaire de Toulouse, Olivier Norek s’engage à 17 ans au service de l’ONG Pharmaciens sans frontières en apportant du matériel médical dans des hôpitaux en Guyane et des camps de réfugié·e·s dans les Balkans. Passionné par la protection des citoyen·ne·s, il choisit de devenir gardien de la paix à Aubervilliers, en Seine-Saint-Denis, « là où la délinquance et la criminalité font plus de ravages qu’ailleurs » .
Le jeune homme s’investit corps et âme dans la lutte contre les agressions sexuelles, les trafics de drogue, les enlèvements avec demande de rançon, les cambriolages... et passe haut la main le concours de lieutenant puis de capitaine. À l’aube de la quarantaine, le policier pantinois participe à un concours de nouvelles sur le site auféminin.com et séduit le jury en racontant le destin d’une femme solitaire.
« Une chasseuse de talent m’a conseillé de garder cette écriture à fleur de peau pour raconter le quotidien un peu testostérone d’un service de police du 93, chose complètement inédite dans l’édition ». L’auteur s’inspire alors des drames auxquels il est confronté et publie en 2013 Code 93, premier opus de la série des aventures de l’opiniâtre Capitaine Coste qui enquêtera, des clubs huppés parisiens aux quartiers déshérités, à la recherche d’un faux macchabée et de l’assassin de jeunes drogué·e·s.

Deux millions d’exemplaires vendus

« J’ai imaginé un premier meurtre devant les Magasins généraux de Pantin, à l’époque désaffectés, avec un coup de théâtre puisque mon géant émasculé va se réveiller en salle d’autopsie... » détaille le romancier qui se met en disponibilité pour écrire la suite de la trilogie ancrée dans notre territoire.
Les captivants polars « Territoires » et « Surtensions » abordent avec lucidité les failles des institutions qui ont heurté son quotidien de policier de terrain : trucage des chiffres de la criminalité, clientélisme, indigence de la justice et des prisons... « La Seine-Saint-Denis a 25% de criminalité en plus donc c’est forcément plus complexe à gérer pour un gardien de la paix » assume l’écrivain qui affirme que les habitant·e·s du département, attachant·e·s, sont parasité·e·s par « 2% de crétins qui viennent foutre le bordel ».
Élevé « à la tolérance » par une mère directrice d’école qui aimait enseigner en ZEP, il entend pourtant rendre justice à un « département laboratoire, multiculturel, plein de jeunesse et d’espoir, berceau des arts de la rue » dans lequel il se sent bien et où il s’est installé depuis plus de vingt ans.
À compter de 2017, le romancier diversifie ses thématiques et plonge les lecteur∙rice∙s dans les péripéties d’un réfugié syrien perdu dans la jungle de Calais, d’un éco-terroriste puis d’une policière défigurée inspirée du vécu d’une collègue.

Traduit dans plus de dix pays, l’auteur prolifique est aussi scénariste pour la télévision depuis quelques années et conçoit les intrigues de séries comme Engrenages tournée en Seine-Saint-Denis. Un département source inépuisable d’inspiration puisque ses deux avant-derniers romans vont bientôt sortir en BD et au cinéma. Et les fans de littérature noire retrouveront l’énigmatique Capitaine Coste à Saint-Pierre-et-Miquelon « Dans les brumes de Capelans », son septième polar publié en avril. Chapeau l’artiste !

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Crédit-photo : Pauline Darley

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