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Mehdi Marzouki, retour aux sources

L’équipe élite du Cercle des Nageurs Noiséens entame samedi sa saison à Aix-en-Provence. Avec une recrue de poids : à 31 ans, l’international Mehdi Marzouki fait son grand retour dans le club de ses débuts. Sa mission : faire passer Noisy-le-Sec à la vitesse supérieure en tant que capitaine et préparer le terrain pour les JO 2024...

Vous avez quitté le club russe de Kazan pour rentrer chez vous, à Noisy-le-Sec. Vous qui avez commencé le waterpolo ici, ça doit vous faire drôle de retrouver le bassin de vos débuts…

« Oui, revenir ici avec tout le chemin parcouru, ça fait quelque chose. En fait, il s’agit d’un deuxième retour, car j’étais déjà revenu jouer à Noisy il y a quatre ans. Mais ça fait quand même drôle. Je suis né ici et durant mes 16 premières années, je vivais à 2 minutes à pied de la piscine, alors... J’ai commencé le waterpolo ici, j’avais 8 ans. Au départ, je faisais du judo dans la salle en-dessous. Et puis, j’ai rejoint mon grand frère Mounir qui jouait déjà ici au waterpolo. »

Quels sont vos meilleurs souvenirs ici ?

« J’en ai tellement… Ce sont surtout ceux d’une bande de potes, avec Jonathan Moriamé (actuel directeur sportif du CNN), Florian Bruzzo (actuel sélectionneur de l’équipe de France féminine)… Notre premier entraîneur Marco, malheureusement décédé depuis, savait rendre le waterpolo attrayant, il nous le présentait comme un jeu. On a vécu des moments forts ensemble. Au départ, j’évoluais dans la réserve de la 4e division. J’ai ensuite eu la chance de partir pour 3 ans à l’INSEP. A mon retour, nous sommes montés de N1 en 1ère division. On a même joué la Coupe d’Europe, face à Barcelone (en 2007, ndlr). Je me souviens, c’était irréel, de voir marqué sur le tableau d’affichage Barcelone-Noisy-le-Sec. »

Quels sont vos objectifs sportifs avec le CNN en championnat de France Elite ?

« Ils sont élevés. L’année dernière, le CNN termine 7e (sur 9), mais il y a du potentiel. Je ne viens pas juste ici pour voir la famille. Si je me laissais aller, je dirais que je veux être champion de France avec Noisy, mais bon… On va dire qu’on veut bien figurer. »

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Parlons des Bleus. Alors que la France était absente des Jeux depuis 1992, vous avez disputé ceux de Rio. Quel souvenir gardez-vous de cette aventure ?

« C’était génial. Déjà parce que pour moi, c’était une manière de boucler la boucle avec Jonathan (Moriamé) et Florian (Bruzzo) (à l’époque sélectionneur des garçons, ndlr) avec qui j’ai commencé à Noisy. C’était le moment ou jamais, et on a su saisir notre chance. »

Vous avez notamment joué un rôle-clé lors de la qualification pour Rio. Racontez-nous ça…

« Un grand moment. En quart de finale du tournoi qualificatif, on joue les Pays-Bas. Le vainqueur se qualifie pour les Jeux. Alors qu’on avait déjà battu les Néerlandais lors du dernier championnat d’Europe, on se laisse gagner par l’enjeu et le match finit à 8-8. Dans la série de tirs au but qui suit, je demande à être le dernier tireur. Et je le mets ! C’était du délire ! »

Et les Jeux en eux-mêmes, quel souvenir en gardez-vous ?

« Très bon. En ce qui concerne nos résultats (pas d’accession aux quarts de finale), on a fait du mieux qu’on pouvait dans un groupe très relevé. On a quand même réussi à battre les champions olympiques sortants (la Croatie). Et puis, on a vécu un rêve. Quand, dans le village olympique, vous voyez passer Kevin Durant, Kyrie Irving, Tony Parker ou encore Serena Williams, vous vous dites que vous faites partie du cercle des olympiens et que ça, personne ne vous l’enlèvera. »

Et où vous voyez-vous pour les Jeux de Paris 2024 ?

« Le top, ce serait de les vivre en tant que joueur. Des Jeux à Saint-Denis, devant les amis, la famille, ça doit être incroyable. Mais bon, on est vraiment loin encore, je préfère me concentrer sur la qualification pour Tokyo 2020. »

Le CNN a une politique très active envers ses catégories jeunes et espère notamment voir éclore des talents qui intègreraient l’équipe de France pour les Jeux 2024. C’est envisageable ?

« Oui, bien sûr, si on continue de s’en donner les moyens. Jonathan et moi, on l’a bien fait alors pourquoi pas d’autres ? Et nous, on n’avait pas de modèles comme eux peuvent les avoir là. Les jeunes ont maintenant aussi de meilleurs entraînements et le Cercle des nageurs 93 (structure conjointe entre le CNN, Saint-Denis et Livry-Gargan au niveau des catégories jeunes, mise en place avec le soutien du Département, ndlr) me semble un bon outil. Ce qui manque maintenant, c’est un vrai bassin, car celui d’Edouard-Herriot à Noisy est saturé avec les horaires du public, de l’école de natation... »

Justement, les Jeux 2024, c’est aussi un héritage pour le département. 8 piscines devraient être construites ou rénovées sur le territoire pour les Jeux. Ca va dans le bon sens selon vous ?

« Oui, c’est même indispensable. Ce qui nous sépare encore des grandes nations du waterpolo – la Croatie, la Serbie, le Monténégro - ce sont d’une part les infrastructures, d’autre part le nombre de gamins par catégorie. Là, les nouveaux bassins devraient forcément attirer du monde et faire grossir le nombre de pratiquants. Mais même pour les usagers lambda des piscines, c’est une très bonne nouvelle ! »

Et dans l’ensemble, vous pensez que les Jeux vont profiter aux habitants de la Seine-Saint-Denis ?

« Je pense que oui, en tout cas je l’espère. Prenez une ville comme Barcelone : elle a complètement changé avec les Jeux de 1992, au point de devenir une métropole moderne, avec des infrastructures datant des Jeux qui servent encore. C’est là dessus qu’il faut se calquer. Mais ça devrait être le cas pour Paris et la Seine-Saint-Denis : le Grand Paris Express, le village olympique reconverti en logements, tout cela devrait profiter au département. Et en termes d’image, je fais confiance à la Seine-Saint-Denis pour montrer qu’elle sait accueillir ! »

Propos recueillis par Christophe Lehousse
Photos :@Sylvain Hitau

N.B : Pour sa saison 2018-2019, l’équipe première du CNN jouera au centre nautique Jacques-Brel de Bobigny. Son premier match à domicile est un match de gala : le 27 octobre, face à l’Olympic Nice.


Saison 2018-2019 Le CNN a l’eau à la bouche

Cette saison, les nouveautés s’enchaînent pour le Cercle des Nageurs Noiséens. Le grand retour de Mehdi Marzouki a d’abord amené avec lui son lot de bonnes nouvelles. Dans son sillage, le nouveau capitaine est en effet arrivé avec d’autres recrues : le Russe Igor Pliskovic (avant-pointe), camarade de club du Français à Kazan la saison dernière, s’est en effet laissé convaincre de renforcer l’attaque noiséenne. L’international néerlandais Jesse Koopman, buteur de 25 ans et auteur d’un très bon championnat d’Europe cet été, pose aussi ses valises en Seine-Saint-Denis. Le club a par ailleurs réussi à garder Aleksandar Pesteric, Stefan Kovacevic et l’international slovaque Lukas Kozmer, son gardien titulaire. Autre nouveauté : Milo Zmukic, encore joueur l’année dernière du CNN, devient entraîneur de l’équipe première, permettant ainsi à Jonathan Moriamé de se concentrer davantage sur son rôle de directeur sportif. Autant d’apports qui font nourrir de belles ambitions au club. « On aimerait viser la 5e place, peut-être qualificative pour la Coupe d’Europe », espère Jonathan Moriamé. Pour aller chercher cet accessit, l’ancien gardien de l’équipe de France compte notamment sur le public noiséen qui se rendra non plus à Montreuil mais au stade Jacques-Brel de Bobigny pour suivre cette année les matches de l’équipe première. « Grâce à une réforme de la Fédération concernant les normes des bassins, on a pu se rabattre sur la piscine de Bobigny (25mx20), beaucoup plus commode pour notre public en termes de transports », explique encore Moriamé. Enfin attention : contrairement à l’année dernière, la ligue ne sera pas fermée et l’une des 10 équipes en lice descendra directement. Nouveaux joueurs, nouvel entraîneur, nouvelle piscine : le CNN a passé un bon coup de frais cette année !

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