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Luna Granada, la Tête ailleurs, mais aussi sur les épaules

Luna Granada, après s’être consacrée à l’écriture et l’illustration, privilégie aujourd’hui son métier d’éditrice. C’est en 2015 qu’elle se lance dans l’aventure, et aujourd’hui La Tête ailleurs, sa maison d’édition, bien connue à Saint-Denis, commence à rayonner sur tout le territoire départemental et au-delà.

Luna Granada, appelez-la Luna Granada. Ne cherchez surtout pas à savoir s’il s’agit d’un nom d’emprunt, d’un nom d’artiste ou celui d’une héroïne de la révolution mexicaine. Cette jeune femme, bercée par les voyages, a fait ses premières armes côté cinéma, avant de poser ses valises en terre dionysienne en 2009. Là, elle découvre un monde inconnu d’elle, jusqu’alors fait de clichés et de lieux communs. Elle se lance dans la gravure sur cuivre, sur lino et sur… gomme, à l’école d’arts plastiques de Saint-Denis. Elle produit sur presse ses livres faits main et ses images. « Je me suis sentie tout de suite dionysienne, alors que j’ai grandi dans la Sarthe et vécu à Paris. » Aujourd’hui, Luna est l’une des ambassadrices du In Seine-Saint-Denis.
Après plusieurs ouvrages destinés à la jeunesse, elle édite en 2019 le travail d’un photographe dionysien, Yvan Loiseau. Salade de racines met en mots et en images cette aventure hors du commun qui a permis à l’auteur de mener un voyage culinaire et photographique à travers la Seine-Saint-Denis. Comme un bonheur n’arrive jamais seul, quelques jours avant Noël sortait des presses le roman d’Edwige Ceide Sylvestre, Ça commence bien en général. Cette histoire d’amour à distance entre New York et Saint-Denis, explore la solitude citadine, l’expatriation, la place grandissante des nouvelles technologies dans les rapports humains. Et pour fêter comme il se doit ce nouveau bébé, Luna Granada organise ce 14 février, mais oui c’est la Saint-Valentin, un événement à l’espace Marguerite-Charlie à Saint-Denis*, un café-galerie. L’auteure lira des extraits de son livre, et une bande-son de l’ouvrage accompagnera cette festive soirée. La tête bien sur les épaules, mais aussi quelquefois dans les étoiles, notre éditrice dionysienne connaît enfin la joie des grands salons. En novembre dernier, elle se posait quelques jours à Montreuil lors du Salon du livre et de la presse jeunesse, une répétition générale avant une grande première, le Salon du livre de Paris, en mars prochain. Là, en tant que jeune pousse, elle côtoiera quelque 80 éditeur·rice·s indépendant·e·s sur le stand de la Région Ile-de-France.

Claude Bardavid

* Espace Marguerite-Charlie : 42 rue de la Boulangerie Saint-Denis

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De A à Z, tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur Luna Granada sans jamais oser le demander.

A comme ateliers artistiques
Les ateliers qu’elle anime à Saint-Denis avec son équipe lui permettent de faire de multiples rencontres et d’aboutir à la réalisation d’ouvrages. En janvier dernier, lors des Rencontres populaires du livre, un atelier-visages a donné lieu à de très belles créations. L’atelier Peur et frissons a été l’occasion en 2019 d’une mise en son et bruitage d’un album jeunesse dans une dizaine de médiathèques. A Pleyel, un atelier avec une école donnera lieu à un livre participatif sur le quartier.

C comme cinéma
Avant de se lancer dans la gravure, Luna Granada fait ses premières armes du côté du 7e art, rayon documentaire et entre dans une maison de production où elle touche à tout.

F comme Foire des savoir-faire solidaires
C’est à Saint-Denis, sur le parvis de l’hôtel de ville, qu’elle participe chaque année à la Foire des savoir-faire solidaires, aux côtés de nombreuses associations, artistes et artisan·e·s Elle y a fait ses premières armes en montrant ses premières gravures.

G comme gravure
Après dix années de vie à Paris, Luna Granada pose ses valises à Saint-Denis en 2009 et file à l’école municipale d’arts plastiques s’inscrire en gravure. Gravure sur cuivre, sur lino, sur gomme, tout est bon pour dessiner et figer une scène de rue, un paysage urbain ou des arbres. « J’ai trouvé que cette technique me correspondait bien, gravure et textes se marient bien. Et j’ai passé un temps fou à réaliser des petits livres. »

H comme Haïti
Alors écrivain public pour une association, elle reçoit Jean-Eric Ménard, 40 ans, qui souhaite raconter et écrire son histoire de vie en Haïti. Luna Granada l’écoute, et au fil des rencontres prend corps un livre Tête nue. Quelques années plus tard, une écrivaine haïtienne, Edwige Ceide Sylvestre, viendra enrichir son catalogue avec un roman d’amour.

I comme In Seine-Saint-Denis
Avec sa maison d’édition, Luna Granda ambitionne de faire émerger des talents du territoire, artistes, graphistes, écrivain·e·s… Il existe une vraie richesse sur ce territoire et il faut la montrer. C’est donc tout naturellement qu’elle s’est retrouvée dans la démarche initiée par le Conseil départemental et est devenue, à son tour, ambassadrice du département.

M comme Maya Mihindou
Celle-ci, illustratrice, a déjà publié deux contes. Désormais habitant la cité phocéenne, elle travaille à un projet autour de l’habitat insalubre, et l’on ne peut s’empêcher de penser à la tragédie de la rue d’Aubagne. « Je ne sais pas encore si le livre se déroulera dans une ville imaginaire, mais il sera vraisemblablement inspiré de ce qui s’est passé à Marseille, mais en mettant l’accent sur la solidarité », explique l’éditrice.

O comme Orfèvrerie

C’est là, à l’Orfèvrerie qui accueillit en son temps la manufacture Christofle, qu’est basée sa maison d’édition, sur les bords du canal Saint-Denis. Dans ce petit village industriel, on longe de longs bâtiments de briques, avec de hautes fenêtres éclairant les ateliers, avant de la découvrir dans son local, entourée de ses deux aides, Anouchka et Mégane qui y accomplissent leur service civique.

T comme la Tête ailleurs
La Tête ailleurs est le nom que Luna Granada a donné à sa maison d’édition, implantée à Saint-Denis. Sa ligne éditoriale est consacrée à la ville, métissée, complexe et poétique. Après plusieurs publications destinées à la jeunesse, touchée par l’écriture moderne et délicate d’Edwige Ceide Sylvestre, elle publie fin 2019 son roman Ça commence bien en général.

V comme voyage
Petite, elle rêvait devant les cartes de son atlas, adolescente, elle voyage en Amérique latine et au Mexique. Elle en a gardé des carnets de voyages remplis d’illustrations et de textes, et en a rapporté son nom d’artiste.

Z comme Zapata
Impossible d’échapper au légendaire révolutionnaire à la moustache généreuse. Elle a dû le rencontrer plus d’une fois au détour d’un de ses voyages en terre mexicaine. Mais ne serait-ce pas lui qu’on aperçoit à deux pas de la basilique…

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