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Les retombées des JO 2024 toujours chiffrées autour de 150 000 emplois

A trois ans de l’échéance, le Comité d’Organisation des Jeux de Paris 2024 a organisé jeudi un point d’étape sur les emplois qui devraient être générés par l’événement : ceux-ci sont toujours estimés à 150 000, en dépit de la crise sanitaire. Le COJO a aussi voulu mettre en valeur des actions concrètes comme les jobs datings « Du stade vers l’emploi » organisés en partenariat avec Pôle Emploi.

Une bonne nouvelle attendait jeudi les participants au point d’étape sur l’emploi généré par les Jeux de Paris 2024 : l’estimation effectuée en avril 2019 et chiffrant à 150 000 le nombre d’emplois directs liés à l’événementn’a pas varié, en dépit du choc de la crise sanitaire du Covid. « La pandémie ne semble pas avoir modifié les créations d’emplois possibles liées aux Jeux. Nous escomptons toujours 150 000 emplois directs. Après, il s’agit essentiellement de filières sous tension (restauration, hôtellerie, événementiel) donc il faut aussi mettre en place les bons dispositifs de formation », commentait d’emblée Tony Estanguet, président du COJO qui jouait hier les hôtes dans son magnifique siège Pulse inauguré à Saint-Denis en janvier dernier.

Dans le détail, l’actualisation de l’étude menée en 2019 par le Centre du Droit et de l’Economie du Sport (CDES) de Limoges et le cabinet Amnyos sur les retombées des Jeux en matière d’emploi révèle un impact assez faible du Covid : « 80 000 emplois devraient toujours être liés aux aspects organisationnels (sécurité, événementiel, traitement des déchets) et 60 000 au tourisme (hôtellerie, restauration), sachant qu’on n’a pas réévalué le secteur de la construction, les chantiers étant maintenant entamés », éclairait Christophe Lepetit, chargé d’études au CDES.

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Avec un rappel important : 10 % des heures travaillées sur les chantiers doivent être dédiées à des personnes éloignées de l’emploi et 25 % des marchés liés aux Jeux attribués dans la mesure du possible à des entreprises de l’économie sociale et solidaire. Des clauses sociales observées depuis 3 ans par la Solideo, la société chargée de livrer les équipements pérennes des Jeux et qui permettaient à son directeur général Nicolas Ferrand de ressortir quelques chiffres : 524 personnes ont déjà bénéficié d’un contrat en insertion sur les chantiers, dont un tiers ont aujourd’hui un emploi stable, et 839 TPE-PME travaillent à l’heure actuelle sur les ouvrages olympiques. A titre d’exemple, Label Gamelle, traiteur d’insertion montreuillois ou encore Tricycle, entreprise spécialisée dans le remploi de matériaux, interviennent ainsi sur certains des chantiers liés aux Jeux.

524 personnes passées en insertion sur les chantiers olympiques

Sachant qu’une bonne partie des chantiers actuels se trouvent en Seine-Saint-Denis (le village des athlètes et le centre aquatique de Saint-Denis sont déjà lancés), ces retombées positives en matière d’emploi concernent donc aussi la Seine-Saint-Denis. Une donnée dont se félicitait Emmanuel Constant, vice-président du Département chargé des Jeux, tout en réclamant toutefois davantage : « Ce qu’on attend, c’est un héritage fort non seulement en termes d’équipements mais aussi de créations d’emplois. La renationalisation du RSA obtenue récemment par le Département (à titre expérimental sur les 5 prochaines années, ndlr) arrive à point nommé par rapport au timing des chantiers des Jeux. Cela va nous permettre de doubler les crédits alloués à l’insertion et donc de ramener vers l’emploi un certain nombre de personnes. »
Pour mener à bien cette mission, l’outil numérique était omniprésent : Pôle Emploi vient d’étrenner sa plateforme Emplois 2024, la Maison des Canaux se charge elle de mettre en réseau et d’accompagner les entreprises de l’économie sociale et solidaire via sa plateforme ESS 2024. Mais compte tenu du profil de personnes éloignées de l’emploi qui ont souvent des difficultés de connection, d’autres solutions, moins « distancielles », étaient heureusement proposées. La Seine-Saint-Denis a ainsi mis en place des actions de sensibilisation aux opportunités liées aux Jeux via le réseau des Voisins Malins et au même moment, une action assez novatrice se déroulait sur la place du Front Populaire attenante au COJO (voir encadré).
Président de la charte sociale, qui liste 16 engagements en faveur d’un emploi durable, inclusif et local, l’ancien syndicaliste Bernard Thibault se réjouissait lui aussi des opportunités liées aux Jeux, mais mettait toutefois en garde sur la nécessité de revaloriser certains métiers : « Je lance aussi un appel à ce que certaines choses changent dans des branches comme la restauration, la construction ou les transports routiers de marchandise. Il faut se pencher sur les conditions sociales et salariales dans lesquelles ces métiers sont exercés. Sans quoi on en restera à des opportunités d’emplois et pas à des emplois effectifs. », avertissait l’ancien syndicaliste.
A trois ans des Jeux, le compte à rebours est maintenant lancé. Aux différents acteurs gouvernementaux et territoriaux de se mettre en ordre de bataille pour faire fructifier l’héritage de l’événement.

Christophe Lehousse
Photos : ©Franck Rondot

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« Du stade vers l’emploi », dans les starting-blocks vers l’embauche

Un entretien d’embauche en jogging basket et chasuble ? Oui, et pourquoi pas ? C’est le parti pris de « Du stade vers l’emploi », job dating d’un nouveau genre mis en place par Paris 2024, la fédération d’athlétisme et Pôle Emploi. Le concept est simple : 100 demandeurs d’emplois, 20 employeurs à la recherche d’embauches et une demi-journée passée à faire du sport tous ensemble, sans savoir qui est qui. Après quoi chacun révèle son identité et l’après-midi se passe à discuter emploi, en fonction des qualités repérées chez les uns et les autres.
Sur le papier, le concept peut paraître un peu gadget, mais il séduisait néanmoins les participants, en cette journée ensoleillée. « C’est positif, ça enlève le stress qu’il peut y avoir sur un entretien d’embauche classique. On se sent aussi moins obligé de jouer un rôle, on a juste à être nous-mêmes », estimait Amine, habitant de Dugny de 28 ans, qui a été dirigé vers ce job dating par Pôle Emploi. « C’est l’opposé même d’un entretien d’embauche. On n’a pas à rentrer dans certains codes, discutables par ailleurs. », estimait Charles, 60 ans, à la recherche d’un emploi dans le domaine de l’aéronautique.

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Côté employeur aussi, la formule semblait avoir fait mouche. « Je n’étais pas convaincu au départ, je le suis beaucoup plus à l’arrivée », confiait Grégory Hanquet, directeur de filiale chez Green Riders, un fabricant et réparateur de trottinettes et scooters électriques, basé à Saint-Denis. « Je trouve les exercices sportifs qu’on nous fait faire assez révélateurs. Il y a des profils qui ressortent directement : on voit les gens à l’écoute et impliqués dans un travail d’équipe », continuait ce recruteur entre deux courses en relais. « C’est pas bête comme idée : le fait d’être en jogging basket, ça met tout le monde sur un même pied d’égalité », estimait de son côté Meili Tchang, gestionnaire chargée des recrutements à l’université de Paris-13 Villetaneuse.
Partant du constat que les valeurs propres au sport sont aussi recherchées dans le monde du travail, ce type de job dating commence à porter ses fruits. Sur une quarantaine d’événements réalisés à travers la France en 2021, le taux de retour à l’emploi est de 64 % pour les participants. « Il faut comprendre que le sport recèle des valeurs qui sont positives, qui font tomber certaines barrières. Là au moins on n’est pas en situation d’infériorité comme dans beaucoup de situations d’embauche », s’enthousiasmait Philippe Lamblin, président de la Ligue d’athlétisme des Hauts-de-France, d’où est parti le concept.
Hésitants quant à la question de savoir si les Jeux créeraient de l’emploi pérenne sur le territoire, les participants l’étaient beaucoup moins à l’heure d’affirmer que ce job dating était en tout cas une initiative concrète et positive. En espérant qu’ils transforment l’essai !

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