Catégories
Seine Saint-Denis
Confinement Parcs départementaux

Les parcs départementaux, sacré bol d’air en plein reconfinement

Joggers, marcheurs, cyclistes ou encore pratiquants de street-workout... Les salles de sport et les gymnases étant actuellement fermés pour cause de confinement, les athlètes aguerris et les sportifs occasionnels du département ont trouvé refuge dans les parcs. Nous sommes allés à leur rencontre.

En temps normal (comprendre hors confinement), Farouk, lunettes de soleil posées sur le bout du nez et muscles saillants, a ses habitudes au Fitness Park de Bobigny. Mais depuis que celui-ci est fermé, confinement oblige, son nouveau terrain de sport est l’aire de street workout (discipline sportive qui consiste à se muscler principalement au poids du corps à l’aide du mobilier urbain) du parc départemental de la Bergère, à Bobigny toujours.

Tout cela dans les règles de l’art, bien sûr : pas plus d’une heure et attestation de sortie générée dans le téléphone. « Ici, je m’y retrouve car l’endroit a été très bien aménagé, confie le jeune homme. Il y a du matériel qui permet aussi bien de faire des tractions, des pompes, des Dips (exercices de flexion-extension sur des barres parallèles, ndlr) que du vélo statique. Donc oui, je suis au final pas si frustré que ça de ne pas pratiquer en salle. » « L’avantage surtout, c’est qu’on n’est pas les uns sur les autres, l’aire est suffisamment grande pour respecter les règles de distanciation physique, poursuit Youssef, qui vient deux à trois par semaine pour « garder la forme et le moral ». « Si les parcs étaient restés fermés, je tournerais en rond chez moi comme un lion en cage », avoue-t-il. Lahcène, qui a récemment emménagé à Bobigny, découvre le Mouv’roc (nom donné à cette station sportive). Mais pas le sport, manifestement : sa carrure de footballeur et son goût pour les tractions font oublier que cet ancien habitant d’Aulnay-sous-Bois a… 63 ans. « Le sport permet de s’échapper, il nous reste pratiquement plus que ça aujourd’hui », dit-il d’un air résigné.

Un peu plus loin, Elsa enchaîne à vive allure les exercices de renforcement musculaire - squats, gainage et corde à sauter – après son jogging matinal. « Je fais partie de ces gens pour qui le confinement a aussi eu des effets bénéfiques, confesse la Balbynienne. Grâce au télétravail, j’ai beaucoup plus le temps pour faire du sport. L’heure que je perdais chaque jour dans les transports me sert désormais à m’adonner à une activité physique gratuite, en plein air et qui offre de très bons résultats : depuis le premier confinement, j’ai perdu 12 kilos. »

« Jean-Moulin-Les Guilands, idéal pour la marche nordique »

Situé à cheval sur les communes de Bagnolet et de Montreuil, le parc départemental Jean-Moulin-Les Guilands attire des sportifs de tous sports et de tous niveaux. Parmi lesquels Philippe, 74 ans et adepte de la marche nordique, discipline en vogue qui sollicite 80 % des muscles du corps. « Ce parc est idéal pour cette activité car il comporte différents reliefs, on monte, on descend et la piste d’athlétisme permet d’être aussi sur du plat, argumente ce licencié de l’ASGB (association sportive et gymnique de Bagnolet). Certes, on ne marche qu’1 heure (contre 2h30 habituellement) mais on a la chance de le faire dans un bel environnement. En mars-avril, c’était sur les trottoirs et la chaussée de la ville que nous devions planter nos bâtons. »

Sur la grande langue de gazon qui offre une vue imprenable sur Vincennes et le sud de Paris, Karina s’octroie un « moment stretching », selon ses mots. « Peu importe le sport, l’essentiel est de s’aérer et de retrouver un certain apaisement, confie cette Montreuilloise originaire de Lettonie. On a vécu trop de stress ces derniers temps, heureusement qu’il y a les parcs pour se ressourcer. »

« Le vélo pour s’évader et fuir le stress du quotidien »

Autre décor, autre ambiance au parc forestier de la Poudrerie. Sis sur les communes de Sevran, Villepinte, Livry-Gargan et Vaujours, cet espace vert s’étend sur 140 hectares et accueille, entre midi et deux particulièrement, des marcheurs, des joggers et des cyclistes amateurs de sous-bois et autres clairières dont regorge ce parc, dont le Département a la gestion depuis les années 2000. Catherine et Alain, couple à la ville et habitants de Vaujours, s’y rendent le vendredi et le dimanche pour courir. Ils apprécient « son côté sauvage et le fait qu’il est parfaitement possible de ne croiser personne sur plusieurs centaines de mètres », ce qui confère à ce lieu un aspect à la fois mystérieux et sécurisant. « Ce parc c’est chez moi, je l’ai toujours connu », ajoute Alain. « On y côtoie des écureuils, des lapins et de belles variétés d’oiseaux, il y a pire comme décor », renchérit Catherine.

Avec son vélo cross à pneus larges et à assistance électrique, Omar ne passe pas inaperçu. « Je l’ai acheté pendant le premier confinement, raconte cet assistant informatique domicilié à Sevran. L’enfermement a été extrêmement difficile à vivre. Et mon travail m’apporte beaucoup de stress, entre les échéances à respecter et les clients à contenter, surtout en cette période de télétravail. Le vélo me permet de m’évader, de mettre de côté les soucis du quotidien dans un parc qui donne l’impression de vivre à la campagne. »

Grégoire Remund
Photos : ©Nicolas Moulard

à lire aussi
Transports Saint-Ouen

Les futures rames du Grand Paris Express se dévoilent

C’est un supermétro très attendu par les Francilien·ne·s. Pour leur donner un avant-goût avant sa mise en service, la Société du Grand Paris héberge l’exposition "Les lignes du design" depuis le 3 octobre à Saint-Ouen. L’occasion pour le public de monter dans une rame grandeur nature et découvrir le parcours des futurs voyageurs.

Transition écologique

« Une naissance, un arbre », moteur de la transition écologique

Dans le cadre de son Plan Canopée, qui vise à mettre l’arbre au cœur du paysage urbain, le Département a lancé l’opération « une naissance, un arbre », qui propose aux parents de planter un arbre pour la naissance de leur enfant. Un acte symbolique et écologique auquel Soufiane et sa petite famille, habitants de Tremblay-en-France, ont décidé de participer.

Transition écologique

Maïwenn Mollet : elle transforme les couches pour bébé en compost !

Qui a déjà croisé un bébé dans sa vie confirmera que les couches jetables peuvent représenter jusqu’à ⅓ de la poubelle d’un foyer. Or une couche met 400 à 450 ans pour se dégrader naturellement en décharge et finit la plupart du temps incinérée. Pourtant, une couche usagée c’est 75% de matières organiques qui ne demandent qu’à « revenir à la terre » pour fertiliser les sols de façon naturelle. Rencontre avec Maïwenn Mollet, porteuse d’une solution grâce au projet Les Couches fertiles.