Catégories
Seine Saint-Denis
Saint-Denis Tennis de table

Les filles du Saint-Denis tennis de table tiennent leur finale

Ce n’est pas un poisson d’avril : jeudi 1er avril, l’équipe féminine du SDUS tennis de table s’est qualifiée pour la finale du championnat de France, pour la première fois de son histoire. Après leur demie aboutie hier soir face à la St Pierraise, remportée comme à l’aller 3-2, il leur reste une marche à gravir pour gagner le titre, face à St Quentin ou Metz. Une récompense émouvante pour un collectif solidaire, passé par de nombreuses épreuves cette saison.

Comme un symbole. Alors que dans sa demi-finale retour face à la St-Pierraise, St-Denis était revenu à 2-2, c’est la jeunette du groupe, Camille Lutz, qui est venue apporter hier soir le point final. Rappelant par là-même à quel point cette équipe est un alliage réussi entre expérience et fougue... A 18 ans, la médaille de bronze aux Mondiaux juniors 2019 en double n’a pas tremblé face à Laura Gasnier, pourtant mieux classée qu’elle. Et envoyé du même coup les locales en finale du championnat de pro Dames, pour la toute première fois de leur histoire.
Certes, le gros du boulot avait déjà été effectué auparavant par Barbora Balazova, impressionnante de maîtrise hier face à Gasnier (victoire 3-1) puis contre la n°1 de l’équipe adverse, Noskova (victoire 3-0). A 2-2, les Dionysiennes étaient déjà hors de portée, même en cas d’une éventuelle victoire des visiteuses (du fait d’un plus grand nombre de sets remportés). Mais tout de même… Ce dernier point, Camille Lutz, accrocheuse, aura mis un point d’honneur à le faire tomber dans l’escarcelle dionysienne.

JPEG - 54.1 ko

« Cette équipe, c’est un bon mix entre l’expérience et nous les jeunes, résumait bien la benjamine du groupe, qui a intégré tout récemment le dispositif départemental Génération Jeux en même temps que sa coéquipière Leili Mostafavi (soutien financier à 30 athlètes préparant les Jeux de Paris 2024). On est à l’écoute de Barbora, qui a fait des milliers de compétitions qu’on ne connaît pas encore. Et Prithika, Leili et moi, on vit ensemble au quotidien, on s’entraîne ensemble. Ça marche vraiment bien : on est une équipe soudée. »
« Une équipe homogène », complétait dans la foulée Qiwen Xiao. Privée de sa n°2, Xiaoxin Yang, absente, et de Prithika Pavade, en phase de reprise après avoir contracté le Covid, la coach du SDUS avait choisi de faire confiance aux « rookies » du groupe : Leili Mostafavi et Camille Lutz. Et elle n’a pas eu à le regretter. Là où Leili avait à l’aller apporté le point décisif face à Lucie Gauthier, c’est donc cette fois Camille Lutz qui finissait le boulot, de son style délié et décomplexé (victoire 3-2 face à Gasnier et défaite d’un rien 2-3 face à la Russe Noskova, 59e mondiale juste avant…)

"Année dure"

JPEG - 50.2 ko
Le bilan, c’est Barbora Balazova, patronne de la soirée, qui se chargeait de le tirer : « C’est une saison incroyable. Je suis vraiment contente pour le club car ça n’a pas été une année simple. Le décès de Nicolas (Greiner) nous a toutes secouées. Et nous voici en finale, alors qu’au départ on jouait le maintien… », se souvenait l’internationale slovaque, 54e mondiale.
Une fois de plus, la mémoire de l’ancien coach de l’équipe féminine, décédé en octobre dernier d’un arrêt cardiaque, était encore dans toutes les têtes, même si les jeunes du groupe, particulièrement proches de lui puisqu’il les entraînait aussi à l’INSEP en tant responsable de l’équipe de France juniors, l’abordaient plutôt à mots couverts. « C’a été une année dure : pour le ping, mais aussi émotionnellement. Mais il faut rebondir, c’est la vie, c’est comme ça. Je suis contente de vivre cette aventure avec ce groupe. Au-delà d’être partenaires, on est amies », soufflait Prithika Pavade, fidèle au poste pour encourager ses copines. « C’est une année super étrange. Pour Camille et moi, le championnat est une des seules compétitions qu’on a pu jouer cette année. Ça a mis du piment dans la saison. Et puis, on veut bien faire pour Nicolas. Il est évident qu’il est présent dans nos têtes à toutes. Et il y sera encore pour la finale... », témoignait Leili Mostafavi, un rien déçue de s’être inclinée jeudi soir face à Gauthier (2-3), mais tellement heureuse d’aller au bout de l’aventure.

JPEG - 55.9 ko

La finale… Les Dionysiennes, tout à leur joie de tenir leur billet, ne s’y projetaient pas encore : trop lointaine et encore floue. Dans l’autre demi-finale, Saint Quentin et Metz ne se sont en effet même pas affrontés à l’aller, en raison de cas contacts dans l’effectif mosellan. Pour rappel tout de même : Saint-Denis avait battu l’un comme l’autre en saison régulière, les deux fois à l’extérieur (0-3 contre St Quentin, 2-3 contre Metz). D’ici au 18 mai, jour de la finale aller, cela fait loin pour rester mobilisées ? « Au contraire c’est intéressant car cela donne du temps pour s’entraîner, notamment pour les jeunes », lâchait Qiwen Xiao. On peut faire confiance à cette fan du jeu d’échecs pour arriver avec un bon plan de bataille le jour J.

Christophe Lehousse
Photos : ©Sylvain Hitau

à lire aussi
Saint-Ouen Football

Younès Ghabaoui, gamin de Saint-Ouen

Joueur du Red Star depuis l’âge de 9 ans, Younès Ghabaoui s’est imposé comme titulaire dans son club de toujours, pour sa première année chez les pros. Après avoir connu une belle épopée en Coupe de France, cet arrière gauche de 23 ans rêve maintenant d’une montée en Ligue 2, dans un stade Bauer rénové.

Saint-Ouen Football

Le Red Star a fait peur au grand Lyon

La magie de la Coupe de France a failli refrapper, jeudi 8 avril… Dans son 8e de finale, le Red Star a fait trembler Lyon, géant de L1, qui ne s’est sauvé qu’aux tirs au but. Héroïques, les Audoniens, pourtant menés 0-2, avaient trouvé les ressources pour revenir à 2-2. Ils disent adieu à la Coupe, après un brillant parcours qui les a notamment vus battre Lens au tour précédent.