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Les filles de St Michel Auber 93 ont fait connaissance avec l’Enfer du Nord

Samedi 16 avril, l’équipe féminine de St Michel Auber 93 a vécu son premier Paris-Roubaix. Le baptême du feu des « Madeleines » n’a pas été de tout repos : après une chute collective, 4 d’entre elles finissent en tir groupé, à 9 minutes de la vainqueure, l’Italienne Longo Borghini. Mais elles sont allées au bout de Roubaix.

Dès le premier secteur pavé, les Madeleines auront compris pourquoi Paris-Roubaix s’appelle l’Enfer du Nord : entre Hornaing et Wandignies, à 80 km de l’arrivée, là-même où l’Anglaise Lizzie Deignan avait construit en 2021 la toute première victoire de l’histoire sur le Paris-Roubaix féminin, Barbara Fonseca, Simone Boilard et Margot Pompanon se trouvaient prises dans une chute massive provoquée par la championne du Luxembourg Christine Majerus.

Elodie Le Bail, elle, passait entre les gouttes, mais pas pour longtemps. La Bretonne, arrivée cette année chez Auber 93, était victime d’une crevaison dans ce même secteur qui condamnait ses espoirs de se mêler à la bataille devant. Dommage, elle qui avait fait tant d’efforts pour revenir rapidement d’une fracture de la clavicule survenue en mars.

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Devant, la course était partie et ne se retournerait plus. Dans le secteur pavé entre Pont-Thibault et Ennevelin, à 40 km de l’arrivée, on avait beau plisser les yeux pour voir du Orange, la couleur des maillots de St-Michel, on ne voyait que le soleil qui poudroie et l’herbe qui verdoie. Et un trio de tête impressionnant : la Belge Lotte Kopecky, l’Italienne Marta Bastianelli et la Néerlandaise Lucinda Brand.

On se disait déjà que la victoire allait se jouer entre ces trois-là quand la championne d’Italie Longo Borghini, qu’on ferait bien de rebaptiser Lamborghini, rentrait sur le trio de tête et plaçait un contre, dans le secteur pavé de Templeuve. Les trois autres ne la reverraient plus avant la ligne. Et pendant que l’Italienne de 30 ans, qui avait déjà fini 3e du Paris-Roubaix 2021, s’envolait vers la victoire, derrière, les Madeleines serraient les dents.

"Fait de course absurde"

Simone Boilard, 61e sur la ligne, Margot Pompanon, 65e, Perrine Clauzel, 67e, et Barbara Fonseca, 70e, finissaient par rentrer dans le vélodrome de Roubaix avec 9 minutes de retard sur la vainqueure du jour. Mais la satisfaction d’avoir terminé la classique la plus difficile au monde était une maigre consolation.

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« Je suis déçue parce que cette chute un kilomètre avant le premier secteur pavé nous condamne de suite. Pourtant, on roulait devant, dans les 20 premières, justement pour éviter ce type de mésaventure. Paris-Roubaix, c’est impitoyable parce que c’est vraiment 50 % de chance, 50 % de talent, plus que dans d’autres courses. Mais c’est aussi ce qui fait que c’est si beau », regrettait Barbara Fonseca, le visage maculé de poussière.

« C’est dur parce qu’on a l’impression de ne pas avoir pu s’exprimer comme on le voulait. Tout ça pour un fait de course un peu absurde. Ensuite, dans la poursuite pour rentrer sur le premier groupe, j’avais les jambes, mais on n’a jamais pu rentrer. J’ai l’impression désagréable que la course était déjà terminée avant même d’avoir commencé… », renchérissait la Québécoise Simone Boilard qui aurait bien lâché un « tabernacle » si elle n’était si bien éduquée...

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Le podium : l’Italienne Elisa Longo Borghini vainqueure, la Belge Lotte Kopecky sur la 2e marche, la Néerlandaise Lucinda Brand 3e

Près du bus de l’équipe, Charlotte Bravard, la directrice sportive, était surtout dans l’écoute et la retenue au moment de debrief : « Je comprends la déception des filles parce qu’elles voulaient vraiment bien faire pour leur premier Paris-Roubaix. Bien sûr, il va falloir analyser ce qui s’est mal passé, mais il y a aussi du positif : les filles ont su aller au bout, et de la course et d’elles-mêmes », soulignait-elle après coup. Celle qui a été pro à la Française des Jeux sait trop bien qu’à chaud, il ne sert à rien d’attiser les regrets, de réveiller les "et si" et les "tu aurais dû"…

5 classées sur 6

Dans sa 11e année d’existence, l’équipe féminine de St Michel, qui vient de monter en 2e division, a tout simplement fait l’apprentissage du niveau international. Soutenues par le Département, qui était représenté samedi par la conseillère déléguée au sport Zaïnaba Saïd Anzum, les Madeleines auront aussi l’occasion de connaître une autre grande première en juillet : le Tour de France féminin.

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Dans l’aire d’arrivée, Alison Avoine recevait quant à elle la consolation de ses parents, venus en voisins. Native de Neuvilly, tout près de Denain, la Madeleine de 22 ans était en effet la locale de l’étape. Et aura été admirable de courage, refusant d’abandonner malgré une vilaine chute qui l’aura mise à l’envers dès la mi-course. « Je voulais tellement voir le vélodrome », lâchait-elle entre deux sanglots, juste après avoir passé la ligne à la 89e place.

Deux jours plus tard, le sourire était déjà légèrement revenu, avec la belle 8e place de Simone Boilard sur la Ronde de Mouscron, elle aussi redoutée pour ses secteurs pavés. Et pour se remettre définitivement de leurs émotions, sur la route du retour vers Auber, une partie de l’équipe s’accordait même une journée au parc Astérix. On vous le dit, cette équipe ne craint qu’une chose : que le ciel lui tombe sur la tête.

Christophe Lehousse
Photos :©Auguste Devaire

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