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Les départements de petite couronne menacés par la réforme territoriale

Jeudi 11 janvier, les 7 présidents de Département d’Ile-de-France ont tenu une conférence de presse exceptionnelle pour redire leur opposition à la réforme territoriale annoncée, qui menace de faire disparaître les départements de petite couronne. EXPLICATIONS.

Ils s’étaient déjà réunis à la mi-octobre pour alerter sur les projets de réforme territoriale du gouvernement. Jeudi, Stéphane Troussel (Seine-Saint-Denis), Christian Favier (Val-de-Marne), Patrick Devedjian (Hauts-de-Seine), François Durovray (Essonne), Pierre Bédier (Yvelines), Jean-Jacques Barbaux (Seine-et-Marne) et Marie-Christine Cavecchi (Val d’Oise) ont remis ça au siège de l’Assemblée des Départements de France (ADF) pour dire leurs inquiétudes face au tour bien particulier que pourrait prendre la Métropole du Grand Paris.

Selon plusieurs sources concordantes, le scénario concocté par le préfet de région plaide en effet pour une métropole dans laquelle les départements de petite couronne disparaîtraient tout bonnement, les 11 établissements publics territoriaux (les anciennes communautés d’agglomérations) venant se substituer à ces derniers.

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Un scénario qui met les présidents de la Seine-Saint-Denis, du Val-de-Marne et des Hauts-de-Seine en alerte, soutenus par les 4 autres.
Ce qu’ils craignent plus que tout dans cette réforme annoncée, c’est en effet la dégradation des services publics assurés par les Départements et leurs agents pour les habitants. « Là où Emmanuel Macron souhaite un big bang territorial, il risque surtout d’y avoir un trou noir pour nos services publics de proximité » insistait ainsi Stéphane Troussel. Pour ne parler que de la Seine-Saint-Denis, le département assume en effet des missions essentielles auprès de ses habitants : la construction et la rénovation des collèges (24 nouveaux collèges entre 2012 et 2020), la gestion de 8 parcs départementaux ou encore un réseau de 55 crèches départementales. Sans parler des missions non obligatoires, mais que le Département se fait fort de mener à bien comme les parcours éducatifs dans les collèges, les services de dépistage d’IST ou de la tuberculose ou encore les dispositifs pionniers en matière de lutte contre les violences faites aux femmes. Des compétences et des savoir-faire qui ne seraient sûrement pas repris en l’état si les départements de petite couronne venaient à disparaître…

Pire, au moment où la Seine-Saint-Denis s’impose comme un moteur du Grand Paris des projets avec le Grand Paris Express ou les Jeux olympiques et paralympiques 2024, ce chamboule-tout risque d’avoir un impact négatif sur les transformations positives attendues par les habitants. Pour Stéphane Troussel, « le Grand Paris des projets, c’est la priorité, et on ne peut pas prendre le risque de ralentir pour mener un scénario inefficace et infaisable, alors qu’il faut au contraire être en mesure d’accélérer les investissements sur notre territoire ».

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Car au-delà de la seule question des compétences, la métropole telle qu’elle se dessine sous le stylo centralisateur du préfet de région, avec un Paris sanctuarisé et une petite couronne éclatée en 11 sous-départements, risque d’aggraver les inégalités qui minent le développement de la métropole. « Le Grand Paris doit être un outil en faveur de l’égalité territoriale et au final, c’est le Grand Paris sans Paris, la métropole des riches qui plombera les dynamiques de rééquilibrage et de développement que nous portons  », fait encore valoir Stéphane Troussel hier. Si Paris peut être un territoire à 2 millions d’habitants, pourquoi la Seine-Saint-Denis avec 1,5 million d’habitants devrait-elle être découpée en 4 et rayée de la carte ? », interroge-t-il.

Alors qu’aucune véritable concertation n’a été menée avec les Départements et que les rendez-vous prévus avec le président Macron ont été sans cesse annulés à la dernière minute, les sept présidents de Département ont exigé de rencontrer le président de la République sans attendre une hypothétique conférence territoriale d’Ile-de-France, et sont bien décidés à mener des actions pour démontrer qu’une autre voie est possible.

Crédit photos : Alexis Harnichard

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