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Le fabuleux destin d’Iris Bry

Nommée aux César pour son premier film Les gardiennes, de Xavier Beauvois, Iris est née à la clinique des Lilas ; a grandi à Bagnolet, étudié au collège Colonel-Fabien et travaillé à la librairie Folies d’encre à Montreuil. Interview.

De quelle manière êtes-vous attachée à la Seine-Saint-Denis ?
La Seine-Saint-Denis c’est là où ma mère habite. Là où mon beau-père -dont je suis assez proche- habite. C’est là où j’ai mon réseau d’amis à Montreuil mais aussi aux Lilas. Ma tante habite Pantin. Disons que mon cercle amical et familial se trouve beaucoup en Seine-Saint-Denis. Il se trouve que j’y ai travaillé, l’été au collège, c’est là que j’ai commencé la musique surtout. En primaire à Bagnolet. C’est une femme qui s’appelait Claire Caillard qui donnait des cours au conservatoire de Bagnolet. Elle m’a d’abord fait chanter dans l’école avec tout le monde et qui m’a repérée et invitée au conservatoire de Bagnolet. C’est là que j’ai pris connaissance du conservatoire de Montreuil, des classes CHAM (Classe à horaire aménagé musique) c’est pour cela que je suis allée à la Boissière. De fil en aiguille j’ai fait la Maitrise de Radio France. J’ai dû bouger à Paris alors. La Seine-Saint-Denis c’est vraiment là que j’ai grandi. Que j’ai fait mes attaches à la musique, à la danse.

Est-ce la première fois que vous participez au Festival Vox ?
En tant que lectrice oui. Mais ayant travaillé à Folies d’encre pendant deux ans et demi j’y ai été du côté libraire. Pendant Vox il faut savoir que les libraires deviennent encore plus polyvalents qu’ils ne le sont d’habitude. Ils doivent monter la scène le matin où vont se produire des musiciens. Il y a les Fabulous lectors qui sont des lecteurs ou des comédiens qui lisent toute la journée, dans la rue, des poèmes, qui font des spectacles pour enfants. Il y a des lectures dans le noir. Les libraires assurent les différents stands dans les différents événements, les différents lieux. C’est presque une performance de libraire aussi… en même temps il faut tenir la boutique. Il faut être un peu partout tout le temps à la fois. Je l’ai fait deux années de suite du côté des libraires et cette année j’étais lectrice au conservatoire, à l’auditorium de Montreuil. D’ailleurs lorsque j’étais libraire, Folies d’encre m’a offert une formation de lecture à voix haute pendant une semaine au sein de ce festival et c‘est là où j’ai découvert la lecture à voix haute.

Vous étiez aux côtés d’Ariane Ascaride et Romane Bohringer ?

On a lu chacune notre tour. Ariane Ascaride un texte d’Anna Seghers, littéraire, qui mine de rien retrace tout le 20e siècle : la Guerre de 14, la Seconde Guerre mondiale, à travers les yeux d’une femme. Romane Bohringer lisait quelque chose qui lui va très très bien avec sa voix un peu grave, rock, King-Kong théorie de Virginie Despentes, un texte très important sur le viol. Un texte sans âge, du noir et blanc, indémodable, qui dans 30 ans sera toujours aussi pertinent. Un texte vraiment très intelligent qui dépasse le témoignage. Et moi j’ai lu Florence Aubenas, Le quai de Ouistreham. L’idée c’était d’avoir trois voix de femmes différentes, trois âges différents, trois manières de lire différentes. L’idée était de survoler le 20e et le 21e siècle. On a lu chacune notre tour… très simplement.

C’est vous qui avez choisi vos textes à lire ?
C’est moi avec Jean-Marie Ozanne et Amanda Spieghel. C’est moi qui ai eu l’idée. Les contraintes étaient : une voix de femme, une auteure femme qui correspondent à peu près à ma génération. Cette dimension sociale de la crise, de la crise de l’emploi et de ses errances à Pôle Emploi me semblait assez pertinent.

Comment avez-vous vécu le moment ?

Forcément avec un petit peu d’appréhension. C’est normal lorsqu’on monte sur scène. Mais ayant fait la maitrise de Radio France c’est quand même 30 productions par an. Plus de bonheur que d’appréhension car c’était un public très chaleureux et bienveillant. Un moment convivial. Beaucoup de gens que je connaissais, de Montreuil. Je l’ai très bien vécu. J’ai pris beaucoup de plaisir à lire. Je pensais que je n’avais pas du tout assez travaillé. Mais une fois sur scène je me suis rendu compte qu’à force d’avoir peur de ne pas avoir travaillé j’avais beaucoup travaillé. Je me sentais à l’aise avec le texte. J’ai pu jouer avec. Jouer sur le rythme. Ce texte, Le quai de Ouistreham, est un peu kafkaïen, il montre l’absurdité de ce monde, au niveau administratif. Du coup c’est aussi drôle que tragique.

Et sur le tournage de Xavier Beauvois vous étiez stressée ?
Oui, je n’avais jamais vu ne serait-ce qu’un plateau. Et en même temps Xavier Beauvois m’a beaucoup désacralisé ce que ça pouvait être de jouer. J’ai été très mise en confiance, c’est ce qui m’a permis de ne pas me débiner, de croire en moi. ça ne veut pas dire que je n’avais jamais d’angoisses. N’importe quel comédien en a. Tout ça dépend des scènes, du jour, de plein de choses. J’ai tellement foncé dans cette expérience en étant un peu vierge de tout que il y a peut-être plein d’angoisse que je n’avais pas et que j’aurais au prochain tournage. Maintenant que je sais ce que c’est qu’un plateau. Il y a la métaphore du saut à l’élastique que j’adore. La première fois on y va. Et la deuxième on se demande si ce n’est pas un peu trop haut. Est-ce que je ne ferais pas mieux de faire comme ci ou comme ça. J’étais angoissée, bien sûr, j’avais du stress, du trac avant chaque prise.

Comment de temps a duré ce tournage ?

Trois mois.

C’est long pour un saut à l’élastique ?
Bien sûr je n’étais pas du tout la même la première semaine que la dernière. Mais il y a eu beaucoup de première fois dans ce film. La première scène nue. La première scène d’amour. La première scène où on a une colère à sortir, ou bien une tristesse extrême. La première fois où il faut parler devant la caméra. La première apparition. Quand c’est le premier film et qu’on n’a jamais été comédienne….

Pour un premier film, vous étiez avec les meilleurs ?
En effet, c’est un film de Xavier Beauvois avec une cheffe opératrice Caroline Champetier qui a travaillé pour Truffaut, Leos Carax, Godard. La musique de Michel Legrand. Produit par Sylvie Pialat. Les costumes faits par une costumière qui a eu deux ou trois César je ne sais plus du meilleur costume. C’était assez exceptionnel.

Avez-vous rencontré Michel Legrand d’ailleurs ?
Oui, il est venu à la dernière fête de fin de tournage nous interpréter quelques morceaux au piano et a remis la Légion d’honneur à Xavier Beauvois.

Vous chantez d’ailleurs dans ce film…
Oui des chansons d’époque. J’ai appris une dizaine de chants pour que Xavier puisse en choisir. C’était important que Francine (mon personnage) chante des chansons qui correspondent à son appartenance sociale. Xavier a mis très peu de musique ou en tout cas avec beaucoup de parcimonie.
Quels sont vos projets ?
J’ai des projets qui commencent à se faire sentir. Mais rien n’est jamais sur dans le cinéma. J’ai fait beaucoup de castings. Je sens que tout ça fait sa route mais c’est potentiellement assez lent. Je n’ai rien signé dont je pourrais parler. Mais les choses se profilent plutôt bien.

Avec qui aimeriez-vous tourner d’ailleurs ?

Bouli Lanners, Leos Carax. Dans mes rêves Campillo, en plus je l’ai rencontré plusieurs fois et humainement génial. Maïwen. Michel Hazanavicius. Samuel Benchétrit. Michel Leclerc qui était mon voisin à Bagnolet et Baya Kasmi. Ils ont tourné le Nom des gens à Bagnolet et Télé Gaucho. J’aime leur cinéma.

Propos recueillis par Isabelle Lopez

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