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Jeunes contre le sexisme Montreuil

Le brevet contre le sexisme, une première en France

Le 9 juin, 920 collégien∙ne∙s de Seine-Saint-Denis se sont vu∙e∙s décerner un diplôme pour une plus grande égalité filles/garçons au cinéma Le Méliès à Montreuil, dans le cadre du dispositif Jeunes contre le sexisme. Cette initiative du Département de Seine-Saint-Denis est sans précédent.

La salle du cinéma Le Méliès était comble et noire de monde ce jeudi à Montreuil. Ce n’était pas le dernier « Top gun » qu’attendaient fébrilement les adolescent∙e∙s, mais les nombreuses productions réalisées par des collégien∙ne∙s de 3ème, venu∙e∙s de tout le département et la remise par les élu∙e∙s d’un brevet unique en son genre. Vidéos humoristiques, remake de dessins animés, poésies, affiches ou encore pièce de théâtre, tous∙te∙s ont planché sous différentes formes, au cours des ateliers étalés sur une année, sur la question des discriminations et des violences liées au sexisme.

Employer la légèreté pour combattre un fléau

« Le travail des jeunes est vraiment exceptionnel cette année, ils s’expriment avec beaucoup de liberté et on sent que l’expérience des accompagnants artistiques y est aussi pour beaucoup... » s’enthousiasme Ernestine Ronai, directrice de l’Observatoire des violences faites aux femmes à l’origine de l’événement. Pour cette treizième édition, l’association Féminisme-Enjeux, la compagnie Synergie-Théâtre, une réalisatrice et une slameuse ont incité les élèves à s’emparer d’un ensemble de techniques artistiques pour dénoncer les violences sexistes et sexuelles.
« J’ai incité les jeunes à choisir la thématique de leurs choix et à imaginer soit la forme et le texte d’une affiche, soit le scénario d’un court-métrage que nous avons réalisé en classe ou au CDI » annonce l’intervenante cinéaste Émilie Desjardins. Les élèves, qui tournaient pour la première fois, ont révélé de réels talents de scénaristes doublés d’humoristes et un plaisir non feint de « faire les acteurs comme à Hollywood ».
Les collégien∙ne∙s formé∙e∙s au slam ont impressionné leurs camarades par l’authenticité de leurs textes parfois teintés de souffrance, évoquant le viol d’une soeur ou les violences intrafamiliales... Une vraie catharsis pour Rosaire, fascinée par la liberté qu’offre la scène. « Slamer devant le public, cela t’aide à parler de ce que tu as vécu et bizarrement de reprendre confiance en soi. Et puis, cela montre aux garçons que le sexisme est une chose très sérieuse qui peut mener à des drames ».

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Un brevet innovant unique en France

Le Président de la collectivité territoriale Stéphane Troussel et la Vice-Présidente à l’égalité femmes/hommes Pascale Labbé ont remis le tout premier brevet départemental de lutte contre les comportements sexistes et violents aux 920 élèves lauréat·e·s. Pour obtenir cette distinction, les collégien·ne·s de 12 établissements ont répondu début mai à un questionnaire à choix multiple, lors d’une épreuve sur table et ont obtenu au moins 15 bonnes réponses sur 20.
« L’examen portait sur les droits fondamentaux des femmes, les stéréotypes et comportements discriminants, les abus et l’attitude à adopter face à des situations vécues directement ou indirectement » précise Carole Barbelane, chargée de projets à l’Observatoire des violences faites aux femmes, institution associée à la démarche. L’objectif « politique » du Département vise ainsi à sensibiliser les adolescent·e·s de 13, 14 ans, à l’âge estimé des premières relations amoureuses. Cette initiative, proposée par le collectif Nous Toutes a convaincu le Président du Conseil départemental Stéphane Troussel, qui l’a mis en place à titre expérimental et a écrit à plusieurs reprises au Ministère de l’Éducation pour l’élargir au niveau national. « Nous n’avons pas eu de réponse mais nous espérons inspirer d’autres territoires » indique-t-il.

Les jeunes Amani, Sarah, Inès... sont beaucoup plus informées que les générations précédentes, selon leur professeur de français, également référente égalité du collège Georges-Politzer à Montreuil. Ces adolescentes, qui parlent déjà de « lutte contre le patriarcat et la grossophobie » mettront en avant leurs ateliers slam pour gagner des points supplémentaires lors du passage du brevet du collège. Une façon de mettre à profit leur « parcours d’émancipation » en montrant à tous·te·s que le féminisme ne doit pas être séparé des enseignements académiques.


-  Courts-métrages réalisés par Émilie Desjardins et les élèves des collèges Dora-Maar de Saint-Denis et Liberté de Drancy

Pas si bêtes from Emilie Desjardins Réalisation on Vimeo.

On me dit chut ! from Emilie Desjardins Réalisation on Vimeo.


-  Slam présenté par Fatimata du collège Jean-Zay de Bondy

Piratage

Cela s’est passé le 24 février
Elle a 13 ans et lui 15 ans.
C’était un jeune du quartier.
Leurs parents se connaissaient.
Ils étaient en couple en cachette
Ce jeune homme lui a envoyé
un message snap Qui disait « Envoie »
Mais la jeune fille ne comprend pas.
Elle répond donc « quoi ?? »
« Envoie des photos de toi »
Elle lui envoie des photos d’elle
Une où elle se trouvait belle
Mais on ne voyait que sa tête
Et cela posait problème à son mec
« envoie des photos de toi où on voit tes S et tes F »
Elle répond « NON »
Il s’énerve et prend la décision
de pirater le compte de sa meuf
En rentrant dans le compte snap de sa copine il a trouvé
Une vidéo d’elle pour ses copines du cycliste qu’elle vient d’acheter.
Ces formes ressortaient il a aimé cette vidéo
Il se l’est envoyé pour la montrer à ses gadjos
Cette fille a eu une réputation de « bip »
par la suite
Ses parents n’étaient pas au courant
Dans sa tête c’était l’embrouille, c’était plus que gênant
Dans sa tête c’était l’embrouille, c’était plus que gênant

Heureusement qu’elle avait des gens à qui parler,
Puis d’un coup, sans raison, l’histoire s’est terminée
la vidéo et le compte supprimé
la mère du gars l’avait supplié de tout arrêter
Aujourd’hui cette fille s’est relevée
Elle s’est relevée et a gagné

Si seulement elle avait su mettre des mots de passes compliqués
Si seulement elle avait pensé a mettre des mots de passes de qualités
Elle serait restée dans la tranquillité.
En réalité, ce n’était pas elle de se méfier
Ce mec lâche en a profité
en quelques clic il a réussi à l’ humilier !

Heureusement qu’elle avait des gens à qui parler,
Aujourd’hui cette fille s’est relevée
Elle s’est relevée et a gagné !

Crédit-photo : Franck Rondot

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