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Le Red Star a fait peur au grand Lyon

La magie de la Coupe de France a failli refrapper, jeudi 8 avril… Dans son 8e de finale, le Red Star a fait trembler Lyon, géant de L1, qui ne s’est sauvé qu’aux tirs au but. Héroïques, les Audoniens, pourtant menés 0-2, avaient trouvé les ressources pour revenir à 2-2. Ils disent adieu à la Coupe, après un brillant parcours qui les a notamment vus battre Lens au tour précédent.

Est-ce ce stade Bauer si particulier ? Ou l’esprit du centenaire de la première victoire en Coupe de France des Audoniens ? Toujours est-il qu’entre la Coupe de France et le Red Star, il y a vraiment une alchimie. Celle-ci a encore failli propulser le club de National (3e division) au tour suivant, cette fois-ci face au grand Lyon, qui n’a dû son salut qu’à une séance de tirs au but, remportée 4-5, au bout de la nuit.
Et comme le foot se plaît souvent à être cruel, c’est l’un des héros de la qualification au tour précédent face à Lens, Diego Michel, qui aura manqué son penalty face au gardien lyonnais Pollersbeck, avant que Toko Ekambi n’envoie définitivement les Gones en quarts de finale.
Selon les tempéraments, cette élimination avec la manière faisait souffler le chaud et le froid au camp audonien. « On ne peut pas parler de déception ce soir. Evidemment, on aurait aimé réaliser l’exploit et on ne passe pas loin, mais dans nos têtes, c’était de toute façon un match bonus, l’essentiel étant le championnat. C’est ça qui nous permettra de revoir la Ligue 2, pas la Coupe. Donc non, ce qui prime ce soir, c’est la satisfaction d’avoir accroché Lyon », retenait Edouard Daillet, capitaine courage du Red Star.
Un peu plus dépité, Jimmy Roye, buteur et passeur décisif hier, lâchait quant à lui : « On passe à côté de quelque chose de grand ce soir. C’est dur. On peut avoir des regrets parce qu’on leur fait deux cadeaux en première période. Ensuite, on n’a pas été ridicules. On s’est créé des situations, des coups à jouer, face à une équipe qui jouait quand même la demi-finale de Ligue des Champions il y a 9 mois. C’est comme ça... »

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Probable que le film de cette soirée, les locaux se le repasseront un petit bout de temps. Face à un Lyon privé de quelques titulaires habituels comme son gardien Lopes, Aouar ou Slimani, mais tout de même bien armé, la soirée avait débuté timidement.
Poussés par le peuple vert, qui avait trouvé le moyen de dribbler le huis clos en encourageant son équipe depuis le fameux immeuble Z situé derrière un des buts du stade Bauer, ce sont les locaux qui commençaient par marquer leur territoire. Baye Mayoro N’Doye centrait pour son homonyme Cheikh N’Ddoye dont la tête passait juste au dessus. Et puis, à la 27e, la panne de courant… Le portier audonien Adiceam relançait plein axe sur le Lyonnais Thiago Mendes, qui décalait pour le maestro brésilien Paqueta, et Lyon se voyait en tête du tableau d’affichage sans avoir fait grand-chose pour le mériter (0-1). A la 44e, c’est-à-dire au pire moment, rebelote : après un énorme cafouillage dans la surface des locaux, Paqueta - encore lui - héritait du ballon et transmettait à son capitaine Memphis Depay. L’international hollandais n’avait plus qu’à pousser le ballon dans le but vide (0-2).
Une première période qui inspirait au coach du Red Star, Vincent Bordot, le commentaire suivant : « On peut avoir des regrets parce qu’on a commencé par faire exactement ce contre quoi je les avais mis en garde. Tu ne peux pas faire d’erreurs face à ce genre d’équipe et on en fait deux qu’on paye cash. Mais après, on a montré de vraies valeurs. A partir de la 50e, on a été plus agressifs sur le porteur de balle, et ça a marché. Enfin presque... »

Coup franc juninhesque

Au retour des vestiaires, la musique du Red Star allait en effet se faire moins ronronnante. Solidaires et valeureux, les locaux laissaient d’abord passer la bourrasque lyonnaise : Daillet sauvait sur sa ligne sur une frappe à bout portant de Depay (53e), action qui allait provoquer indirectement un certain relâchement des visiteurs.
Puis Pape Meïssa Ba, déjà buteur face à Lens, remettait ça contre les Gones, en ajustant tranquillement Pollersbeck après un bon service de Jimmy Roye (60e). 1-2 : le Red Star bougeait encore... Il bougeait même franchement quand à la 72e, un coup franc aux 20 mètres de Jimmy Roye, que n’aurait pas renié Juninho, se logeait dans la lucarne adverse. Cette égalisation insolente déclenchait la tempête sous les crânes lyonnais et la folie chez les supporters de l’immeuble Z. Leur feu d’artifice rouge et vert, tiré dans le ciel de Bauer, rappelait à quel point ce club est spécial et unique en France.
Les artificiers lyonnais - Cherki et Paqueta en tête - avaient ensuite beau déclencher la riposte, il se trouvait toujours un pied ou un dos pour sauver in extremis. Les hommes de Rudi Garcia devaient se rendre à l’évidence : cette affaire-là se jouerait aux tirs au but, les prolongations ayant été supprimées cette année en Coupe (à l’exception de la finale) pour ne pas trop tirer sur les organismes. Aux tirs au but, autrement dit à pile ou face... Avec toute la cruauté que cela comporte.

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Six ans après son dernier 8e de finale en Coupe - où il avait cette fois été éliminé par... Saint-Etienne - le Red Star n’a en tout cas pas à rougir. Optimiste devant l’éternel, le capitaine Edouard Daillet tenait d’ailleurs à retenir le positif de toute l’épopée audonienne de cette saison : « On a fait un beau parcours de Coupe, on a croqué dedans à pleines dents. On peut se dire qu’on a profité de l’instant. Evidemment, ce genre de match représente aussi de la fatigue. Mais je suis du genre à voir le verre à moitié plein : on va dire que ça nous amène de la force et de la confiance. » Qu’on se rassure : cent ans après, l’esprit Coupe est encore là…

Photos (corps de l’article) : ©Dumè Alfonsi

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