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Lutte contre les violences Saint-Denis

Le Département apporte sa pierre à l’extension de la Maison des femmes de Saint-Denis

Vendredi 8 mars, la Maison des femmes de Saint-Denis fêtait la pose de la première pierre de son annexe, annoncée pour début 2020. L’occasion de revenir sur le travail de cette structure unique en son genre, ouverte en 2016 pour venir en aide à toutes les femmes qui le souhaitent.

Vendredi 8 mars, journée internationale des droits des femmes, une centaine de personnes se serre à l’étage de la Maison des femmes, devant une galerie de tableaux colorés rendant hommage à des femmes célèbres. « Vous voyez, preuve que nous étions un peu à l’étroit ici ! », ironise Ghada Hatem, la médecin à l’origine de cette structure pionnière.
Ouvert en 2016, ce lieu aéré et coloré, adossé à l’hôpital Delafontaine de Saint-Denis, a en effet malheureusement déjà eu le temps de faire ses preuves : 50 consultations par jour, et environ 30 nouveaux cas de femmes victimes de violences par semaine…
Son caractère novateur ? Il réside dans son approche pluridisciplinaire, concentrant en un seul lieu toutes les spécialités dont une femme victime de violences peut avoir besoin au cours de son parcours de reconstruction. Médecin gynécologue obstétricien, sages femmes, psychologues, psychiatres, médecin légiste, sexologue, conseillère conjugale et familiale, avocate, assistante sociale et même animatrices d’ateliers d’art-thérapie, elles sont ainsi une trentaine à travailler sur place, assurant un parcours de soins sans interruption aux femmes. « Souvent, une femme qui se décide par exemple à porter plainte pour violences doit concentrer toute son énergie là-dessus. Si on lui dit d’aller par elle-même voir une psychologue ou un autre spécialiste, elle ne le fera pas. Là, nous travaillons tous et toutes de concert », explique Mathilde Delespine, sage-femme coordinatrice de l’unité d’accompagnement des femmes victimes de violences.
Outre cette unité, la Maison compte également un centre de planning familial où sont notamment pratiquées ou programmées quelque 1000 IVG (interruption volontaire de grossesse) par an et un autre secteur dédié aux femmes victimes de mutilations sexuelles, comme l’excision.

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Pendant que les élus et invités sortent dans le petit jardin où l’extension doit sortir de terre début 2020, Ghada Hatem détaille par le menu ce qu’apportera cette annexe. « Elle va nous permettre d’accueillir les femmes dans de meilleures conditions car là, nous nous marchions un peu dessus. Nous allons aussi pouvoir accueillir des policiers formés expressément pour prendre les plaintes des femmes victimes de violences, ce qui est une grande avancée ».
900 000 euros, c’est ce qu’aura coûté cette extension, pour laquelle l’équipe de la Maison des femmes aura une fois de plus remué ciel et terre. Une somme répartie entre Etat, région, ville de Saint-Denis, diverses Fondations et le Département, qui maintient son engagement auprès de la Maison des femmes après avoir déjà été à ses côtés lors de sa création. « La question de l’égalité femmes-hommes fait partie de l’ADN du Département depuis longtemps. Il était donc logique que nous continuions à répondre présent », soulignait le président de la Seine-Saint-Denis Stéphane Troussel, qui rappelait également l’ouverture d’un autre lieu dédié aux jeunes femmes victimes de violences, en juin à Bagnolet (voir encadré).
Créer des Maisons des femmes « un peu partout en France », c’est aussi le souhait de Ghada Hatem et son équipe. Une ambition déjà pour partie réalisée puisque le 7 mars a été inauguré le pendant bordelais de la Maison des femmes, qui compte aussi des répliques à Tournus et à Bruxelles. « Et nous espérons encore faire d’autres émules, pour que jamais une femme victime de violences ne soit laissée seule », annonçait Ghada Hatem, jamais à court d’énergie.

Christophe Lehousse
Photos : @Franck Rondot

Une nouvelle structure pour les jeunes femmes victimes de violences

En France, les jeunes femmes entre 15 et 25 ans sont les premières victimes de violences sexuelles, et moins de 10% d’entre elles sollicitent les services spécialisés. La Seine-Saint-Denis ne déroge pas à la règle et le Département s’est donc associé à l’Etat, aux villes de Paris et Bagnolet pour faire naître une maison destinée plus particulièrement à ces victimes. Située à Bagnolet, elle devrait ouvrir en juin de cette année et sera gérée par l’association Une femme un toit, spécialisée sur ce type de public. Cette structure devrait avoir la capacité de suivre plus de 500 jeunes femmes de Seine-Saint-Denis, du 19e et du 20e arrondissement.

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