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Larbi Benboudaoud, monument en or massif !

Derrière l’or de l’équipe de France mixte par équipe se cache Larbi Benboudaoud, un monstre d’entraîneur entraînant. Depuis son titre mondial en 1999 puis argent olympique en 2000, cet ex-professeur de judo de l’US Dugny a monté -avec succès- chaque marche jusqu’à directeur de la performance du judo français pour le mener au sommet de l’Olympe sous le nez des maîtres du jeu, les Japonais. Samedi, ses Bleus ont battu le Japon en finale (4 à 1) !

Si les éducateurs avaient un panthéon, ce natif de Dugny (47 ans) y serait entré depuis un bail. Si les éducateurs avaient droit à l’or olympique, cet entraineur ayant gravi tous les échelons jusqu’à directeur de la performance de l’équipe de France, aurait un cou blindé en or massif.
Si les éducateurs avaient un modèle à suivre, le sien sera top modèle à emboîter comme, très tôt, ce forçat des tatamis fut inspiré par son « Jeannot », Jean-Pierre Kammener, son mentor à Dugny aujourd’hui disparu : « Il ne faut jamais oublier d’où on vient. Il ne faut jamais oublier qui vous a montré la voie, martèle Larbi Benboudaoud. Il ne faut jamais oublier que chacun peut aussi montrer la voie. Alors, il ne faut jamais oublier être exemplaire. De là-haut, mon Jeannot doit être fier, de être content de cet happy end..? ».
A eux deux à Dugny, ils en ont découvert des gamins « comme, par exemple, l’actuel directeur des sports de La Courneuve… ».

« Du troisième sous-sol en haut de la pyramide… »

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Dans l’encadrement du sport français, ce huitième d’une fratrie de neuf, père de deux garçons, est l’un des rares à avoir tout connu, d’athlète à entraîneur, d’entraîneur de filles à directeur de la performance de l’équipe de France.
Comme il dit souvent, le Séquano-Dionysien est parti « du troisième sous-sol pour arriver en haut de la pyramide », jusqu’à faire un parallèle avec ses parents cafetiers au Bourget, « de la plonge à responsable de la chaîne du restaurants. Moi, du coup, on ne me la fait pas ! ». La réussite dans l’ombre de ce pur produit de la Seine-Saint-Denis aux racines actuelles à Drancy, cet élu deux fois meilleur entraîneur européen, la met en avant surtout « pour sortir des clichés, souvent négatifs, sur le 93. Mais, je ne veux pas être résumé à cette racine dont je suis si fier. Aujourd’hui, je me sens comme ambassadeur de valeurs universelles bien au-delà du 93…enfin, j’espère… ».

Sur sa chaise, en gardien du temple…

Depuis son élimination au premier tour des Jeux d’Atlanta en 1996, atteindre des sommets ne l’a jamais lâché. Un temps, entre les Douillet, Traineau et Bouras, captant un rayon de lumière avec son argent olympique en 2000 (moins de 66 kg) sous les couleurs de Dugny, le club de son cœur à jamais.
Un long temps, depuis 2009, sur la chaise, à distiller, à suggérer ou gueuler ses conseils de combat en combat, sur la chaise d’où ce considéré « comme un grand frère », a fondu une légion de médailles sautant au cou de ses filles : l’or olympique pour Lucie Décosse vue « comme une Mozart du judo » et Clarisse Abgegenou, l’argent olympique pour Amandine Buchard et Madeleine Malonga, le bronze pour Audrey Tcheuméo.
Dans l’ombre de sa chaise, son savoir entre « main de fer et gant de velours », entre gouaille et fermeté, joue la bienveillance « sans être intrusif », entre deux footings où il s’applique à les accompagner : « Les filles, si tu sais les prendre, tu les amènes bien plus loin que les gars… ».
Entre deux blagues, ce 7ème dan aime ses combats quotidiens, pratique l’exigence, cisèle son cadre, blinde ses bulles, guide ses cadres, persuade sa hiérarchie. Mais, depuis toujours, Larbi Benboudaoud tourne le dos « à se prendre trop au sérieux dans mon usine à gaz » pour veiller à prendre « de plus en plus de la hauteur, plus tu prends du galon ».
Son ego ne cherche pas à être flatter même s’il a été le premier à repérer la gamine Romane Dicko : « Certains ont besoin de briller, pas moi. Moi, je m’éclate à voir briller les autres, à les voir bosser, progresser et sourire quand ils montrent leur médaille aux autres. J’aime voir la méritrocatie récompensée. J’aime faire péter les plafonds de verre. J’aime voir la gagne devenir une contagion. Aux Jeux, en plus, elle devient apothéose ».

« Les Jeux, c’est un jour tous les quatre ans, rares et précieux donc, à ne pas gâcher… ».

Pendant l’épreuve mixte par équipe de samedi, première fois organisée aux Jeux mais déjà remportée plusieurs fois aux championnats du monde par le Japon en maître du jeu, Larbi Benboudaoub était sur la chaise derrière ses filles.
Pour l’histoire, dans ce temple du judo à Tokyo, les Bleus en sont ressortis dorés sur tranche ou ippon : « Les Jeux, c’est un jour tous les quatre ans donc, rares et précieux. Alors, comme nous nous ouvrons au monde entier, bien au-delà du judo, il faut être exemplaire. Cette première épreuve par équipe aux Jeux fut une journée historique comme je l’avais dit avant de démarrer. Ce fut une finale rêvée France-Japon au Japon. Et, ils l’ont fait ! Un pour tous, tous pour un : c’est extraordinaire ! A jamais premiers ! Je suis fier d’eux. Ce ‘Tous pour un’, nous devons le cultiver que ce soit en compétition ou tous les jours au dojo ».
Après huit médailles en huit jours de compétition à Tokyo, après un point final avec cet or monumental, ce prof de judo repart au combat, sa raison de vivre : « Grâce à nos résultats, j’espère que nos dojos vont repartir de plein pot à la rentrée. Nous en avons besoin. Notre équipe représente toutes les couches sociales : quel bel exemple d’inclusion ! ».

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