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La sélection franco-brésilienne des Leoas pose sa griffe

Le 6 juillet s’est tenue la clôture du festival « Au bout du monde des Courtillières », au stade Raoul Montbrand de Pantin. Clou de cet événement, dont l’objectif était de lutter contre les stéréotypes de genre qui entourent la pratique du rugby féminin : le tournoi à 7 auquel a pris part une équipe composée de Pantinoises et de Brésiliennes qui venaient de passer plusieurs jours ensemble et de vivre une expérience inoubliable.

Des drapeaux jaune et vert omniprésents, une foule se déhanchant sur les rythmes entraînants d’une batucada, des boissons fraîches, un soleil de plomb… Contrairement aux apparences, la scène ne se déroule pas en plein carnaval au Brésil, mais au stade Raoul Montbrand de Pantin où a eu lieu samedi 6 juillet la fête qui a mis un terme à 15 jours de festival (« Au bout du monde des Courtillières », du nom du quartier de Pantin) organisé par le Rugby Olympique Pantin et la Maison de quartier des Courtillières. Lors de cet évènement, dont c’était la première édition, des animations en tout genre (initiation au rugby, projections de films, exposition photos, etc.) ont été proposées pour faire tomber les nombreux préjugés et idées reçues qui pèsent sur le rugby féminin en France mais aussi au Brésil.

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Le thème n’a évidemment pas été choisi par hasard. Au cœur du dispositif, on retrouve le projet baptisé « L’essai du bout du monde ». Amorcé il y a deux ans par deux responsables du club de rugby pantinois, Lucien Midelet et Renaud Torri, celui-ci est parvenu à réunir 12 joueuses issues des quartiers populaires de Pantin et 12 autres originaires de Paraisópolis, la plus grande favela de Saõ Paulo, au Brésil. Une initiative rendue possible à la faveur du partenariat noué avec l’Instituto de rugby para todos, une association de Paraisópolis qui s’appuie sur le rugby pour assurer le suivi de jeunes et qui, en 15 années d’existence, a vu défiler plus de 5 000 pratiquants. « En France, il est encore compliqué de jouer au rugby quand on est une fille. Au Brésil, il est compliqué de jouer au rugby tout court, alors quand on est une fille… Ces deux groupes ont pour point commun d’avoir lutté pour obtenir le droit de pratiquer le rugby », analyse Renaud Torri. Une fois formée, cette sélection franco-brésilienne, comprenant des filles âgées de 15 à 22 ans, est partie en tournée dans le sud de la France (du 24 juin au 3 juillet) pour aller affronter des équipes prestigieuses du rugby à 7 français : La Rochelle, Bordeaux, Lons et Bayonne.

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« Franchement, ça a été une sacrée expérience, résume Fatou, qui a opté pour le ballon ovale à 12 ans. Sur le terrain, les débuts ont été difficiles car nous n’avions aucun vécu ensemble puis, à force d’entraînement, les choses se sont tranquillement mises en place. En dehors, il a aussi fallu qu’on apprenne à faire connaissance, pas facile avec la barrière de la langue. Mais le plaisir d’être ensemble et Google Traduction ont fait le reste (rires). » Même son de cloche pour Bedoya, la capitaine brésilienne qui évolue à l’Instituto depuis dix ans et qui revient sur la perception du rugby féminin dans son pays. « Ma famille et mes amis ont mis du temps à comprendre pourquoi j’avais envie de jouer au rugby, un sport très peu pratiqué au Brésil et réservé à une élite. Mais avec le temps et le succès de l’Instituto tant sur le plan sportif que social, les regards ont fini - un peu - par évoluer. »

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« Pour ce projet, le plus important n’est pas le jeu mais ce qu’on a vécu en commun, estime quant à elle Namssa, 15 ans. On a rencontré des filles super qui habitent à des milliers de kilomètres et avec lesquelles on s’est liées d’amitié. On a surtout découvert qu’il n’y a pas qu’en France qu’il est difficile pour une femme de jouer au rugby ». Un point de vue certainement confirmé quand les Pantinoises feront le chemin inverse et se rendront à leur tour au Brésil, en octobre 2020, si tout va bien.

Avant ces retrouvailles, les filles, qui ont arboré un magnifique maillot jaune, ont foulé le pré une dernière fois ensemble à l’occasion du tournoi à 7, point d’orgue du festival et auquel ont pris part les grosses cylindrées précitées ainsi que des formations comme Bobigny ou le SCUF. « 1, 2, 3, Leoas (lionnes, en portugais) ! », ont-elles scandé avant chaque match. Un cri de guerre qui ne leur a, certes, pas permis de remporter tous leurs matches mais qui prouve qu’un groupe est né. Contre les porteurs de préjugés sexistes, ces filles sont prêtes à rugir et à mordre.

Photos :@Sylvain Hitau

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