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Cinéma

La projection du cœur

C’est dans une ambiance survoltée que vendredi 8 septembre était projeté le film « Les grands esprits » en présence du réalisateur et des acteurs. Cette avant-première, à l’espace Paul-Éluard de Stains, a fait le plein de rires et d’émotions. REPORTAGE.

On n’a jamais eu des salles avec autant de jeunes, explique Pauline Huruguen, qui joue une professeure d’histoire. Les rires ne se situaient pas aux mêmes endroits que lorsque la salle est en majorité composée d’adultes. Là, il y avait des rires de reconnaissance hyper forts. C’est moi, c’est toi. J’avais un peu peur en les voyant si excités qu’ils ne puissent se concentrer pour voir le film. Mais en fait le public de la salle était hyper attentif.

Olivier Ayache-Vidal, est ravi : Lors de la projection, en avant-première, que ce soit les jeunes, les collégiens, les petits caïds de cité, les parents, les principaux, le film a été très bien perçu. Les gens s’y sont retrouvés. Des personnes venaient me voir en me disant : Mais je vais le revoir tous les jours votre film !! C’était incroyable. J’étais ravi. J’ai l’impression que ce film fait du bien.

Ex-journaliste, ex-documentaliste, il a passé deux années au fond de la classe du collège Maurice-Thorez de Stains, puis au collège Barbara, discrètement pour refléter au plus près la réalité : Je n’ai jamais eu de soucis. J’ai été plutôt frappé par l’accueil, la gentillesse. Je n’ai jamais ressenti de difficultés personnellement. Le principal, les profs et les élèves m’ont très bien accueilli.

Le pitch

C’est l’histoire d’un professeur de français qui est amené, suite à un quiproquo, à enseigner dans un collège à Stains et qui finalement s’y plaît et se démène pour ses élèves.

Le film démarre comme une comédie grand public à voir en famille.
On rit beaucoup. Mais on y réfléchit aussi. J’ai aussi montré des choses qui ne font pas forcément plaisir. Des profs qui font 20 conseils de disciplines par an. Il faut arrêter. Ce n’est pas possible. A l’unanimité ceux qui sont impliqués là-dedans me disent oui : « Vous avez raison il faut qu’on remette en question les pratiques que l’on a. » Ce conseil de discipline, j’y ai assisté tel quel. Il a été exclu définitivement. Quatre semaines après, il a trouvé un autre bahut. Et aujourd’hui il a mal tourné. Mais il y a aussi Youssef qui joue dans le film et qui a intégré Louis Le Grand. Fanta qui a un rôle a été admissible à Henri IV. Il y a des possibilités.

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Fanta confirme : Moi j’ai été pendant deux ans déléguée de tout mon collège en quatrième et troisième et pratiquement toutes les semaines on m’envoyait des lettres : Fanta tu dois assister au conseil de discipline. C’est tellement le quotidien que en fait ça ne me choquait même plus. C’est ça le plus grave. C’est tellement régulier que ça ne choque plus personne. C’est une habitude. Et Mona, révoltée, d’ajouter : Une fois une fille qui a rigolé sur un Snap, elle est allée en conseil de discipline. Elle n’avait strictement rien fait.

Olivier Ayache-Vidal est arrivé dans le département ni pour changer l’image de la Seine-Saint-Denis, ni pour faire de la pub à qui que ce soit. Je ne travaille pas pour le Conseil départemental de la Seine-Saint-Denis, ni pour la Région, j’ai fait un film pour montrer la réalité et la réalité c’est celle de mon point de vue. Et du point de vue des profs, des habitants et de ceux qui la connaissent, c’est celle-là aussi. C’est tout.

Des profs qui ont accroché l’affiche dans leur classe. J’ai l’impression que c’est l’incarnation du prof qu’ils voudraient être. Un prof qui reçoit de ses élèves. Je suis tellement heureux de ça.

L’équipe du film

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Mona

Lycéenne à Bartholdi à Saint-Denis : C’était parfait. J’ai jamais autant kiffé. Dans notre ville, là où les gens ils nous kiffent et en plus ils ont aimé notre film.

Fanta

Lycéenne à Maurice Utrillo à Stains : Ce qui m’a le plus plu franchement… c’est tout… c’est tellement irréaliste qu’on ne réalise pas. Tout le monde qui nous dit que c’était bien.

Pauline Huruguen

Alias Chloé, professeur d’histoire : J’ai grandi jusqu’à mes 13 ans à Pierrefitte. J’étais au collège à Dugny. Ma grand-tante vit à Stains. Pour moi, ici c’est mon enfance, mon adolescence. Je suis partie il y a plus de 15 ans. C’était marrant de revenir. Ce film c’est mon premier tournage. Je fais plutôt du théâtre. C’était très enrichissant. Il y avait une fraîcheur du fait que les enfants soient dans leur collège, dans leur milieu qui ne ressemble pas à un tournage en studio ou en décor naturel. Même si ce n’est pas une vraie classe, mais plusieurs classes mélangées, il y avait une vie particulière sur ce tournage qui venait de la présence des enfants. Ils sont hyper justes dans leur jeu. C’est un peu désespérant pour les acteurs. Olivier (ndr Olivier Ayache-Vidal le réalisateur) a trouvé un langage commun avec eux pour pouvoir les filmer et les capter au moment opportun.

Tabono

Alias Maya : Au début on ne connaissait pas trop l’histoire, on n’avait pas trop pris ça au sérieux, c’était juste un délire. Maintenant on commence à comprendre que c’est sérieux. Ce film nous a donné envie d’aller plus loin. On aimerait continuer. J’aimerai bien être comédienne, et pourquoi pas à la Comédie française.

Abdoulaye

Alias Seydou : Au tout début, moi je ne voulais pas participer au casting. C’est mes potes qui étaient partants. J’étais en cours, on m’a appelé, on m’a fait passer une feuille et j’ai fait des textes et on m’a dit que j’étais pris.

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