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La Biennale de la Marionnette fait danser Pantin et d’autres villes

Du 3 au 29 mai, la Biennale Internationale des Arts de la Marionnette fête sa 10e édition, avec de nombreux spectacles en Seine-Saint-Denis. Parmi eux, l’adaptation de « L’Homme qui rit » de Victor Hugo par le Théâtre de la Licorne, les 16 et 17 mai à Pantin... Interview avec Claire Dancoisne, metteuse en scène du Théâtre de la Licorne et habituée de la Biennale.

Pourquoi avoir choisi d’adapter en théâtre de marionnettes L’Homme qui rit ? C’est un sacré défi…

« Oui, c’est vrai. Mais j’aime bien adapter des œuvres littéraires, des grandes épopées. Par le passé, le Théâtre de la Licorne avait déjà mis en scène « Le coeur cousu » (roman sur plusieurs générations de femmes espagnoles de Carole Martinez ndlr) ou « Macbêtes », variation avec de grandes marionnettes en forme d’insectes sur la pièce de Shakespeare. Ça m’inspire davantage finalement que des pièces de théâtre. Pour « L’Homme qui rit », c’est le regard porté sur la différence, un thème fort du roman, qui m’intéressait. Pour Hugo, les monstres sont toujours davantage porteurs d’humanité, notamment par rapport à la noblesse de cette époque qui est extrêmement arrogante. Il y a un message politique sur la pauvreté, risée des puissants, qui me parlait. »

Et puis, L’Homme qui rit, c’est cette histoire d’un jeune homme défiguré recueilli par une troupe de théâtre. Peut-être que ça vous permettait du coup aussi de parler d’hommes et de femmes de théâtre ?

« Oui bien sûr. J’aime bien le côté forain, la dimension d’itinérance qu’il y a dans ce récit. Dans ce roman, Hugo parle aussi beaucoup des saltimbanques, et forcément il y avait une proximité avec mon monde. »

Vous présentez L’Homme qui rit comme une pièce pour une marionnette et sept acteurs. Pourquoi mêler les deux sur une même scène ?

« Au Théâtre de la Licorne, nous faisons ça très souvent. Il n’y a pas d’un côté les marionnettes et de l’autre les acteurs : ils font partie d’un même monde. C’est pour ça que je préfère parler de théâtre d’objets plutôt que de marionnettes. S’agissant de L’Homme qui rit, je voulais faire ressortir l’humanité et la difformité de Gwynplaine, le héros au sourire monstrueux, en en faisant une marionnette. Au final, c’est l’objet inanimé qui est le plus humain. Les autres personnages sont incarnés par des acteurs masqués. »

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Le Théâtre de la Licorne, c’est une aventure de 30 ans. Pourquoi vous êtes-vous lancée dans le théâtre d’objets, au départ ?

« Initialement, je suis passée par les Beaux-Arts de Lille où j’ai acquis une formation de sculpteure. J’ai ensuite été attirée par le théâtre et notamment par l’art du masque. C’est une des influences qui marque vraiment mon théâtre : il y a toujours un travail quasi sculptural sur l’interprétation. Une autre influence étant l’importance des matériaux choisis. Par exemple, quand on a voulu monter « Spartacus » (l’esclave qui se révolte à l’époque romaine, ndlr), il était évident que le matériau allait être la ferraille. Pour le bruit des combats, une ambiance de gladiateurs... Et pour « Le coeur cousu », c’est le fil qui s’est imposé puisqu’on est dans une famille de brodeuses.

Fabriquez-vous vos marionnettes et vos objets vous-même ?

« Non, moi je les imagine, je les visualise. Ensuite, je passe commande auprès d’une équipe de constructeurs et de machinistes qui leur donnent forme. Après les spectacles, nos créations viennent dormir à la Licorne, un ancien garage de Dunkerque que nous avons réaménagé en 2015 en entrepôt et surtout en lieu de résidence et de création pour d’autres compagnies. »

Dans le cadre de la Biennale, vous donnez aussi « Sweet home », dans un tout autre registre que L’Homme qui rit…

« Oui, là on est davantage dans la comédie grinçante. C’est l’histoire d’une mégère qui vit depuis dans des années dans un trou au rez-de-chaussée de son immeuble et qui part à l’assaut de son édifice. Un personnage négatif mais avec lequel on a tout de même de l’empathie. A la différence de L’Homme qui rit, on est là dans une petite forme, assez mobile, pour des spectacles en itinérance. »

La 10e édition de la Biennale, c’est un moment particulier pour vous ?

« Oui forcément, ça compte, pour nous qui sommes des anciens de cette manifestation. La dernière fois qu’on y a joué, c’était en 2015, déjà à Pantin, pour Le coeur cousu. Ca reste un excellent souvenir, l’accueil avait été excellent, le public réceptif, et j’aime le Théâtre du Fil de l’eau : j’ai un faible pour les hangars réaménagés ! »

Propos recueillis par Christophe Lehousse
Photos : ©Christophe Loiseau

- L’Homme qui rit, au Théâtre du fil de l’eau à Pantin, le 16 mai à 20h/le 17 mai à 20h30
- Sweet Home, les 24 et 25 mai aux Passerelles de Pontault-Combault (77)

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Découvrez ici le programme complet de la Biennale : http://lemouffetard.com/content/la-biam-2019

10e édition de la Biennale, nos coups de coeur

La 10e édition de la BIAM, portée par le Mouffetard-Théâtre des Arts de la Marionnette et soutenue par plusieurs partenaires, dont le Département, se déroule notamment dans 8 villes de Seine-Saint-Denis. Cette grande fête de la marionnette se caractérise notamment par un temps fort à Pantin, dont le Théâtre du Fil de l’eau reçoit non seulement L’Homme qui rit, du Théâtre de la Licorne, mais aussi Headspace (Electric Circus), qui joue avec ce vieux fantasme qui consiste à lire dans les pensées des autres. A noter que le Théâtre de la Licorne organisera aussi les 10, 11 et 12 mai un atelier de création d’oiseaux géants, constitués de carton et d’osier, qui déploieront leurs ailes dans le parc de la Villette.
Deux autres spectacles investiront d’autres scènes pantinoises : La Marche des éléphants, au Centre national de la Danse, présentera un conte sur fond d’Afrique, idéal pour des enfants. Et à la salle Jacques Brel, Louis Vanhaverbeke va vous secouer façon hip-hop avec Multiverse.
On évoquera ensuite plusieurs luttes – celles contre la colonisation de l’Afrique avec La Conquête, à l’Espace Jacques Brel de Romainville ou contre la fermeture des mines en Lorraine dans les années 80 avec Longueur d’Ondes, l’histoire de la radio libre Lorraine Coeur d’Acier (Théâtre Berthelot Montreuil). La rêverie aussi aura droit de cité avec Bon débarras, spectacle nostalgique sur l’enfance, et La Brèche, monde de Shadoks énigmatiques, au Studio Théâtre de Stains. La poésie se fera même loufoquerie avec L’Incertain Monsieur Tokbar au Théâtre des Bergeries à Noisy-le-Sec.

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