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« Impact 2024 » soutient 30 actions d’inclusion par le sport

Pour sa deuxième édition, ce dispositif initié par Paris 2024 et le Département de la Seine-Saint-Denis a sélectionné 30 projets s’appuyant sur le sport pour générer des retombées sociales telles que le retour vers l’emploi, l’inclusion des personnes handicapées ou de publics en grande précarité. Gros plan sur trois d’entre eux.

Cultiver l’héritage des Jeux pour la population. C’est l’un des leitmotivs de Paris 2024 : au-delà des quatre semaines de compétition, le plus grand événement planétaire que la Seine-Saint-Denis s’apprête à accueillir en 2024 doit comporter des retombées bénéfiques pour ses habitants, et ce avant comme après les Jeux. Raison pour laquelle le Comité d’organisation, l’Agence Nationale du Sport, le CNOSF le Comité paralympique, la ville de Paris et le Département de la Seine-Saint-Denis ont pour la 2e année consécutive sélectionné 30 projets associatifs ou institutionnels, qui utilisent le sport comme un levier de transformation de la société. Parmi eux, on peut trouver des actions éducatives, comme le programme Study Hall de la basketteuse courneuvienne Diandra Tchatchouang, mais aussi des initiatives d’insertion professionnelle comme Si t’es sport, proposant à 15 jeunes décrocheurs scolaires de Bagnolet de se former aux métiers de l’animation sportive. D’autres recherchent l’inclusion des personnes handicapées ou de publics fragilisés comme l’association de Saint-Ouen ERA 93, qui veut redonner confiance à travers le sport à des femmes en risque de prostitution. Au total, ce sont 565 300 euros qui seront mis à disposition par le Département et ses partenaires pour mettre en œuvre ces 30 projets. On vous présente ici trois actions lauréates, qui doivent être développées prochainement.

- Du vélo pour se remettre en selle

Clichy-sois-Bois – Dieppe. Soit 235 km. Ce n’est pas une étape du prochain Tour de France, mais le trajet qu’ont accompli 6 jeunes de la Mission locale de la Dhuys, en juin dernier. « On voulait faire une action en lien avec les JO 2024 et qui amène aussi nos jeunes à sortir un peu de région parisienne », se souvient Radia Mahfouf, responsable à la Mission locale de la Dhuys. Une première réussie puisqu’au-delà de l’aventure, la confiance transmise aux jeunes par ce périple leur aura aussi servi dans leurs parcours professionnels : sur les 6, deux sont aujourd’hui en intérim et un troisième magasinier carriste. « C’est un voyage qui les a marqués. Chaque fois qu’ils ont besoin de motivation, ils pensent à Dieppe », témoigne Frantz François, chargé de communication de la mission locale qui aura transpiré à leurs côtés durant cette équipée effectuée en 5 étapes. Face à ce succès, la Mission locale souhaite prochainement rééditer l’expérience, ce qu’elle pourra faire grâce aux subsides d’Impact 2024.

- Yag Bari, du sport pour les enfants des bidonvilles

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« Vivre dans un bidonville, c’est bien souvent être à l’écart de tout : de l’école, mais aussi des associations sportives ou culturelles » Face à ce constat, Ludovic Versace et l’association La Voix des Rroms ont décidé d’agir dès 2013. Cet éducateur sportif, spécialiste d’arts martiaux, est à l’initiative d’un programme qui propose plusieurs activités sportives et culturelles aux enfants Rroms. Yag Bari – le « grand feu » en romani – a déjà permis à plusieurs dizaines de ces enfants de pratiquer la boxe chinoise, le parkour ou encore la danse au sein de plusieurs clubs partenaires du territoire, comme à Saint-Denis ou La Courneuve. Exemple le plus emblématique des retombées positives de ce projet : le petit Slavi, expulsé avec les autres familles du camp des Coquetiers à Bobigny en 2014 et qui aura tout de même trouvé la force d’entamer une formation de sapeur pompier de Paris. « Pour les enfants, cette expérience aura été bénéfique à plus d’un titre : cela les aura socialisés au-delà de leur communauté et permis à beaucoup d’entre eux de développer leur potentiel. Mais le dispositif est aussi intéressant en cela qu’il amène à changer le regard des autres usagers d’un club de sport sur les Rroms : ceux qui pouvaient avoir des préjugés au départ les abandonnaient bien vite. », se remémore Ludovic Versace, qui a depuis passé le flambeau dans la coordination de Yag Bari à Annabelle Joubert et à l’institutrice Audrey Chenu. Pour La Voix des Rroms, il s’agit désormais d’entretenir ce grand feu.

Film "Je m’anime pour mes droits’ réalisé par Yag Bari à l’ocassion du 30e anniversaire de la Convention internationale des Droits de l’Enfant :

- Le rugby pour transformer l’essai

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Former des jeunes femmes des quartiers populaires aux métiers de coach sportive ou d’animatrice, c’est le projet de Drop de Béton. Cette association basée à Mérignac, mais présente depuis 2009 en Seine-Saint-Denis, s’appuie sur le rugby pour faire tomber stéréotypes de genre mais aussi freins à l’embauche. Pour la petite histoire, elle a amené l’internationale Madoussou Fall au rugby à travers l’équipe montreuilloise Melting Drop 93. Avec « Une passe vers ton avenir », le projet primé par Impact 2024, Drop de Béton compte accompagner 10 jeunes femmes vers des métiers du sport, une filière actuellement en tension. « On a décidé de se concentrer sur les femmes car les métiers du sport restent encore assez genrés. Pour preuve, la même formation qu’on a développée à Bordeaux et qui est mixte accueille 12 garçons et 3 filles », témoigne Clément Boudignon, coordinateur du projet. La formation de 10 mois que propose Drop de Béton, entièrement gratuite, offrira la possibilité à ces jeunes femmes de passer leur BAFA et de lever certains freins à la mobilité en leur faisant passer leur permis. Les candidatures sont d’ailleurs encore ouvertes pour celles qui seraient intéressées : contact@dropdebeton.fr

Christophe Lehousse
Photos : ©Mission locale de la Dhuys
©Ludovic Versace
©Association Drop de Béton

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