Catégories
Seine Saint-Denis
Basket La Courneuve

Diandra Tchatchouang, la Seine-Saint-Denis qui rebondit…

En équipe de France comme avec son club de Montpellier-Lattes, la joueuse de Basket-ball Courneuvienne porte fièrement le numéro 93. Malgré l’éloignement, elle n’oublie pas « sa » Seine-Saint-Denis où elle agit au quotidien avec son association Study Hall. Portrait d’une sportive engagée.

Le 93 reste pour l’instant bloqué à 83… Gênée par un ménisque récalcitrant au genou gauche, la Courneuvienne Diandra Tchatchouang a dû se résoudre début juin à déclarer forfait pour l’Euro 2019 de basket disputé en Serbie et en Lettonie, du 27 juin au 7 juillet. Et à ne pas enchaîner sa 84e sélection tricolore.
Un crève-cœur évidemment pour l’ailière au maillot bleu floqué du numéro 93, son département de naissance. Née à Villepinte en 1991, grandie à La Courneuve, Diandra se plaît à être étiquetée made In-Saint-Denis. C’est même une fierté pour la jeune femme dont les ascendances se trouvent au Cameroun : « Le 93, c’est l’endroit où je suis née et où j’ai grandi, nous racontait-elle cet hiver, alors qu’elle s’était octroyée un court aller-retour en Seine-Saint-Denis depuis Montpellier, son nouveau club rejoint au cours de l’été 2018. Plus jeune, j’ai été vraiment touchée par l’image négative qu’on renvoyait toujours sur ce département. Alors, d’accord, il y a des choses qu’on ne peut pas ignorer en matière de délinquance, mais il y a aussi des choses bien qui s’y font. Donc, en mettant le numéro 93, j’avais envie de pouvoir parler en bien de mon département à chaque fois qu’on me demanderait la raison du choix de ce numéro. »

Etudiante en sciences politiques

Grande lectrice de la militante des droits de l’homme américaine Angela Davis comme du prix Nobel de la paix congolais Denis Mukwege, Diandra Tchatchouang déborde avec passion de son simple rôle d’ailière de l’équipe de France et du club de Montpellier-Lattes. L’engagement pour elle ne se limite pas à la sueur versée sur les terrains de basket. Celle qui mesurait déjà 1,85 m à 13 ans (1,89m aujourd’hui) aime prendre de la hauteur sur la vie en cherchant à comprendre et à apprendre : c’est d’ailleurs l’une des raisons qui l’avait poussée à rejoindre à 18 ans l’Université du Maryland aux Etats-Unis, l’espace de deux saisons entre 2009 et 2011, pour jouer dans les rangs du championnat universitaire sous les couleurs des Maryland Terrapins mais aussi pour suivre un cursus dédié aux sciences politiques. « C’est bien de s’occuper autrement qu’en jouant au basket, dit-elle. Et ça correspond aussi à une envie d’élargir ma culture générale et de m’ouvrir à d’autres horizons que le sport. » Surtout que son corps et ses genoux l’ont régulièrement lâchée, l’amenant à déclarer forfait pour les JO de Rio en 2016, mais lui offrant des parenthèses « pour l’esprit ».

Passer des messages...

Bref dès qu’elle ne fait plus tourner une balle orange entre ses mains, Diandra Tchatchouang fait tourner les pages des bouquins pour compléter la formation en sciences politiques qu’elle suit à distance via le cursus de Sciences Po Paris ouvert aux sportifs de haut niveau.
Une soif d’apprendre que la finaliste malheureuse de l’Eurocoupe 2019 -défaite en avril face aux Russes d’Orenbourg- communique aussi aux jeunes de La Courneuve en se remettant en quelque sorte dans les pas de la jeune fille qu’elle a été. Vite partie à l’âge de 12 ans vers le pôle espoirs de basket d’Eaubonne (Val d’Oise) avant d’intégrer en 2005 l’INSEP le vaisseau amiral du sport français. Avec son association Study Hall, elle organise donc depuis 2017 un événement annuel « Take your shot » dédié aux jeunes basketteuses. Un mixte entre basket et conférences où elle a, par exemple, convié l’hiver dernier la journaliste Rokhaya Diallo et Amy Sidibé, rappeuse, mais aussi enseignante. Une façon de transmettre quelques messages et d’expliquer par l’exemple aux jeunes Courneuviennes qu’elles « doivent avoir l’exigence de ne pas mettre les études de côté, parce que toutes n’auront pas forcément accès à une carrière professionnelle dans le sport ou dans le monde artistique. »

JPEG - 20.3 ko

Un discours qu’elle fait perdurer en déclinant aussi au quotidien l’action de son association Study Hall qui effectue du soutien scolaire auprès des pratiquants sportifs – collégiens et lycéens – de La Courneuve. Avec toujours l’envie de jouer les grandes sœurs de manière positive et pas moralisatrice : « On n’encourage pas assez les filles à entreprendre des choses, juge l’ancienne joueuse du club de Bourges. Alors si je peux le faire avec mon statut de sportive de haut niveau, pourquoi pas. »
Histoire aussi de boucler la boucle : « A l’adolescence, je n’arrivais pas à m’imaginer un avenir, raconte-t-elle, alors je séchais les cours, je faisais la grande… Heureusement, j’ai eu la chance d’être retenue en Pôle espoirs de basket, puis d’intégrer l’INSEP. Sans cela, je ne sais pas trop où j’en serais aujourd’hui… »

Tokyo 2020 déjà dans le viseur, avant 2024…

Si 2019 n’a pas franchement été à la hauteur des ambitions sportives de Diandra Tchatchouang avec deux défaites cruelles en finale de l’Eurocoupe et du championnat de France face à Lyon-Villeurbanne, avec « en prime » un forfait pour l’Euro, la basketteuse a néanmoins l’ambition d’être d’aplomb en février 2020. En fonction du résultat de leur Euro 2019, les Bleues pourraient en effet être amenées à disputer l’hiver prochain un Tournoi de Qualification Olympique qui les ferait basculer vers les Jeux de Tokyo 2020. Ce serait alors la première expérience olympique pour la Courneuvienne qui a rejoint au printemps dernier les rangs de la Commission des athlètes pour les Jeux Olympiques de 2024 à Paris et en Seine-Saint-Denis. Avec la ferme intention d’être de l’aventure : « Je veux les vivre, j’y serai, clame-t-elle. Mais, c’est mon corps qui décidera à quelle place. »

à lire aussi
Blanc-Mesnil Judo

Madeleine Malonga, un titre mondial au pays du judo

A 25 ans, cette judoka de l’Etoile Sportive Blanc-Mesnil a été sacrée fin août championne du monde pour la première fois de sa carrière, chez les -78kg. Cerise sur le kimono, c’était au Japon, pays de naissance de sa discipline et pays hôte des Jeux de Tokyo 2020, dont cette bosseuse rêve aussi.

Portrait Course à pied JOP 2024

Christian Cordier, la couleur de la solidarité

Tout jeune retraité, cet ancien prof de sport au collège international de Noisy-le-Grand a choisi de se faire l’ambassadeur de l’olympisme en courant 2024 km jusqu’aux JO de 2024. Et son projet « De Lima 2017 à Paris 2024 », qui ne se veut pas que sportif mais aussi solidaire, a déjà fait des émules, notamment parmi de jeunes lycéens de Bondy.

Génération jeux Tennis de table

Prithika Pavade, chercheuse d’or

Trois médailles d’or et une de bronze aux championnats d’Europe cadettes pour Prithika Pavade, l’espoir du Saint-Denis US tennis de table 93. Un résultat exceptionnel, mais logique au regard du talent et du sérieux au travail de Prithika qui à 15 ans compte déjà un palmarès impressionnant.

Services, aides
& démarches

24 actions pour les Jeux 2024

Un plan départemental d'accompagnement de la candidature aux jeux olympiques et paralympiques de Paris 2024 a été adopté en séance du Conseil départemental le 22 juin 2016. Ce plan se décline en sept grands thèmes qui regroupent 24 actions.

Accessibilité des équipements culturels

Un guide valorisant la diversité de l'offre culturelle en Seine-Saint-Denis et favorisant l'accès et la participation des personnes handicapées à la vie culturelle et sociale.