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De nouvelles traces d’occupation gauloise à Bobigny

Depuis le 10 décembre, un terrain non construit situé face à la chambre des métiers et de l’artisanat de Seine-Saint-Denis, à Bobigny, fait l’objet d’un diagnostic préalable à une fouille archéologique. D’après les relevés, la présence de Gaulois sur ce site ne fait aucun doute.

Le Gaulois est à la mode en cette fin d’année. Alors que le film d’animation Astérix – Le secret de la potion magique réalise déjà un carton au box office, une équipe d’archéologues travaillant pour le département de la Seine-Saint-Denis a découvert à Bobigny des mobiliers datant de la Gaule protohistorique. « Nous ne sommes probablement pas assis sur des monuments remarquables, temporise Cristina Gonçalves-Buissart, archéologue au département, mais on a mis la main sur des céramiques qui nous révèlent l’existence passée d’une zone d’habitat gauloise. »

Le terrain, qui se situe sur une ancienne jardinière de 4000 m2 en face de la chambre des métiers et de l’artisanat de Seine-Saint-Denis, fait l’objet d’un diagnostic dans le cadre d’une opération d’archéologie préventive, avant de subir d’importants travaux pour faire place au métro de la future ligne 15 réalisée par la Société du Grand Paris. Une démarche réalisée par l’INRA (l’Institut national de recherches archéologiques préventives) sur prescription de l’Etat. « La première étape, le diagnostic, vise à identifier les vestiges archéologiques éventuellement présents sur un site.

Si leur présence est avérée, si leur degré de conservation et leur intérêt scientifique sont jugés suffisants, une seconde étape d’investigation beaucoup plus poussée, la fouille, est engagée », explique Cristina. L’opération de fouille obéit à un processus immuable : elle débute par la mise en place des installations de chantier et l’organisation d’un plan de terrassement. Puis on procède au décapage de la zone à traiter avec l’enlèvement des stériles (la terre végétale) pour atteindre les premiers niveaux archéologiques. L’intervention sur le terrain se déroule suivant l’ordre successif des couches, dont chacune correspond à un moment de l’histoire du site. Ce sont elles qui orientent le travail du fouilleur. Elles sont délimitées par les archéologues, parfois aidés d’un géologue, en fonction de leur couleur, de leur texture, et des vestiges qu’elles contiennent.

Un travail méticuleux

Bobigny est une véritable terre promise pour l’archéologie. Depuis la création du Bureau du patrimoine archéologique de Seine-Saint-Denis en 1992, de multiples trésors datant de l’époque des Gaulois ont été découverts. Ainsi, le site de la Vache à l’Aise abrite-t-il un habitat gaulois, celui de l’hôpital Avicenne renferme une nécropole gauloise et sous une partie du parc interdépartemental de La Motte se cachent des structures gallo-romaines. Quand une opération commence, il faut l’avouer, l’œil du profane ne peut être subjugué par ce qu’il voit : des tranchées creusées à l’aide d’une pelle mécanique, des monceaux de gravats ici ou là et quelques silhouettes en tenue réglementaire. Pour couronner le tout, la surface traitée par Cristina a été rendue boueuse par les fortes pluies qui se sont abattues ces derniers jours. Donc pour se rendre compte, il faut descendre dans les fossés et passer du temps auprès de l’archéologue et de Sébastien, paléolithicien de son état venu lui prêter main forte. « On commence par identifier les différents niveaux d’occupation puis on se met à la recherche de mobiliers, détaille la responsable de diagnostic, qui ne se sépare jamais de sa raclette et de sa truelle. Cette intervention demande une certaine méticulosité mais le risque de casse est inévitablement élevé. »

Tous les vestiges mis au jour par nos deux spécialistes sont enregistrés et documentés (relevés topographiques, dessins, photographies, plans et coupes). Puis, le mobilier est transféré au centre de recherches archéologiques. Dans un deuxième temps, les données scientifiques recueillies sur le terrain sont exploitées par les archéologues pour reconstituer l’histoire du site - ses occupations humaines, son évolution à travers les siècles. Ces conclusions sont consignées dans un rapport, remis par l’opérateur aux services de l’État.
« Si on ne trouve pas de structures dans les tranchées, le diagnostic est négatif et on passe à une autre tranchée, raconte Sébastien. S’il est positif, on intervient un peu plus finement et on effectue alors un sondage. Une fois celui-ci réalisé, on procède au relevé qui consiste en la prise d’un maximum d’informations sur la structure avec notamment une étude des différentes couches géologiques, la stratigraphie. » Après vingt-cinq ans de recherche, Bobigny, à l’instar d’autres communes du département comme Saint-Denis, Tremblay-en-France ou Gournay-sur-Marne, n’ont sans nul doute livré qu’une partie de leurs secrets.

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