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Danse Pantin

Dans les pas des danseurs de la prépa Élan

Le Centre national de la danse a ouvert cette année une école de l’égalité des chances (Élan) qui accueille à Pantin les jeunes talents issus des conservatoires du département. Ce cursus inédit en France leur permet de se frotter à l’univers des grands chorégraphes contemporains et d’ouvrir la voie à la professionnalisation. Reportage dans les studios.

« Faites danser la poussière et n’hésitez pas à prendre des risques ! C’est au moment où vous fatiguez que vous allez commencer à faire des progrès... » conseille Ashley Chen, danseur performer associé à la formation Élan. Côme, Gabrielle, Jonas, Nour, Iuliana... multiplient les étirements sur un fond de pop-rock avant d’enchaîner sur une chorégraphie très physique de Merce Cunningham. Très à l’écoute, les jeunes gens observent les mouvements de leur enseignant et se lancent sur la piste, sous les commentaires bienveillants de leurs camarades. Dans quelques mois, plusieurs d’entre eux∙elles reprendront peut-être cet enchaînement pour préparer des auditions auprès de compagnies de danse.

Un cursus d’excellence varié et complet

Soutenu par le Département, le Centre national de la danse de Pantin propose à une vingtaine de Séquano-Dionysien∙ne∙s de 15 à 18 ans des modules d’entraînement et des rencontres avec des artistes pendant les vacances scolaires et six samedis par an. Axée sur les créateurs contemporains, la formation a pour ambition d’ouvrir le milieu de la danse aux talents des quartiers populaires et leur mettre le pied à l’étrier dans l’optique d’une professionnalisation.
Sélectionné∙e∙s en fonction de leur niveau, de leur appétence et de critères sociaux, les adolescent∙e∙s n’ont pas tous pratiqué la danse classique, à l’instar de Nour, 18 ans, en licence d’histoire-géographie à la Sorbonne. « J’ai fait 8 ans de modern jazz au conservatoire d’Aubervilliers et ma prof m’a incité à candidater. J’ai adoré les modules sur les univers d’artistes comme Pina Bausch, Martha Graham, Wiliam Forsythe... ».
Les jeunes pousses ont également rencontré des artistes de renom tels que la chorégraphe Fanny de Chaillé, la danseuse hip-hop Mellina Boubetra ou l’artiste contemporaine Betty Tchomanga. « On a vu un ballet de Régine Chopinot à l’Opéra Bastille qui a fait intervenir des migrants pour danser le thème de l’exil... » glisse Mathilda.

Orienter vers les métiers de la danse

La majorité des adolescent∙e∙s affirme avoir eu une révélation pour la danse lors de leur parcours en clubs ou au sein de conservatoires municipaux. « Sur la piste, je lâche prise et je me laisse porter par la musique » confie Sloane, 15 ans. « C’est un espace extraordinaire de liberté mais aussi de discipline pour bien maîtriser le mouvement ». Les différent∙e∙s intervenant∙e∙s incitent les jeunes à être créatif∙ve∙s et se sentir le plus à l’aise possible sur scène.
« On va chercher des jeunes qui, pour un ensemble raisons, ne pensent pas pouvoir postuler dans une école supérieure parce qu’ils n’ont pas les codes ou ne connaissent pas les métiers ou les perspectives professionnelles » affirme Raphaëlle Delaunay, responsable pédagogique et ancienne danseuse de l’Opéra de Paris. Ouverte à la diversité, l’école Élan, avec 180 heures gratuites de formation avec des artistes de renom favorise la démocratisation des parcours artistiques.
« Je vais bientôt tenter le diplôme d’études chorégraphiques du Conservatoire de Paris » confie Nour qui avoue avoir mis en place une organisation très serrée pour concilier ses études et sa passion. Son ami Jonas, lycéen en section hip-hop, a déjà passé deux auditions auprès de compagnies de danse européennes et prévoit de tenter à nouveau sa chance à la rentrée.

Les 18 jeunes pépites, plein d’enthousiasme, ont multiplié les contacts avec les professionnel∙le∙s de la danse, malgré les difficultés liées à la Covid et ouvrent la voie aux nouvelles recrues. Vous les verrez peut-être sur les scènes de danse contemporaines dans quelques années...

Élan, Promotion 2021-2022 from Centre national de la danse on Vimeo.

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Crédit-photo : Eric Garault

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