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Charles Mérin, un inaltérable esprit de résistance

Réfractaire au Service du Travail Obligatoire, opérateur radio-navigant, militant pour le droit au logement, conseiller municipal... cet ancien résistant a eu plusieurs vies, toujours au service de l’intérêt général et des valeurs humanistes. Le Balbynien, centenaire depuis peu, se replonge dans ses souvenirs...

« Heureux qui comme Ulysse a fait un long voyage... Comme ce héros grec, j’ai moi aussi fait un grand voyage à travers le temps et, comme lui, il m’est arrivé plein d’aventures... » témoigne Charles Mérin, qui s’est toujours battu sans compter pour le bien de la collectivité. Tour à tour cultivateur, vigneron, épicier, cafetier, marchand forain, représentant de commerce... ce Séquano-Dionysien a toujours revendiqué un amour inconditionnel pour la patrie. À l’occasion de son centenaire, sa famille a organisé une cérémonie à l’hôtel de ville de Bobigny en présence de ses ami·e·s. Et d’Abdel Sadi, maire de la ville, heureux de « saluer un militant qui n’a de cesse de questionner le monde qui l’entoure, de rechercher la justice, de ne jamais s’habituer à l’ordre des choses ».

Une jeunesse bouleversée par la guerre

Élevé un temps par sa grand-mère, Charles rejoint ses parents, des juifs polonais, qui possèdent un magasin de vêtements à Neuilly-Plaisance. À 17 ans, il voit l’armée allemande déferler sur la France. C’est le temps de l’exode. « Avec ma mère, nous avons fui chez des connaissances près de Blois tandis que mon père essayait de sauver la boutique, ce qui n’a servi à rien car elle a finalement été réquisitionnée » explique-t-il.
Quelques temps plus tard, il est appelé par le Service du travail obligatoire et décide de fuir dans une ferme dans l’Yonne où il s’engage dans les mouvements de résistance. Charles mène notamment des actions de sabotage, après le débarquement de Normandie, pour perturber l’arrivée des renforts allemands.
Sa famille n’est malheureusement pas épargnée par le projet génocidaire des nazis. « Mon père a été interné au camp de la Muette à Drancy puis déporté à Auschwitz d’où il n’est jamais revenu » soupire-t-il.
Après la guerre, le jeune homme réalise « un rêve de gosse » en devenant opérateur radio-navigant de l’armée de l’air mais échappe de peu à un crash d’avion. Fidèle à ses engagements, il démissionne en 1947 pour protester contre la répression sanglante de l’État français à l’égard des indépendantistes malgaches.

Un acteur pour l’émancipation et la justice sociale

Charles, qui a tutoyé l’Histoire dans ce qu’elle a de plus dramatique, multiplie les petits boulots avant de se convertir en tant que représentant de commerce. Passionné par la chose publique, il est élu conseiller municipal communiste de 1971 à 1983 sous le mandat de Georges-Valbon et agit pour la démocratisation de la culture (gestion du conservatoire, création de la médiathèque Elsa-Triolet...).
L’ancien résistant milite pendant près de trente ans pour les familles défavorisées au sein de la Confédération nationale du logement du 93 dont il devient l’un des dirigeants. Son engagement bénévole contre l’habitat indigne est salué par « son ami de toujours », Serge Incerti-Formentini, président d’honneur de l’association.
Malgré son grand âge, il participe toujours aux réunions de l’amicale des locataires de la Cité Berlioz à Bobigny et a reçu cette année les insignes de Chevalier dans l’Ordre national du mérite.

Le Balbynien, qui a fêté récemment ses cent ans avec ses enfants, petits-enfants, arrière-petits enfants, ses proches et ses voisin·e·s, n’a rien perdu de son enthousiasme militant. Et quand on lui demande s’il a un message à délivrer aux jeunes générations, il affiche un sourire confiant : « Se battre contre les injustices, aller voter et surtout prendre part à la vie ! ».

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Crédit-photo : Nicolas Moulard et Carine Arassus

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