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Seine Saint-Denis
Consommation Aulnay-sous-Bois

Avec son food-truck spécialisé dans le kebab, Piou-Piou prend son envol

Depuis quelques temps, les food-trucks, alternative meilleur marché et pas forcément moins qualitative aux restos, se sont installés dans le paysage, et la Seine-Saint-Denis ne fait pas exception. Pour le troisième épisode de notre feuilleton, nous sommes allés à la rencontre de Sofiane Hajjoubi, alias Piou-Piou, devenu une référence du kebab à Aulnay-sous-Bois.

A Aulnay-sous-Bois, il est connu comme le loup blanc. Sofiane Hajjoubi, surnommé Piou-Piou par ses potes de la cité de l’Europe car gamin il était intenable (« j’étais comme un petit oiseau, très agité », confie-t-il), est à la tête depuis quelques mois d’un snack (à mi-chemin entre le food-truck et le petit restaurant) spécialisé dans le kebab, O’Munich. Mais attention, pas n’importe quel kebab ! « Mon objectif est de redorer l’image de ce sandwich qui n’est pas toujours très bien vu, précise le jeune homme de 25 ans. Tous mes produits sont frais : ma viande (veau et dinde) vient de chez le boucher, je prépare ensuite ma propre marinade et le pain est fait maison par une habitante du quartier. » Tarif : 7,50 euros avec frites et boisson. S’il a baptisé son échoppe O’Munich (située au pied de sa cité, sur la RN2) c’est en hommage au kebabiers d’Allemagne où Sofiane s’est rendu à plusieurs reprises pour comprendre ce qui fait tant la renommée des döners. « Là-bas, ils ont des Algeco qui ne paient pas de mine mais il y a toujours la queue devant. J’ai vu comment ils travaillaient et je me suis dit que ça valait le coup de faire de la qualité, quitte à vendre un peu plus cher », raconte l’Aulnaysien. Si son commerce a quelque peu souffert du couvre-feu et connu une trêve pendant le ramadan, Sofiane semble en passe de réussir un pari sur lequel peu auraient osé miser il y a encore quelques années.

Le roi du barbecue

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A 13 ans, après avoir été viré de deux collèges en l’espace de six mois car « trop turbulent ou trop souvent absent », il quitte de son propre chef l’école. Du moins temporairement. « Mes parents étaient inquiets et ont fini par me placer dans l’internat-relais de Fénelon à Vaujours », un établissement de réinsertion scolaire (ERS) qui accueille des ados aux parcours chaotiques. « Mes professeurs et éducateurs ont tout de suite compris que, malgré mon jeune âge, j’avais envie d’affronter le monde du travail. Ils m’ont donc aidé à trouver un stage dans une pizzeria car mon truc, c’était la restauration. » Suite à cette expérience enrichissante, il décide, l’été suivant, d’organiser un barbecue dans son quartier. « Des grands m’ont aidé à financer l’appareil et le boucher (pour la viande), le boulanger (pour le pain) et l’épicier (pour les sauces) m’ont fait crédit. A la fin de la soirée, non seulement j’ai pu tous les rembourser mais en plus je me suis fait un petit bénéfice. Du coup, pendant les deux mois de vacances, c’était barbecue tous les jours. » Avec ses économies, il investit dans une camionnette qu’il transforme avec « les moyens du bord » pour en faire un food-truck à burgers. Mais un contrôle de police sonne le glas de son business. « La municipalité m’a demandé de me mettre en règle et de faire une demande officielle d’emplacement. J’ai donc fait les choses proprement en suivant un stage d’hygiène, une formation et en déclarant mon entreprise », explique-t-il.

Des modulaires devant les hôpitaux

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Dans son « Estafette » homologuée, il propose des sandwiches à la baguette avec des marinades mitonnées par sa maman, « la meilleure cuisinière que je connaisse ». Cette aventure, qui dure quelques années – aujourd’hui, le camion sert de local pour stocker les marchandises -, lui permet de se tailler une réputation dans le quartier, même au-delà. Et débouche sur l’ouverture de son dernier-né, O’Munich. « La morale de l’histoire, c’est qu’il faut toujours croire en ses chances, ne jamais rien lâcher quand on a une idée en tête, analyse le restaurateur. Je n’ai pas fait d’études, j’ai arrêté l’école très jeune mais je suis une personne entêtée et ça a payé. » Mais Sofiane voit plus loin. Parmi ses projets, figure celui d’installer des constructions modulaires sur des secteurs où la demande de restauration rapide est forte. « Je cible en priorité les hôpitaux pour apporter une alternative aux cafeterias dont l’offre en produits frais est parfois faible. Et puis on sait maintenant que le personnel hospitalier a besoin qu’on prenne soin de lui, alors... »

Photos : ©Franck Rondot

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