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Auber 93, un week-end de vélo show show show

Ovni dans le paysage du vélo, St Michel Auber 93 était une fois de plus le seul club à aligner samedi 30 juin et dimanche 1er juillet une équipe amateurs, femmes et Elite au départ des Championnats de France, disputés à Mantes-la-Jolie. Et ils ont été loin de faire de la figuration ! Reportage de l’intérieur, calé dans la roue de ce club soutenu depuis de longues années par le Département.

Dimanche 1er juillet, temps de course, temps des braves. Il fait déjà chaud sur le parking de Mantes-la-Jolie où vient se garer le bus orange et blanc des coureurs pros de St Michel-Auber 93. Les mines sont concentrées, les regards aiguisés, pour ce 25e championnat de France Elite que s’apprêtent à vivre les P’tits Gars d’Auber.

Dans l’agitation d’avant-course, Kévin Le Cunff, Damien Touzé, Guillaume Levarlet et leurs 6 autres coéquipiers prennent tout de même le temps de signer quelques autographes et de se prêter au traditionnel jeu des selfies.
« Saint-Michel, paye ta galette ! », entend-on de la part des badauds qui défilent entre les bus des différentes équipes. Devenue sponsor principal de l’équipe en ce début d’année, la marque originaire de Loire-Atlantique ne laisse pas indifférent. Mais de temps à autre, on entend aussi ici et là un « Allez les P’tits Gars d’Auber ! ». Manière de mesurer qu’en 25 ans d’équipe pro, ce club a beaucoup fait pour la visibilité d’Aubervilliers et de la Seine-Saint-Denis, à mille lieux des habituels clichés et autres stigmatisations.
Une impression confirmée par les propos de Benoît Vasseur, un fan de vélo venu de Saint-Pierre-lès-Elbeuf avec ses deux fils, Simon et Paul, inscrits à l’école de vélo. « On est fans de Damien Touzé, un coureur originaire d’Iville, dans l’Eure, juste à côté de chez nous. Mais on est aussi ici pour Auber en général. C’est un club connu pour son bon esprit, familial, mais qui sait aussi faire jeu égal avec d’autres formations. »

Olivier Pouvesle, dirigeant de l’entreprise HP BTP- l’un des sponsors de l’équipe - et Meriem Derkaoui, la maire d’Aubervilliers, venus en voisins, ne disent pas autre chose. « Il y a 3 ans, je me suis engagé dans le sponsoring du club parce qu’il était alors dans une situation difficile et je voulais faire quelque chose pour lui faire passer ce cap. Aujourd’hui, je continue parce que c’est une belle vitrine du département et donc aussi pour mon entreprise de travaux publics », glisse Olivier Pouvesle, natif de Livry-Gargan.

Fournaise

Résonne le Top départ. Voilà les 153 coureurs partis pour 253 km de course, dans la fournaise de Mantes-la-Jolie. Car le circuit de 21,3 kilomètres a beau longer la Seine, puis quitter la ville au bout de 8 kilomètres : à la campagne, le soleil cuit aussi. On repense aux consignes du soir, passées par le manager général Stéphane Javalet et son adjoint Stéphan Gaudry au staff des assistants : un maximum de bidons - une centaine seront distribués - des poches de glace et du salé au ravito, pour éviter aux coureurs d’avoir la bouche pâteuse. Sage décision car Mantes-la-Jolie est en train de se transformer en Mantes-la-Rôtie.

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Là-dessus, premier fait de course : après 2 tours, un premier gros groupe d’échappés prend forme. Et dans ces 31-là figure notamment Anthony Maldonado, sprinter-baroudeur d’Auber 93 et vainqueur cette année du Circuit des Ardennes. Bien joué ! Car les grosses équipes, Groupama-FDJ, AG2R et Cofidis, sont elles aussi représentées à l’avant : l’échappée a donc de l’avenir.

Alors que « Maldo » et ses 30 compagnons comptent un bon matelas de 3 minutes 30, on rejoint Tom, Alexis, Yoan, Acet Molo et Simon, 5 jeunes de l’école de cyclisme du CM Aubervilliers, à la sortie de la zone ravito. Ces cinq-là, venus sur ces championnats grâce au club, ont décidé de partir à la chasse aux bidons. « Ils les jettent toujours 100-150 mètres après la zone ravito », affirme Tom, cadet et déjà une certaine expérience dans le domaine puisqu’il possède chez lui une collection de 85 bidons, tous d’équipes différentes. « C’est mon premier Championnat de France au bord de la route, et je suis content de voir comment ça se déroule, la stratégie de course, les préparatifs », explique de son côté Yoan, minime, qui rêve de devenir cycliste professionnel. « L’idée, c’est de leur montrer un peu les différents aspects du vélo – le plaisir, la tactique bien sûr, mais aussi la mécanique parce que pour certains, c’est un débouché professionnel possible », ajoute Jean-Baptiste Souquet, leur accompagnateur, cadre au CM Aubervilliers.

Nouveau passage des coureurs au ravito, et inquiétude : « Maldo » ne figure plus dans le groupe de tête. Après enquête auprès d’Eric, assistant au poste de ravitaillement, on en apprend la raison : déjà arrivé sur la course à court de rythme à cause d’une entorse, le coureur originaire de Martigues a « bâché » - autrement dit abandonné – après un coup de chaud. « Je le voyais, il prenait un bidon à chaque tour, généralement ça trompe pas, ça », lâche Eric, désolé pour le coureur.

David contre Goliath

Mais chez Auber, on a plus d’un fer au feu : alors que l’avance du groupe de tête fond sous le travail acharné des grosses équipes, un contre se forme derrière les échappés. Et on a la chance de suivre le coup de feu à bord de la voiture du manager général. A la manœuvre du contre, Arthur Vichot, ex-champion de France. Et qui lui emboîte la roue ? Kévin Le Cunff, « Cunffri » de son petit nom made in Auber 93. « Ca c’est du beau vélo ! », s’enthousiasme Stéphane Javalet en tapant de joie sur son volant.

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Rapidement, ces révoltés rentrent sur ce qui reste du groupe matinal, formant un groupe de 13, chiffre qu’on veut croire porte-bonheur. Chez Auber 93, on se prend à rêver : et si Kévin Le Cunff refaisait la même que sur les Boucles de l’Aulne, sa première victoire pro remportée en mai au nez et à la barbe de… Vichot ? A 29 ans, l’ex-amateur d’Auber, qui jonglait encore entre son boulot de technicien dans l’aéronautique et sa carrière il y a deux ans, réalise une saison de toute beauté. A 21 bornes de l’arrivée, au passage sur la ligne, il est 7e, bien calé dans le groupe de tête, avec 1’45’’ d’avance. Mais dans la longue bosse du parcours emmenant les coureurs « au vert », les escarmouches sont de retour. Ca fuse de partout : attaque de Rudy Molard, mine de Barguil... Cunffri, victime de crampes, est obligé de laisser filer à 11 kilomètres du but. Et par-dessus le marché, une flèche bleue revient de derrière à la vitesse d’une balle de flipper : c’est Julian Alaphilippe, l’un des meilleurs coureurs du peloton. Le Cunff résiste, Le Cunff s’accroche, en vain. Tant pis, on passe au plan C : le courageux trouvera encore des forces pour emmener son pote Damien Touzé dans le sprint du peloton. Ce qui donne au final un joli tir groupé d’Auber : Touzé 16e, Levarlet 21e, Le Cunff 25e. Devant, les top coureurs se sont partagé le gâteau dans un final haletant : le rouleur de la FDJ Anthony Roux aura finalement frustré Alaphilippe d’une victoire qui lui semblait promise.

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De retour au bus, Javalet agite les mains d’admiration. Des championnats de France, il en a connu, et des beaux... Pour mémoire, Auber avait même fait mouche par deux fois, en 2000 avec Capelle et 2015 avec Steven Tronet. Mais "Jaja" fera tout de même de la place pour celui-ci dans son armoire à souvenirs... « Aujourd’hui, on a vraiment eu droit à un festival. Avec cette course de mouvement et les conditions très difficiles du fait de la chaleur, ça fait partir des plus beaux championnats que j’ai vécus. Rendez-vous compte : il n’y a pas eu un seul temps mort ! » Et de passer, l’esprit léger, au bilan de ses P’tits Gars : « Globalement on n’a rien à regretter. On pourra toujours dire qu’il nous manque les 30 km qu’on n’a pas l’habitude de disputer dans notre programme d’équipe Continental (3e division). Mais aujourd’hui, des coureurs World Tour (1ère division) comme Vichot ou Barguil ont aussi fini avec des crampes. »

Kevin Le Cunff, ambition oblige, était un poil plus déçu. « J’étais vraiment venu pour jouer un coup et quand on s’est retrouvé à 10 à 20 bornes de l’arrivée, j’y ai cru. Du coup, c’est davantage la déception qui prédomine. Je pense qu’avec un peu plus de courses longues, j’aurais pu jouer avec les meilleurs... » Il est consolé par Maldo, Levarlet et Romain Feillu, le capitaine de route, venus le féliciter pour sa course.

Tom et Yoan, les jeunes cyclistes en herbe, revenus de leur chasse aux bidons, ont aussi le sourire : « On a vu une super course, et Le Cunff a tout tenté ! » Sûr que Yoan, dans ses prochaines courses minimes ou dans le calme de son garage, jouera à être Le Cunff, échappé à 10 bornes de l’arrivée. Auber, c’est aussi ça : la transmission aux jeunes générations, et la conviction que David, à tout moment, peut battre Goliath.

Christophe Lehousse
Crédit photos :@Thomas Maheux

Course femmes

Auber 93 : le cyclisme féminin, c’est du sérieux !

Sur le podium de présentation des championnats de France, elles sont 6 femmes Elite à avoir les honneurs du public, à côté des amateurs et pros hommes : Sandrine Bideau, Océane Tessier, Océanne Philibert, Camille Deligny, Marine Cloarec et Léa Discontigny. « Etre le seul club à aligner ces trois formations à la fois, ça a de la gueule », se réjouit Sébastien Bailly, directeur sportif de l’équipe femmes. « Non seulement en termes de mixité, mais aussi en termes de mutualisation de la logistique : sur ces championnats de France, les amateurs hommes et femmes peuvent profiter du bus et du camion matériel des pros, on ne fait pas de différences », souligne-t-il. Depuis 2012, Auber 93 possède en effet une section Elite chez les femmes comme chez les hommes, volonté affirmée de parité hommes-femmes.

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Et en course, ça déménage tout autant que les hommes ! Samedi, un jour avant la course des pros, on a ainsi eu droit à une belle explication chez les filles, voyant Aude Biannic (Movistar) l’emporter en costaude. Derrière, Sandrine Bideau, 13e au final, a été dans le coup presque jusqu’au bout : « Je suis contente de ma performance », jugeait après coup la capitaine de route d’Auber 93, nouvellement arrivée dans l’équipe. « J’étais en forme par rapport à l’année dernière, à Saint-Omer, mais j’ai trouvé que c’était vraiment dur. Le circuit ne paye peut-être pas de mine comme ça, mais on est souvent en prise, et la chaleur et le vent rendent tout plus difficile ».
Au contact avec les meilleures durant toute la course, il aura juste manqué un peu de fraîcheur à Sandrine Bideau pour accrocher la roue de Biannic au sommet de la dernière difficulté, avant de basculer dans un long faux-plat descendant vers l’arrivée. « On a eu un petit temps mort avec les favorites, et franchement j’ai pas pu y aller », confiait cette enfant d’Aulnay-sous-Bois, toute contente de rejoindre une formation séquanodionysienne à 29 ans. « Pour moi qui ai vécu 28 ans à Aulnay avant de déménager tout récemment à Livry-Gargan, ça faisait sens », témoignait celle qui partage son temps entre son travail d’assistante comptable dans une société de conseil en informatique et sa carrière cycliste.
Car voilà une autre dimension de la vie des athlètes féminines d’Auber 93 : bien que coureuses Elite, elles ont toutes un travail ou des études à côté de leur carrière sportive. Océane Tessier, 35e de ces championnats de France, suit ainsi des études de diététique et est actuellement en stage dans un hôpital. Océanne Philibert, auparavant assistante dentaire, a pris un travail de livreuse de pièces de voiture à Saint-Dizier pour pouvoir garder sa charge d’entraînement de 5 jours par semaine… Seule Camille Deligny se consacre exclusivement au sport de haut-niveau grâce à son contrat de triathlète professionnelle. Pour cette jeune femme attachante de 27 ans, la difficulté est autre : véritable crack dans sa discipline – elle est recordwoman de France sur le triathlon Ironman – elle paye en ce moment le prix de l’adaptation au cyclisme sur route. « Ce sont des efforts qui n’ont rien à voir : il faut d’une part que j’apprenne à rouler en peloton, ce qui est interdit en triathlon. Et puis, j’ai aussi du mal avec l’intensité des efforts. En triathlon, les efforts sont plus longs, plus continus, alors que là, il faut accepter de se mettre dans le rouge quitte à redescendre ensuite », explique cette sportive qui, comme Discontigny, Philibert et Cloarec, a dû mettre pied à terre samedi, terrassée par la chaleur.

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Forcément déçue, Camille jugeait toutefois la journée réussie pour le cyclisme féminin, pour lequel elle milite activement. « Je trouve que les femmes ne sont pas encore assez prises au sérieux dans le vélo. On aborde toujours nos compétitions sous l’angle du loisir et rarement de la performance. Est-ce qu’on dit ça aux hommes ? Non. Alors pourquoi le dire aux femmes ? », souligne la triathlète domiciliée à Pau, qui s’apprête à parcourir 3 étapes du prochain Tour de France dans les Pyrénées, la veille de la course hommes. « Ce sera avec l’équipe féminine de Courcouronnes « Donnons des Elles au vélo », qui courait d’ailleurs aussi aujourd’hui, précise Camille Deligny. L’idée, c’est vraiment de faire au maximum la promotion du cyclisme féminin de haut niveau. »
Dimanche, peu de temps après sa 3e place chez les pros, Julian Alaphilippe confiait d’ailleurs s’être inspiré du scénario de la course féminine pour porter son attaque presque victorieuse à 11 kilomètres de l’arrivée. Preuve s’il en est que le cyclisme féminin, c’est du sérieux !

LES AMATEURS EN BREF
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- Baptiste Bleier, 41e d’une course amateurs débridée. Pour son deuxième championnat de France amateurs, le jeune rouleur de 22 ans du CM Aubervilliers n’a pas démérité. Arrivé dans le peloton principal, il se classe 41e, à 37 secondes d’un impressionnant Geoffrey Bouchard (CR4C Roanne) qui aura passé toute la journée devant. « J’ai essayé de prendre l’échappée de Dassonville et Bouchard (partie dès le km 39, pour 167 bornes à couvrir) mais je n’ai pas réussi à cause d’une cassure qui s’est formée à ce moment-là », racontait après coup Bleier. Habitant du Kremlin-Bicêtre, cet espoir, vendeur dans un magasin de cycles, est un passionné de mécanique. « J’ai dit au staff des pros de mettre un 54 voire un 55 dents à l’avant pour les gros rouleurs parce que dans la descente vers Mantes-la-Jolie, je n’arrivais plus à pédaler avec un 53x28, tellement ça filait », soulignait-il.

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- Pierre Lebreton, la tête et les jambes. Vendredi soir, il a débarqué aux Mureaux, lieu d’hébergement d’Auber 93, encore tout fumant de sa semaine. Car à 28 ans, Pierre Lebreton est interne à l’hôpital de Rouen – au service hématologie – et coureur amateur le week-end. « J’ai commencé le vélo en amateur à 15 ans, et je n’ai jamais arrêté. Parfois, c’est dur de tout combiner, mais ça me vide aussi la tête de ma semaine », témoigne ce coureur complet qui vit sa 2e saison chez Auber. Et malgré ses semaines denses, le jeune homme s’en est plutôt bien sorti : 82e à l’arrivée, 2e coureur d’Auber devant Nicolas Durand (101e) et Dylan Guinet (abandon, victime d’un coup de chaud). « J’ai tenté de sortir du peloton à 40 bornes de l’arrivée avec Freddie Guilloux (UC Nantes Atlantique) mais on s’est fait contrer. J’ai ensuite payé cet effort-là jusqu’au bout. Avec cette chaleur, ça ne pardonne pas », détaillait Lebreton avant de reprendre fissa la route pour Rouen. « Je bosse lundi ! ».

- Dylan is Dylan. Comme à son habitude, St Michel-Auber 93 prendra des stagiaires chez les pros pour les mois d’été. Cette année, Dylan Guinet, jeune Espoir amateur d’Aubervilliers et Dylan Maldonado, le petit frère d’Anthony Maldonado (AVC Aix) auront la chance de côtoyer les pros d’août à octobre. Dylan Guinet, routier-sprinter de 21 ans, 2e du Championnat d’Ile-de-France cette saison, espère ainsi s’aguerrir. Quant à Dylan Maldonado, 20 ans, son grand frère Anthony, pro depuis 4 ans à Auber, se réjouissait de sa présence à ses côtés cet été. « On a déjà disputé une course ensemble, en 2017, au Grand Prix de Charvieu, où on termine d’ailleurs un et deux, mais on n’était pas dans la même équipe. Là, ça va être sympa ».

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