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Anne Nguyen, une chorégraphe classe break

Passée par les arts martiaux avant de venir au break, cette chorégraphe s’attache dans son travail à révéler une facette plus artistique du hip-hop. Son spectacle "Kata", pour 8 breakeurs, a lieu du 16 au 19 janvier à l’Espace 1789 de Saint-Ouen où elle est en résidence de création. PORTRAIT.

« Le break, j’y suis venue parce que ça me faisait penser aux arts martiaux, que je pratique beaucoup. Ce côté dépassement de soi dans l’effort, l’aspect spirituel, le rapport au sol aussi. En fait c’est simple : pour moi, le break, c’est un peu un art martial contemporain ». Quand Anne Nguyen parle, elle va droit au but, comme ses danseurs : pas un geste, une fioriture de trop, c’est au cordeau, clair et beau comme un kata.

« Kata », c’est d’ailleurs le titre de son nouveau spectacle, conçu pour 8 breakeurs dont une femme, pour lequel elle est en résidence à l’Espace 1789 de Saint-Ouen. « Kata, c’est un terme qui signifie « forme » en japonais et qui fait référence aux enchaînements qu’on apprend de son maître dans plusieurs arts martiaux », explique celle qui, avant la danse, a pratiqué et continue de pratiquer viet vodao, jiu jitsu brésilien et capoeira.

« Les arts martiaux ont d’une certaine manière été pour moi la porte d’entrée vers la danse », se souvient cette chorégraphe de 37 ans, tout en concédant avoir découvert la danse « sur le tard ». « Ado, la danse, c’était un rapport à la séduction qui ne me plaisait pas trop. Mais ensuite, avec le hip-hop, j’ai vu que ça pouvait être autre chose : j’ai eu envie de travailler ce rapport au corps et la possibilité de créer des personnages », explique Anne Nguyen.
A cet égard, son séjour à Montréal en 1999, alors qu’elle est encore étudiante, constitue une expérience fondatrice : des amies d’un cours de capoeira lui font découvrir le break, cette danse « physique, à l’énergie tellurique » qu’elle ne lâchera plus. De cette rencontre coup de foudre découlent des années comme danseuse interprète pour différentes structures, puis la création de sa propre compagnie, au nom prédestiné, « par Terre ».

Un rapide coup d’oeil aux titres de ses précédents spectacles renseigne déjà sur l’univers de cet esprit éclectique. « Racine Carrée », « Lettres à Zerty » renvoient à sa pensée scientifique, elle qui a étudié en maths-physique. « Yonder Woman » ou encore « Danse des guerriers de la ville », dont le titre paraît emprunté à Paulo Coelho, puisent davantage aux sources de sa poésie du quotidien et à sa volonté de révéler la beauté du geste.

A l’Espace 1789 de Saint-Ouen, Anne Nguyen a donc eu trois ans de résidence (soutenue par le Département) pour travailler sur ses différentes créations et approfondir davantage ces liens entre arts martiaux et break. Pour transmettre son art à des primaires, collégiens, lycéens, plusieurs MJC et associations aussi. « J’aime bien être au contact des jeunes. Généralement, lors des ateliers qu’on fait ensemble, je tâche d’être tout de suite dans la pratique parce que ce qu’ils veulent, c’est bouger. Mais bon, je tâche aussi de les sensibiliser à ma démarche artistique », dit celle qui intervient également devant une classe de Sciences-Po Paris.

La Seine-Saint-Denis, Anne Nguyen connaît bien, même si elle-même est originaire du Val-de-Marne. Ne serait-ce que parce qu’elle fait partie de cette génération qui a vécu les débuts du rap français, dont les têtes d’affiche s’appelaient alors Suprême NTM et leur fameux « Seine-Saint-Denis style ». « Des villes comme Saint-Denis ou Aulnay, avec le centre de danse du Galion, étaient alors très dynamiques sur la scène hip-hop. Après Châtelet ou La Défense, c’était l’endroit où se retrouver pour s’entraîner et participer à des battles. Donc oui, dans mes jeunes années, j’y suis beaucoup allée ».
Par conséquent, devenir ambassadrice de la marque territoriale IN Seine-Saint-Denis coulait de source pour cette jeune femme : « Avec le Grand Paris, j’estime que ce projet de marque est une manière de valoriser encore davantage le dynamisme de ce territoire. » Et celle qui a aussi été en résidence au théâtre Louis-Aragon de Tremblay avant son séjour à Saint-Ouen de tresser un vibrant éloge des politiques culturelles du Département : « c’est un territoire hyper dynamique au niveau culturel. Du coup, ça touche aussi la danse hip-hop, et c’est une grande chance ». Avec l’enthousiasme d’Anne Nguyen, les guerriers de la ville n’ont pas fini de danser.

Christophe Lehousse
Crédit photo : Philippe Gramard

N.B : « Kata », spectacle pour 8 breakeurs, sera joué du 16 au 19 janvier à l’Espace 1789 à Saint-Ouen. 15 euros plein tarif, 11 euros tarif réduit. Pour plus d’informations : https://www.espace-1789.com/spectacle/kata
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