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Anne Brochet nous plonge dans un grand bain de poésie

Pour la première fois, seule en scène, Anne Brochet joue Odile et l’eau, un de ses propres textes sur la scène du Théâtre Gérard Philipe de Saint-Denis. Une réussite à voir jusqu’au 27 novembre.

Chaque jour, une Odile vient nager à la piscine municipale. Ses enfants sont grands, ils sont partis. Son Nicolas aussi… Elle a le temps, elle s’occupe enfin d’elle et nage. Elle a ses habitudes, ses rituels, et même un petit idéal à atteindre : un bassin libre de tout baigneur, à la surface si tranquille, si apaisée :
« J’arrive pour l’ouverture des portes. Zéro baigneurs !!!
Vite. Vite. Me changer. Casier 74, âge de la mort de ma mère.
Vite, sous la douche. Je la vois : cette beauté de surface immobile.

On dirait qu’elle s’est solidifiée pendant la pause déjeuner. Une
piscine publique vide, c’est une vision des plus émouvantes que
je connaisse, ça me touche plus qu’un lac ou qu’un océan. Une
piscine vide de nageurs, c’est comme une mère qui se repose
après avoir tout donné. »

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Sur une scène, la piscine est simplement suggérée : au sol un grand rectangle bleu, des plots de départ argentés, une échelle en inox, une bouée… Tout tient dans la performance d’actrice d’Anne Brochet ("Cyrano de Bergerac", "Tous les matins du monde") qui, par son jeu, nous entraîne dans l’eau avec Odile. Là, entre les lignes d’eau, Odile se parle.
« Ce que je veux dans ma vie présente, c’est pouvoir faire de beaux crawls, toniques, filiformes et très silencieux.
C’est ce que j’aime le plus, quand ils sont muets. Précis et détachés. Un idéal de moi-même. J’y arriverai. J’ai tout l’été. »

Elle s’applique à s’étirer, à allonger son crawl comme il y a longtemps lui avaient appris ses professeurs, Mr et Mme Fontana. Tiens, elle se rappelle leurs noms ! Sur le dos, à fixer le plafond, les souvenirs reviennent. Les peurs également, celle de recevoir sur la tête un des enfants si bruyants qui s’amusent à faire des bombes, et celle d’aller ensuite déjeuner chez son père, où sa mère ne l’accueillera plus du bout du couloir…

Seule, Odile observe aussi les autres baigneurs, les détaille : « Mais qu’est-ce qu’il a celui-ci avec sa serviette PSG autour de la taille ? Il n’a jamais vu une femme palmée ? ». Le bassin devient son carnet intime aquatique et poétique, où elle nous livre ses espoirs, ses doutes, sa recherche d’un homme. Et finalement, ce sera une plongée dans le grand bain qui lui permettra de reprendre pied.

Photos : Pierre Alain Giraud

Odile et l’eau
Du 17 AU 27 novembre
Texte, conception et jeu Anne Brochet
Chorégraphie et collaboration artistique Joëlle Bouvier
Théâtre Gérard-Philipe, centre dramatique national, Saint-Denis

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