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Aminata Cissokho, son rêve bleu

A 17 ans, elle marche dans les pas d’Allison Pineau et Kalidiatou Niakaté, deux championnes du monde formées elles aussi au CM Aubervilliers. Portrait de cet espoir du hand qui fait partie du dispositif départemental Génération Jeux.

Handball, bachot, dodo. Voilà un peu le quotidien d’Aminata Cissokho, espoir de l’équipe de France de hand et lycéenne en terminale L. En ce vendredi soir, la jeune joueuse vient s’entraîner avec son club de coeur, le CM Aubervilliers, après une longue semaine passée au Pôle espoirs de Châtenay-Malabry où elle est interne. 10h d’entraînement hebdomadaire, plus les cours, ça use, ça use... « Ca me fait des bonnes journées, admet la jeune femme avec un sourire. En dehors de ça, j’ai encore un peu le temps pour sortir avec les copines. Mais le reste du temps, je dors ! »
Le handball, l’Albertivillarienne est tombée dedans un peu par hasard. Au collège Jean-Moulin, lors d’un cycle handball, son professeur d’EPS lui suggère qu’elle aurait des qualités pour pousser plus avant. « Du coup, on s’est motivées avec une bande d’amies pour s’inscrire au CMA et y créer une équipe de moins de 14 ans ». A cette époque, les jeunes filles entrant au club pratiquent en effet encore le handball en mixte.
« C’était un groupe très vivant, dynamique, se souvient Ousmane Kane, actuel entraîneur de l’équipe première féminine du club et qui a vu grandir cette génération. Deux ans après son arrivée au club, cette classe d’âge est devenue championne de France en excellence. Parmi elles, Aminata avait ce truc en plus : c’est une battante, très exigeante envers elle-même. »
Aubervilliers, il n’y avait pas de réflexe plus naturel pour Aminata. « C’est un club hyper chaleureux, formateur et j’aurai du mal à en partir », dit la jeune fille, comme consciente du fait que ce jour arrivera malheureusement, pour progresser encore.

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Parmi les plus jeunes de l’effectif seniors d’Aubervilliers en championnat N2, l’ailière gauche détone également par sa précocité en équipe de France juniors. « Ma première sélection, c’était vers 15-16 ans, un tournoi lors d’un stage avec les Bleues. M’en reste un grand sentiment de fierté, mais aussi, pour être honnête, de stress. J’étais avec des filles qui avaient déjà l’expérience des rassemblements, moi je découvrais tout ». Même ressenti à l’heure de connaître sa première grande expérience internationale : les Mondiaux U20 en Hongrie en juillet dernier, où les Bleuettes se feront chasser en quarts de finale par la Norvège.
« C’était vraiment énorme comme expérience. Ca m’a permis d’évoluer avec des filles qui jouent déjà en D1, ce qui m’a fait prendre beaucoup de maturité en très peu de temps », ponctue Aminata Cissokho qui souhaite désormais enchaîner par l’Euro juniors, où les Bleuettes défendront justement leur titre.
Dans sa quête vers les sommets, on pourrait penser qu’Aminata est guidée par Allison Pineau ou Kalidiatou Niakaté, sacrées championnes du monde en 2017 et made in Aubervilliers tout comme elle. Mais c’est surtout Siraba Dembélé, la capitaine des Bleues, qui aimante son attention. « Je suis fière de dire qu’Allison et Kali viennent de mon club, mais en tant qu’ailière gauche, c’est Siraba que j’essaie de prendre pour modèle », explique celle qui ne loupera évidemment aucun des matches des Bleues lors de leur Euro à domicile à partir du 29 novembre.

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Dans ses allers-retours entre Châtenay-Malabry et Auber, il est un rêve qui revient plus d’une fois sur l’écran noir de la vitre du RER pour Aminata : elle est aux Jeux de 2024 sous le maillot des Bleues, son frère, ses sœurs et ses parents sont là pour l’encourager. « C’est sûr que ça prend une grande place dans ma tête. C’est pour ça que je travaille au quotidien », reconnaît celle qui fait partie, comme 19 autres athlètes séquanodionysiens, du dispositif départemental « Génération Jeux ». « Etre retenue dans ce collectif m’a donné un sentiment de reconnaissance. Et plus encore qu’à moi, je pense à ma mère qui se met en quatre pour que je réalise mon rêve  », souligne Aminata.
Les Jeux, elle pense aussi que c’est une grande chance pour le département, notamment en termes d’image. « Les gens retiennent malheureusement le mauvais côté du 93 alors qu’il n’y a pas que des points négatifs. Là, ça permettrait de montrer la richesse humaine du département, de prouver qu’on sait accueillir le monde », remarque-t-elle.
22h, fin de l’entraînement, encore une bonne chose de faite. Demain samedi, c’est jour de match avec le CM Aubervilliers avant de passer sous un autre bleu : celui de l’équipe de France pour un stage. Baigner dans le bleu, c’est d’ailleurs tout ce qu’on lui souhaite.

Photos :@Sylvain Hitau

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