Catégories
Seine Saint-Denis
Saint-Denis La Courneuve Football

A Marville, le Red Star rentre à la maison

Un centre d’entraînement au parc départemental des sports de Marville à partir de cet été, un stade Bauer refait à neuf à l’horizon 2024... Le club emblématique de Saint-Ouen, qui par le passé avait dû s’exiler ailleurs, renoue avec ses bases locales. Un recentrage qui est le fruit de l’action du club, mais aussi de la volonté de nombreux acteurs politiques, parmi lesquels le Département.

Rayan, jeune joueur de 17 ans originaire de l’Ile-Saint-Denis, quitte un instant le tout nouveau terrain synthétique du stade de Marville pour nous donner ses impressions. Lui qui était habitué à s’entraîner au stade Bauer de Saint-Ouen doit encore se faire au nouveau lieu, mais il se dit quand même enthousiaste. « Le terrain est top, et quand les vestiaires seront finis, ça va vraiment être bien. Ca m’incite à rester ici et à tout donner ».

A partir de cet été, le Red Star va en effet bénéficier d’un nouveau centre d’entraînement au parc des sports départemental de Marville. Une partie de cette vaste plaine de jeux, située à la lisière entre Saint-Denis et La Courneuve, accueillera en effet aussi bien l’équipe pro que l’Académie du club – des jeunes entre 15 et 18 ans bénéficiant d’horaires aménagés. Fini donc « l’exil » que le club de Saint-Ouen a pu connaître à Saint-Leu, puis à Gennevilliers, où il était contraint de s’entraîner faute d’infrastructures adaptées dans le département.

JPEG - 76.3 ko

« En revenant sur nos bases historiques, le projet est de réveiller un club populaire, longtemps assoupi. Et pour ça, Marville est un point d’ancrage particulier. Ici, les joueurs de l’effectif pro croiseront les jeunes de l’Académie (embryon du futur centre de formation que le Red Star espère ouvrir) dans le cadre d’un véritable projet de territoire », expliquait ainsi Patrice Haddad, président du Red Star, qui se réjouissait de voir les « planètes s’aligner » avec en complément le lancement des travaux au stade Bauer de Saint-Ouen pour en faire une enceinte de 10000 places à l’horizon 2024.

A Marville, l’attente sera moins longue : la tribune attenante à l’ancien terrain d’honneur - là même où le Red Star avait fiévreusement disputé certains matchs de maintien de 1998 à 2002 - reconvertie donc en centre d’entraînement, sera opérationnelle dès cet été. Pour le moment, il faut encore user de son imagination pour visualiser les futurs espaces du rez de chaussée, en travaux, mais le projet est là, bien concret : deux terrains d’entraînement – dont un, le synthétique, est déjà fonctionnel – une plaine dédiée aux gardiens, 5 vestiaires, un espace de vie et un autre de musculation, ainsi qu’une piste d’effort. Avec comme projet d’investir aussi à terme le premier étage, qui serait lui dédié au Red Star Lab, cet atelier consacré à l’ouverture culturelle des catégories jeunes du club, lancé en 2007.

Éviter le déracinement

JPEG - 80.5 ko

Des travaux représentant au total un investissement de 2,4 millions d’euros, dont la moitié versée par la Région. Le Département, lui, aura aussi fortement contribué à la réimplantation du Red Star dans son territoire d’origine en mettant à disposition l’espace du stade de Marville, dont il est propriétaire, à travers une convention d’occupation de 10 ans. « Ce centre d’entraînement, c’est la rencontre de deux volontés : celle du club et du département, rappelait ainsi Stéphane Troussel, président de la Seine-Saint-Denis. Nous trouvions que Marville était trop replié sur lui-même, n’exploitait pas toutes ses possibilités. De son côté, le Red Star souhaitait retrouver son ancrage local et pouvoir enfin retenir ses jeunes talents. Il était donc naturel que nous nous retrouvions dans la volonté de développer ce site. »

Pour le club historique du département, engagé dans sa 124e année d’existence, l’enjeu est en effet double : permettre à son équipe première de remonter en Ligue 2 (cette saison, le club a manqué la montée, en terminant 7e de National), ce qui lui ouvrirait ensuite le droit de devenir centre de formation, et donc un argument de plus pour retenir ses jeunes talents qu’il n’a pour l’instant pas toujours les moyens de conserver. « Cela nous intéresse évidemment de garder à terme nos jeunes joueurs, rappelait Steve Marlet, ancien international formé au Red Star et actuel conseiller du président du Red Star Patrice Haddad. Mais à travers ce centre d’entraînement, nous pensons aussi à eux : le déracinement, des études le prouvent, est un des principaux facteurs d’échec à l’heure actuelle. En évitant ce facteur-là, on a donc beaucoup plus de chance de former des joueurs épanouis dans leur vie sportive, mais aussi d’hommes. »
Souleymane Camara, manager général de l’Association Red Star, c’est-à-dire des équipes de jeunes, lui emboîtait le pas : « Le but est aussi de permettre à de jeunes joueurs de rester au maximum sur place dans le département, au contact de leurs familles. Parce que cela leur est bénéfique sur un plan sportif mais aussi scolaire. On a déjà commencé ce modèle avec la Red Star Académie lancée en septembre 2019, il s’agit maintenant de l’amplifier en devenant à terme centre de formation ».

Soucieux de former des joueurs aux jambes virevoltantes, mais aussi à la tête bien faite, le club audonien a donc déjà noué un partenariat avec le lycée Paul-Eluard de Saint-Denis pour des classes aux horaires aménagés et aimerait en nouer d’autres avec le collège Jean-Lurçat et Garcia-Lorca, également dans la cité des rois. L’ouverture d’une section féminine est aussi à l’étude avec le lycée Suger. A Marville, le Red Star vient donc de poser ses valises et pourra désormais employer son énergie à dessiner son futur.

Christophe Lehousse
Photos : ©Nicolas Moulard

Marville, un espace de sport pour toutes et tous

En accueillant à partir de cet été le centre d’entraînement du Red Star, le parc des sports de Marville souhaite valoriser le sport de haut niveau. Mais cet espace sous gestion départementale n’entend pas le faire au détriment d’autres pratiques. « Sport loisir, sport santé, il doit y en avoir pour tout le monde », soulignait Stéphane Troussel, le président du Département, prenant pour exemple l’arrivée en 2020 du Five – un espace de foot en salle – et la nouvelle piscine qui doit ouvrir sur ce même site en janvier 2024, pour un investissement de 33 millions d’euros. Et l’ambition du département est aussi de surfer sur la dynamique des JO 2024 pour faire de ce site jusqu’ici sous-exploité, situé juste en face du parc Georges-Valbon, un pôle sportif pour toutes et tous.

à lire aussi
Seine-Saint-Denis JOP 2024

24 sites pour 2024 : le sport est en bas de chez vous !

L’accueil des Jeux olympiques et paralympiques en 2024 doit être aussi l’occasion de mettre le sport à portée de tous∙te∙s dans l’espace public. C’est l’objectif de « 24 sites pour 2024 », un dispositif qui propose au grand public des activités sportives gratuites jusqu’à la mi-juillet dans une vingtaine de villes de la Seine-Saint-Denis. Découvrez le programme !

Saint-Denis Tennis de table

Championnes de France !

Samedi 5 juin, l’équipe féminine du Saint-Denis US 93 tennis de table a remporté la finale du Championnat de France par équipe, en ne laissant aucune chance à Metz (3-0). Après leur victoire en Coupe d’Europe des clubs ETTU, les Dionysiennes ont réalisé une saison exceptionnelle.

Athlétisme Montreuil

A Montreuil, Zango égale Tamgho

Pour le retour du meeting international d’athlétisme de Montreuil, certes à huis clos mais pas sans chaleur, le Burkinabé Hugues-Fabrice Zango a fait le show au triple saut, égalant le record de l’épreuve détenu par un certain Teddy Tamgho. Côté français, Melvin Raffin, dans ce même concours de triple, et Rénelle Lamote, sur 800m, ont tous deux réalisé les minimas pour les Jeux de Tokyo.

Génération jeux Jeux olympiques et paralympiques Athlétisme

Charles-Antoine Kouakou, Né un 14 juillet

Fin août, ce sprinter de 22 ans représentera la France sur 400m aux Jeux paralympiques de Tokyo. Membre de l’association « Sport Toi Bien 93 », à destination de personnes ayant des déficiences mentales ou psychiques, cet athlète fait déjà la fierté de son ESAT du Bourget-Drancy, où il travaille à mi-temps comme jardinier. En attendant davantage, lui qui est un assoiffé de médailles.