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30 jeunes d’Aulnay et La Courneuve swinguent à la Nouvelle-Orléans

Du 23 avril au 2 mai, 30 musiciens amateurs d’Aulnay et de La Courneuve sont partis à la Nouvelle-Orléans dans le cadre d’un programme d’éducation initié par l’association Villes des Musiques du Monde. Nous les avions rencontrés fin 2017 lors d’un de leurs nombreux concerts dans le département. Les voici désormais dans la patrie du jazz et des brass bands !

A eux trois, ils forment presque un brass band à eux tout seuls… Les deux filles, Predy et Minguetta, sont à la trompette pendant qu’Oumar, le papa, est au trombone. En ce vendredi 20 octobre 2017, ces trois-là font partie de la trentaine de musiciens amateurs venus jouer du jazz new orleans à la Micro-Folie de Sevran, dans le cadre du festival Villes des Musiques du monde.
Et ça swingue drôlement. A en rendre presque jalouses les fanfares de la Nouvelle-Orléans, qui ont inspiré ce projet musical impliquant Le Cap d’Aulnay, le collège Pablo Neruda à Aulnay, l’association de quartier du Gros-Saule, l’espace Jeunesse Guy-Môquet de La Courneuve et donc le festival Villes des Musiques du Monde.

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Le principe de ces Fabriques orchestrales amateurs (leur dénomination officielle) : voilà deux ans que des adolescents et adultes d’Aulnay, de la Courneuve ou d’ailleurs se sont vus prêter des instruments à vent, pour favoriser une découverte de la musique basée sur le plaisir et la pratique intuitive. « Un maximum de pratique, un minimum de théorie, résume Bruno Wilhelm, saxophoniste professionnel et chef d’orchestre de ce brass band made in Seine-Saint-Denis. Au début, je les fais apprendre par la seule imitation. Et après, j’essaie de corser un peu les choses en leur faisant reproduire des sons à l’oreille. »
Le moins qu’on puisse dire, c’est que ça marche. « J’adore la trompette. Deux ans que j’en fais, et j’ai déjà fait plein de progrès », dit fièrement Predy, 11 ans, qui pratique désormais une heure et demie par semaine. Ce projet musical original a aussi su séduire Oumar, son père. « C’est super que je puisse partager ça avec mes filles », témoigne ce quadragénaire. « Mais au-delà de l’aspect familial, des initiatives de ce type donnent aussi de la visibilité à notre département. Alors que le regard extérieur nous colle si facilement des préjugés, c’est important de pouvoir dire qu’il y a aussi ce genre de projets positifs en Seine-Saint-Denis. Et je vais vous dire : c’est même l’essentiel de ce territoire », renchérit ce gardien d’immeuble qui a croisé la route des Fanfares orchestrales à l’Espace du Gros Saule, un centre social d’Aulnay.
Et pourquoi la Nouvelle Orléans alors ? « Parce que je suis un fou de jazz, mais aussi pour le côté social de ces fanfares, reprend Bruno Wilhelm. Ce qui compte ici, c’est le collectif et l’entraide. Et petit à petit, les anciens élèves se muent en profs pour les nouveaux venus. »
Démonstration par l’exemple avec Yannis qui, pendant la chauffe, était justement en train de faire répéter leurs gammes aux petits nouveaux. A 13 ans, ce trompettiste a déjà tout d’un vieux routier. « J’ai découvert la fanfare dans mon collège, à Pablo-Neruda, où les ateliers ont commencé il y a deux ans. Ce qui me plaît, c’est de faire de la musique sans solfège. Et puis, très vite on apprend à se faire confiance en jouant en concert ».

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« Second Line », « Ounané », « Big Chief », les grands standards défilent. L’espace d’un instant, on se croirait sur Canal Street, durant la fête de Mardi gras. D’ailleurs, on ne croit pas si bien dire : fin avril 2018, ces 30 veinards vont effectivement pouvoir découvrir « Nola » - le surnom de la Nouvelle Orléans – dans un voyage mêlant musique et visites touristiques. Le programme de la petite troupe est copieux : répétitions au Musée du jazz de New Orleans, partenaire du séjour, rencontres avec certaines pointures du jazz et échanges avec les élèves de la Landry Walker School, un lycée avec lequel un partenariat a été établi il y a trois ans. Leur contact sur place s’appellera notamment Wilbert Rawlins junior, professeur de musique de ce lycée venu plusieurs fois en France avec ses classes pour y jouer avec les membres des Fabriques orchestrales amateurs.
« J’ai hâte d’y être, jubilaient Khadija et son trombone avant le départ. Je ne connaissais pas du tout la culture de la Nouvelle Orléans, et j’ai commencé à m’y intéresser grâce à cet atelier. Je vais voir de temps en temps les brass band mythiques dont nous parle notre encadrant Bruno : Rebirth Brass band, Hot 8 Brass band… C’est incroyable de penser qu’on va les rencontrer ! » Roulez jeunesse !

Christophe Lehousse
Photos : @Sylvain Hitau

Pour suivre leur voyage, c’est par ici

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