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IN Seine-Saint-Denis

Voulez-vous être ambassadeur ?

En lançant sa marque In Seine-Saint-Denis, le Département réclame la fin des clichés ! Le territoire veut se montrer tel qu’il est : inventif et dynamique. Devenir ambassadeur, ça vous intéresse ?

Pour supporter son équipe de foot, on porte son maillot. Pour dire son amour à la Seine-Saint-Denis, on peut désormais porter ses couleurs, revendiquer ses valeurs et dire ainsi non au bashing (au dénigrement). Les ambassadeurs qui ont décidé de défendre et de représenter la marque territoriale In Seine-Saint-Denis habitent le département ou y travaillent. Ils s’appellent Sarah Ourahmoune, Olivier Babinet, John Dovi, Les Bergers urbains, le Red Star, Positive Planet France à Bondy. Ils et elles sont sportives, réalisateurs, agricultrices, footballeurs, écrivains. La marque ne fédère pas qu’une communauté d’entrepreneurs, elle est présente sur les maillots de foot et bientôt sur des produits fabriqués dans le département. Elle estampille aussi les films produits en Seine-Saint-Denis et des programmations théâtrales.
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À Montreuil en novembre dernier, ils sont 70 à se réunir. Il y a des amies trentenaires qui veulent monter un supermarché coopératif ; un retraité qui prône les vertus du potager ; une artiste quadra pleine de projets culturels ; un étudiant horticole toujours au lycée ; des urbanistes rompus à la prise de parole en public ; des architectes tout ouïe…
Des gens de toutes les générations, de tous les milieux, de toute la Seine-Saint-Denis qui se sont retrouvés, sans même se connaître, dans un local brut de béton du Bas-Montreuil à l’invitation de Paul Jarquin. Cet ambassadeur In Seine-Saint-Denis, PDG de la société REI France, proposait à tous ceux qui avaient des projets près de chez eux de travailler en équipe. L’objectif : répondre aux appels d’offres du Grand Paris sur quelques-uns des 21 sites qui vont faire l’objet d’une restructuration en Seine-Saint-Denis.

Changer la donne

Pour augmenter ses chances, cette entreprise spécialisée dans la construction de logements collectifs en bois a compris qu’architectes et urbanistes ont tout intérêt à s’appuyer sur les acteurs de terrain. « C’est un échange de bons procédés, ils ont les structures pour répondre à des appels d’offres. C’est complexe, chronophage et ce n’est pas notre métier. On peut louper un truc juridique », explique une habitante intéressée par le site du fort de Romainville. « Moi je suis curieux et enthousiaste. L’essentiel est de générer des synergies », explique un habitant des Lilas. « On a des intérêts communs, de vrais biotopes à conserver. Il faut veiller au grain. On a envie de préserver la beauté de ces endroits », dit un autre.
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Une fois les présentations faites, les intentions dévoilées, on se dit que quelque chose est en train de se passer. On se rapproche, on se sourit, on s’écoute attentivement et on se rend compte qu’on part à l’aventure ensemble. Direction : l’avenir de la Seine-Saint-Denis au sein du Grand Paris. « Nous voulons favoriser la co-construction de projets, et plus on est en amont avec les gens sur le montage de projets, mieux c’est. Les ambassadeurs du In Seine-Saint-Denis vont accompagner cette démarche », explique Paul Jarquin.
La marque In Seine-Saint-Denis permet de réunir ceux qui croient en leur département pour bâtir des projets. Elle a aussi vocation à dépasser les clichés. Car les médias ont encore bien du mal à voir les jeunes de Seine-Saint-Denis tels qu’ils sont.
Labelliser le Salon du livre et de la presse jeunesse In Seine-Saint-Denis permet d’associer dans l’inconscient «  livres », « jeunes » et « Seine-Saint-Denis ». Car les enfants de ce département aiment lire, et oui !

S’ancrer quelque part

Cette démarche vise aussi à mettre en valeur nos talents, qu’ils soient auteurs ou illustrateurs. Certains comme Emmanuel Guibert (Ariol), ou Bruno Gibert (Le Petit Gibert illustré) ont rejoint les ambassadeurs du In Seine-Saint-Denis. Pour le président du salon, Christophe Honoré, la question de l’ancrage à un territoire est primordial : «  Le territoire devient pour les auteurs leur laboratoire, un vrai support. »
Artisans, chefs d’entreprise, ils sont de plus en plus nombreux à choisir d’être ambassadeurs du In Seine-Saint-Denis. Bastien Brunis, de l’agence Solicom implantée à La Courneuve, en fait partie. Ce pro de la communication ne tarit pas d’éloges sur la Seine-Saint-Denis. Comme tout businessman, son temps est compté. C’est donc en deux heures top chrono qu’il a distillé ses petits secrets de fabrication lors d’un atelier bien ciblé et très concret sur le financement participatif. Lui qui a réuni 300 000 euros pour la campagne SOS Méditerranée croit en son département et le fait savoir.
La Seine-Saint-Denis change, et ceux qui y sont attachés ne veulent pas que cela leur échappe. Derrière le logo, il y a des valeurs, de l’énergie et surtout une intelligence collective. C’est ce qui fait la force du In Seine-Saint-Denis.

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Pour le lancement de sa marque territoriale, le 18 octobre 2016 à Pantin, la Seine-Saint-Denis a réuni tous ceux qui croient en elle : associations, particuliers, chefs d’entreprises, sportifs, artistes… Une belle démonstration d’intelligence collective.

Anne-Lise Le Brun, responsable culturelle de l’université populaire de Bagnolet
«  La Seine-Saint-Denis est le département le plus stigmatisé de France, et l’idée est d’inverser ça. Il y a une richesse, une énergie dingue : alors il faut arrêter de nous pointer du doigt comme le département poubelle.  »

Aurélie Cardin, enseignante à Paris 13, habitante à Aubervilliers
« Dans les années 60 et 70, l’image de la banlieue était différente, positive, il y avait du travail, des logements neufs, l’espoir était là, c’était un laboratoire de progrès ! C’est encore le cas mais le discours est devenu négatif. »

Guillaume Roy entrepreneur à Pantin,
« Au départ, je ne connaissais pas bien le 93. J’avais des a priori qu’on peut avoir quand on vient de l’extérieur. Aujourd’hui, je dirais que c’est une terre d’espoirs. Tout ce qui compose la France d’aujourd’hui est là, en petit, rassemblé sur un territoire. »

Les bergers de la Seine-Saint-Denis au Salon de l’agriculture

À la tête d’un troupeau de cinquante moutons, l’association Les Bergers urbains sillonne la Seine-Saint-Denis. Une de leurs bergeries se situe sur le campus de Villetaneuse. Lors de leur transhumance, les personnes qu’ils croisent sont nombreuses à leur donner des conseils. « Beaucoup sont immigrées et ont eu une vie paysanne avant d’arriver là. Ils ont beaucoup de savoir-faire en la matière », expliquent les membres de cette association, qui se sont retrouvés dans les valeurs du In Seine-Saint-Denis. Ces ambassadeurs de la marque territoriale seront présents au prochain Salon de l’agriculture comme d’autres producteurs.

JPEG - 23.9 koTrois questions à Stéphane Troussel
Propos recueillis par Sabine Cassou

La marque territoriale prend de l’ampleur. Étre In Seine-Saint-Denis, c’est la nouvelle tendance 2017 ?

En tout cas, ce n’est ni une mode ni un coup de communication. A travers cette action volontaire, je souhaite renverser la vapeur et mettre en avant les atouts de la Seine-Saint-Denis, car ils sont nombreux et positifs. Malgré nos efforts, nos réussites, nos projets et nos initiatives fortes, ce qui reste trop souvent ce sont les clichés et les images négatives. Le In Seine-Saint-Denis est aussi la marque d’un attachement commun de tous les acteurs territoriaux, qu’ils viennent du monde de l’éducation, du sport, de l’environnement, de la culture ou de l’économie. Pas de repli sur soi mais de l’optimisme et de l’espoir pour notre département…

Les ambassadeurs du In veulent se serrer les coudes. Mais qu’y a t-il de commun entre des bergers urbains, un club de foot, un cinéaste ou une championne olympique de boxe ?

Même si certains d’entre eux sont arrivés en Seine-Saint-Denis par hasard ou pour des raisons économiques, ces ambassadeurs disent tous y avoir découvert des valeurs de solidarité, de partage, de créativité, d’innovation… Dans un réel contexte de difficultés sociales et économiques, ils ont décidé de s’unir plutôt que de subir. Je pense aux travailleurs sociaux, aux professionnels de la justice et de la police qui ont, ensemble, contribué à mettre en place un téléphone portable d’urgence pour les femmes en danger. Les exemples innovants de ce genre ne manquent pas en Seine-Saint-Denis…

Quelles sont les prochaines actions concrètes de cette grande énergie collective ?

Ce n’est pas moi qui décide des prochaines étapes ! Ce sont les ambassadeurs qui proposent, inventent leurs propres initiatives. Nous avons néanmoins réfléchi à labelliser un certain nombre de produits fabriqués en Seine-Saint-Denis, et nous allons également lancer un appel à projets. L’idée est de faire émerger des talents, de soutenir des projets nouveaux et de porter une part de cette fierté de la Seine-Saint-Denis.

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