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Frank Spinozzi dit « so long » aux Bisons

Après 10 ans passés sur le banc du club de hockey sur glace de Neuilly-sur-Marne, l’emblématique coach a fait ses adieux pour se consacrer à sa famille. Au cours de cette décennie, le Franco-Canadien aura signé des statistiques remarquables et aussi contribué à structurer un club aux moyens limités par rapport à ses concurrents.

Il fallait le voir défiler en catimini entre les équipes de Nantes et de Neuilly-sur-Marne qui lui faisaient une haie d’honneur, mercredi soir, après l’élimination des Bisons en quarts de finale de la D1 (0-3 dans la série). Pour un peu, Frank Spinozzi se serait presque excusé. « J’ai trouvé que c’était beaucoup d’honneur pour un seul homme. Il ne faut quand même pas oublier que les acteurs principaux, c’est les joueurs... »
Une déclaration dans le plus pur style Spinozzi : homme de l’ombre, le Canadien de 52 ans n’en a pas moins un fort caractère qui aura permis aux Bisons de se construire et de rivaliser avec des équipes mieux dotées qu’eux.
Après dix années sur le banc, le grand chauve aux lunettes noires laisse derrière lui des statistiques impressionnantes : un titre de champion de D1 (2011), une place de finaliste (2019) et 8 quarts de finale en 9 saisons. Le dernier en date se sera peut-être un peu moins bien déroulé qu’espéré, il n’empêche : « coach Spinozzi » laissera à Neuilly une trace sur la glace.
Le président du club Ibrahim Soubra et le reste du staff auraient bien aimé voir cette présence se prolonger, mais le grand Franco-Canadien était un peu « homesick ». « Je voulais revenir auprès des miens, près de Montréal, et en septembre, je vais avoir la joie d’être grand-père pour la première fois », expliquait celui qui va donc prochainement troquer des gaillards barbus d’1m 90 pour un nourrisson affamé.
« Ma plus grande fierté, c’est d’avoir pérennisé cette équipe-là en D1 (2e division française ndlr) avec le budget qu’on avait et d’avoir réussi année après année à être performants », répondait le bonhomme, laissant tout à coup de côté la cuirasse quand on lui demandait de piocher dans l’armoire à souvenirs. Et d’adresser « de chaleureux remerciements » à un entourage qui aura partagé avec lui ce souhait de s’inscrire dans le travail sur le long terme.

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Mais au fait, qu’est-ce qui amène un Canadien, fût-il natif de Bourgoin-Jallieu (avant qu’il ne s’établisse à Grandby, au Québec, à l’âge de 3 ans) à Neuilly-sur-Marne ? « Avec Frank, on s’est rencontré il y a 10 ans lors de notre trophée international Robin Levrey des moins de 15 ans. Il y accompagnait une équipe, se souvenait de son côté le président Ibrahim Soubra. Je ne le connaissais pas auparavant mais durant les 3 jours de compétition, nous avons discuté. Petit à petit, Frank a pris la mesure de ce club particulier qu’est le HCNM 93 : un club de hockey en banlieue parisienne, dans un environnement où ce sport est méconnu, une patinoire modeste et de grandes ambitions. »

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Pour celui qui avait jusqu’ici dirigé quatre équipes canadiennes en tant que head coach (au Québec, mais aussi dans le Saskatchewan), mais n’était pas encore connu en France, c’est l’occasion ou jamais de réaliser son souhait de « driver » aussi une équipe européenne. Et très vite, ce fonceur, qui « dit toujours ce qu’il pense » dixit Soubra, la saisira : en 2011, voici les Bisons champions de D1 et de retour en Ligue Magnus, tout juste un an après l’avoir quittée.
Mais au-delà de cette fulgurance, l’ère Spinozzi aura surtout été synonyme de régularité des performances et de stabilité. D’un certain style de jeu aussi, que ce dernier nous décrit de son accent chantant : « Un vieux proverbe nord-américain dit : si tu veux gagner un match, vas à l’attaque mais si tu veux gagner le championnat, privilégie la défense. Pour moi, le choix était vite fait... »
« Coach Spinozzi », qui n’exclut pas de réentraîner dans quelques années, veut donc désormais se consacrer à sa famille. On peut toutefois être sûr que, lorsqu’il repassera par la France, il en retrouvera toujours une deuxième sur les bords de la Marne.

Christophe Lehousse et Georges Makowski
Photos : ©Arnaud Masson
©Sylvain Hitau

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