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Seine Saint-Denis

Faites vos Jeux

Durables, dynamiques... les Jeux 2024, auxquels Paris et la Seine-Saint-Denis sont candidats, se veulent aussi démocratiques.
Aux côtés de la capitale, le Département lance ainsi une grande concertation.

Un projet de coulée verte entre le parc Georges-Valbon et le Stade de France ; un appel à lancer un grand concours olympique de start-up liées au sport, émanant d’un habitant de Pantin. C’est ce qu’on peut déjà découvrir en furetant un peu sur le site participatif concertation.paris2024.org lancé à l’occasion de la présentation du projet olympique le 17 février dernier.

Parce que les Jeux ne doivent pas s’imposer aux habitants mais au contraire les impliquer pleinement, le comité de candidature des Jeux olympiques et paralympiques a décidé d’associer la population au plus près de l’événement.

La Seine-Saint-Denis, qui hébergerait pas moins de six sites olympiques si Paris obtenait les Jeux, se joint à cette démarche novatrice.
Jusqu’au 30 septembre prochain, date de clôture des propositions, chacun est donc prié de faire ses Jeux, de rêver un peu et de proposer, beaucoup.

Voir la couleur des Jeux...

Anonymes et personnalités ont ainsi déjà commencé à s’exprimer pour donner des contours à leurs desseins. Ces Jeux, c’est d’abord une belle place faite au sport et aux équipements sportifs.
« J’aimerais tellement pouvoir aller au Stade de France en 2024 pour y suivre les épreuves d’athlétisme », s’enthousiasme Maëlle Hamon, 16 ans, inscrite depuis 4 ans au CA Montreuil93. Cette spécialiste du demi-fond, qui souhaiterait plus tard travailler dans les sciences du sport, considère que les Jeux ne serait-ce que du positif » pour le département.

Benoît Faillard, professeur d’EPS au collège Jean-Jaurès de Pantin, abonde dans le même sens. Cet enseignant dynamique, qui s’apprête à emmener cette année ses élèves dans un beau projet pédagogique à vélo entre Rocamadour et la dune du Pyla, croit à l’exemplarité du sport mais il voit une condition à respecter pour que ces Jeux soient un succès :
« Il faut que les habitants puissent voir la couleur de ces Jeux. J’espère donc que des places seront mises de côté pour les centres sociaux, les clubs et les maisons de quartier, de manière à ce que des jeunes de Seine-Saint-Denis puissent vraiment assister aux compétitions. »

Une chance pour les jeunes

Mais bien entendu, l’impact sur le département de la méga-manifestation ne serait pas que sportif.
« Du point de vue économique, l’organisation des Jeux serait un réel accélérateur, témoigne ainsi Francis Dubrac, entrepreneur dans le BTP basé à Saint-Denis.
L’arrivée du Grand Paris Express, la ligne Roissy – Charles-de-Gaulle express, la ligne n°11… tout cela permettrait un transfert de centralité vers la Seine-Saint-Denis. Cela constituerait une vraie chance, particulièrement pour les jeunes.
 » On pourrait aussi ajouter la construction du Village des médias à Dugny et du Village olympique et paralympique sur le site de Pleyel – l’Île-Saint-Denis qui seraient reconvertis après coup en logements dont une part de logements sociaux.
À l’image de Londres 2012, qui avait organisé des olympiades culturelles en amont des Jeux proprement dits, la culture pourrait aussi se nourrir de cet événement. C’est en tout cas l’avis de Mathieu Bauer, directeur du Nouveau Théâtre de Montreuil, qui se dit inspiré par les liens entre sport et théâtre : « J’ai eu la chance d’assister aux entraînements de l’équipe de France de rugby des moins de 20 ans à Marcoussis. Le travail au joug, la précision des passes... Tout est millimétré, à la façon d’un danseur ou d’un musicien. »

Un bénéfice pour la santé publique

Élargir un maximum l’impact de ces Jeux, c’est aussi le point de vue de Thierry Bouillet, oncologue à l’hôpital Avicenne de Bobigny. Pour ce créateur de l’association Cami, qui s’appuie sur le sport dans la lutte contre le cancer, la santé publique pourrait aussi retirer un bénéfice des Jeux. « Aujourd’hui, on observe une nette augmentation du nombre de cancers liés à la surcharge pondérale et au mode de nutrition. Or les JOP mettent en évidence des personnes qui font du sport, en tirent des bénéfices physiques et du plaisir. Cela a été prouvé : une jeune fille qui commence le sport entre 12 et 22 ans a 30% de chances supplémentaires d’éviter un cancer du sein à l’âge adulte ! », souligne le spécialiste.

Économie, culture, environnement, santé : dans tous ces domaines, les Jeux 2024 pourraient donc avoir de grandes répercussions en Seine-Saint-Denis. Mais sans doute y a-t-il autant de visions de l’événement qu’il y a d’habitants dans le département… Et vous, comment voyez-vous vos Jeux ?

3 questions à...

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Stéphane Troussel, président du Conseil départemental de la Seine-Saint-Denis
Le dossier de candidature à l’organisation des Jeux est déposé auprès du CIO. La Seine-Saint-Denis y tient une place de choix. Vous êtes confiant en vos chances ?
Oui j’y crois… Les Jeux olympiques et paralympiques sont une opportunité pour la Seine-Saint-Denis mais la Seine-Saint-Denis elle-même est une chance pour faire gagner la candidature de Paris.
Nous avons des atouts : la jeunesse du territoire, son dynamisme, la capacité d’accueillir des équipements, des sites préexistants, des sportifs de haut niveau et une population diverse et populaire. Tout cela sera décisif…

Certaines personnes s’inquiètent du coût de ces JOP et de leur impact écologique… Ont-ils vraiment tort ?
Ceux qui soutiennent cette candidature (sportifs, collectivités locales…) sont tous d’accord pour organiser des Jeux économiquement et écologiquement responsables. Nous n’avons aucune volonté de superflu ou de tape-à-l’oeil. Cette candidature doit être en accord avec nos messages : maîtrise de l’argent public et respect des enjeux environnementaux. Le coût est plus modeste que pour d’autres candidatures. La plupart des grandes infrastructures existent déjà, telles le Stade de France ou le Vélodrome. Je parle aussi des futures lignes de transports, comme le métro du Grand Paris Express, décidées bien avant la candidature. Faisons la démonstration, au lendemain de la COP21, qu’il est possible d’avoir des ambitions très fortes pour créer une nouvelle ville durable.

Une large concertation est lancée auprès des habitants. Quelle en est la finalité ?
Nous devons nous confronter à tous ces questionnements et apporter des réponses. Mais pas seulement. Avec Mathieu Hanotin, conseiller délégué au sport et à l’organisation des grands événements, nous avons la volonté que tout ne vienne pas d’en haut. Nous avons besoin que les habitants amènent leurs idées et disent comment ils voient 2024. Soyons capable de faire des Jeux made in Seine-Saint-Denis, des Jeux qui nous ressemblent, qui nous rassemblent avec des projets culturels, éducatifs ou sportifs ouverts sur le monde. Aux couleurs de l’olympisme bien sûr…
Propos recueillis par Sabine Cassou

Vous aussi, faites vos Jeux !

Lancé lors de la soirée de présentation de la candidature Paris 2024 le 17 février dernier, le site collaboratif concertation.paris2024.org attend vos propositions pour l’organisation de futurs Jeux à Paris et en Seine-Saint-Denis. Ouvert aux contributions de tous les citoyens, il est organisé en trois grandes thématiques : « sport et société », « développement économique et territorial » et « Jeux, fête et participation ». Le but du jeu : que les Français – et bien entendu les Séquano-dionysiens – s’approprient un maximum la manifestation. Soumises aux votes de la communauté des inscrits, les suggestions sont les bienvenues jusqu’au 30 septembre 2016. Le comité de candidature se penchera ensuite sur les 100 propositions ayant réuni le plus de suffrages pour les incorporer éventuellement au projet olympique.
Alors, piochez dans votre boîte à idées et rendez-vous sur concertation.paris2024.org !

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L’héritage des Jeux

S’ils sont organisés à Paris et en Seine-Saint-Denis, les Jeux olympiques et paralympiques dureront bien au-delà de 2024. Équipements sportifs, logements, transports bénéficieront à tous – et particulièrement aux jeunes – durant des décennies.

La Seine-Saint-Denis au cœur du projet olympique

Le Stade de France, un centre aquatique à Saint-Denis, un village olympique à Pleyel
– Bords de Seine, des pavillons sportifs au Bourget, un Centre des médias au Bourget, une piscine à Marville.. autant d’infrastructures prêtes, ou en cours de construction, pour accueillir les JO 2024.